Rechercher
Rechercher

Économie - Tunisie

Grandes manœuvres pour ramener les touristes français

Les grandes manœuvres diplomatiques ont commencé pour faire revenir en Tunisie les touristes français qui ont déserté lors de la révolution du jasmin leur destination de prédilection et qui, au grand dam des professionnels du secteur, tardent à en retrouver le chemin. Le chef de la diplomatie française Alain Juppé, en Tunisie la semaine dernière, a brandi la carte de la confiance et de « l’amitié » franco-tunisienne, balayant toute inquiétude face à l’arrivée au pouvoir des islamistes.
Le ministre du Tourisme tunisien Elyes Fakhfakh, qui vante une Tunisie « moderne et ouverte », est attendu en France les 8 et 9 février pour lancer « des messages qui rassurent », alors que les arrivées de touristes français ont baissé de près de 45 % en 2011. « Il y a d’énormes possibilités et il y a eu un tel gâchis », a assuré à l’AFP M. Fakhfakh. Hamadi Jebali, peu avant de devenir Premier ministre, avait déjà prêché la bonne parole devant les agents de voyages français réunis en congrès à Monastir début décembre. Et le président tunisien Moncef Marzouki vient de lancer un appel pressant dans un média français. « Je dis aux Français : venez, nous avons besoin de vous, je le dis en toute humilité, nous avons besoin de vous car ce secteur, central pour notre économie, est totalement à l’arrêt aujourd’hui », a dit M. Marzouki à Mediapart en guise de vœux pour 2012. Le tourisme en Tunisie, pourvoyeur de 20 % des devises et de 7 % du PIB, s’est écroulé avec le « printemps arabe », né dans ce pays il y a un an lorsque le président Ben Ali a été forcé de s’exiler le 14 janvier 2011, après 23 ans d’exercice autoritaire du pouvoir.
En temps normal, les Français représentent 40 % des touristes en Tunisie. Mais en 2011, la Tunisie a perdu au profit du Maroc son statut de première destination des Français. Aujourd’hui, « nous devons dire et répéter que les touristes français, qui avaient été près d’un million et demi à visiter ce pays en 2010, peuvent reprendre en toute tranquillité le chemin des médinas, des plages, des sites archéologiques puniques et romains, et des palmeraies », a martelé M. Juppé à Tunis. Cette opération de communication est jugée primordiale par le patron de l’association de tour-opérateurs français Ceto, René-Marc Chikli : « C’est le message qu’on attend impatiemment, la Tunisie n’a pas changé du point de vue du tourisme, revenez ! »
« Il faut une belle campagne publique pour redonner confiance au consommateur », renchérit Georges Vialard, directeur de la Production du voyagiste Fram. La Tunisie est capitale pour les voyagistes français, « aucune autre destination du bassin méditerranéen ne peut la remplacer en rapport qualité/prix », souligne-t-il.
Un avis partagé par Patrice Caradec, PDG de Transat France (Voyages Transat, Look Voyages, clubs Lookéa...). « La Tunisie est incomparable en termes de prix, d’amplitude de l’offre, du nombre d’aéroports de départ depuis la France et durée des vols. » Or pour l’instant, la reprise est plus que timide. « Nous sommes propriétaires d’un hôtel à Tozeur (Sud) où il n’y a personne », dit le responsable de Fram. Et le remplissage est « faible » dans les trois clubs du groupe à Monastir, Mahdia et Djerba. « Ce n’est pas l’encéphalogramme plat : il y a des inscriptions qui commencent pour l’été », dit M. Vialard. Pour autant, les professionnels doutent d’un redémarrage rapide. Patrice Caradec, dont le groupe a reculé de 50 % sur la Tunisie l’an passé, ne mise sur « un rattrapage qu’en 2013 ou 2014 ». « Il faut deux ou trois ans pour remonter la pente. Quand on a eu le virus H5N1, la destination Mexique a chuté de 40 % en 2009. Deux ans après, on avait récupéré à peu près 70 % de la perte, c’est tout », explique-t-il. Deux « Club Med » de Tunisie, à Nabeul et Djerba, resteront fermés cet été.

(Source : AFP)
Les grandes manœuvres diplomatiques ont commencé pour faire revenir en Tunisie les touristes français qui ont déserté lors de la révolution du jasmin leur destination de prédilection et qui, au grand dam des professionnels du secteur, tardent à en retrouver le chemin. Le chef de la diplomatie française Alain Juppé, en Tunisie la semaine dernière, a brandi la carte de la confiance et de « l’amitié » franco-tunisienne, balayant toute inquiétude face à l’arrivée au pouvoir des islamistes.Le ministre du Tourisme tunisien Elyes Fakhfakh, qui vante une Tunisie « moderne et ouverte », est attendu en France les 8 et 9 février pour lancer « des messages qui rassurent », alors que les arrivées de touristes français ont baissé de près de 45 % en 2011. « Il y a d’énormes possibilités et il y a eu un tel...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut