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À La Une - Tunisie

Les slogans antisémites sont "contraires à l'esprit de l'islam", dénonce Ennahda

Ghannouchi accuse un courant marginalisé de vouloir "brouiller l'image" du parti islamiste.

"Depuis des siècles les citoyens juifs ont vécu en paix dans leur pays la Tunisie", a rappelé Rached Ghannouchi, chef historique d'Ennahda. Fethi BELAID/

Le chef du parti islamiste Ennahda, vainqueur des élections du 23 octobre en Tunisie, a dénoncé des slogans antisémites entendus à l'arrivée en Tunisie du représentant du Hamas palestinien Ismaïl Haniyeh.

Dans un communiqué transmis mardi à l'AFP, "Ennahda dénonce les slogans contraires à l'esprit de l'islam et considère qu'ils ont été scandés par un courant marginalisé qui a voulu faire ombrage aux activités d'Ennahda et brouiller son image".
Le chef historique d'Ennahda, Rached  Ghannouchi a dénoncé également "les actions de quelques lobbys en Europe qui tentent de porter atteinte à l'image de la Tunisie et aux réalisations de sa révolution en recourant à l'islamophobie et aux pratiques antisémites", selon les termes du communiqué. "Depuis des siècles les citoyens juifs ont vécu en paix dans leur pays la Tunisie et ils jouissaient des pleins droits et devoirs comme leurs concitoyens tunisiens", a affirmé M. Ghannouchi dans le communiqué.


A l'arrivée de M. Haniyeh, jeudi dernier à Tunis, des personnes qui attendaient à l'extérieur de l'aéroport avaient crié : "Il faut tuer les Juifs, c'est notre devoir", au milieu de slogans pro-palestiniens et anti-israéliens. Environ 2.000 personnes, dont de nombreux sympathisants du parti islamiste Ennahda, s'étaient rassemblées pour accueillir le chef du Hamas, invité par les nouvelles autorités tunisiennes pour une visite de cinq jours.


Des représentants de la communauté juive de Tunisie avaient déclaré à l'AFP leur "refus d'être mêlés au conflit israélo-palestinien". "Il n'y a pas de sionistes en Tunisie et on ne veut pas être mêlés au problème du Proche-Orient, la Tunisie est notre pays", avait précisé Perez Trabelsi, un des représentants de la communauté juive, qui compte environ un millier de personnes (contre 100.000 au moment de l'indépendance en 1956). "Aucun Tunisien ne doit être insulté, et le gouvernement doit prendre des mesures pour que ce genre d'incident ne se reproduise pas", avait-il ajouté estimant que les gens proférant ces slogans "voulaient détruire la Tunisie".


"Certains membres de la communauté ont eu peur après cet incident, mais il faut faire la différence entre la situation au Proche-Orient et ici", avait estimé pour sa part le Grand rabbin de Tunis, Haïm Bittan ajoutant que "tous les invités de la Tunisie sont les bienvenus", à propos de la visite de M. Haniyeh.


Interrogé par l'AFP sur les slogans antisémites scandés à l'aéroport, M. Haniyeh avait déclaré : "Nous ne sommes pas contre les Juifs parce qu'ils sont juifs, notre problème est avec ceux qui occupent la terre de Palestine. Les Juifs sont partout dans le monde et Hamas ne les vise pas".

 

A Tunis, l'annonce, fin octobre, des résultats confirmant la victoire des islamistes dans les premières législatives après la chute de Ben Ali a fait l'effet d'un choc dans les milieux intellectuels et laïcs tunisiens. Face aux inquiétudes, le parti islamiste multiplie les prises de positions rassurantes et affirme prôner un islam modéré.

 

Bikini, alcool et système bancaire... dès les premiers jours au pouvoir, Ennahda avait donné le ton.  

Ainsi, Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda a indiqué, en octobre dernier, qu'Ennahda n'imposerait pas de restrictions vestimentaires aux touristes sur ses plages. "Le secteur du tourisme fait partie des réalisations auxquelles nous ne toucherons pas", avait déclaré M. Jebali. "Serait-il logique d'handicaper un secteur stratégique comme le tourisme en interdisant l'alcool ou le port de maillots de bain ? Il s'agit de libertés individuelles aussi bien pour les Tunisiens que pour les étrangers", avait-il ajouté. Il avait par ailleurs annoncé que sa formation n'imposerait pas de règles bancaires islamiques. "Nous ne rendrons pas les banques islamiques universelles. Nous n'allons pas abolir le système bancaire existant".

Le chef du parti islamiste Ennahda, vainqueur des élections du 23 octobre en Tunisie, a dénoncé des slogans antisémites entendus à l'arrivée en Tunisie du représentant du Hamas palestinien Ismaïl Haniyeh.
Dans un communiqué transmis mardi à l'AFP, "Ennahda dénonce les slogans contraires à l'esprit de l'islam et considère qu'ils ont été scandés par un courant marginalisé qui a voulu faire ombrage aux activités d'Ennahda et brouiller son image".Le chef historique d'Ennahda, Rached  Ghannouchi a dénoncé également "les actions de quelques lobbys en Europe qui tentent de porter atteinte à l'image de la Tunisie et aux réalisations de sa révolution en recourant à l'islamophobie et aux pratiques antisémites", selon les termes du communiqué. "Depuis des siècles les citoyens juifs ont vécu en paix dans leur pays la...
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