« De notre côté, il n’existe aucune condition préalable pour entamer les négociations avec le FMI », a ainsi déclaré le Premier ministre dans un entretien à l’agence de presse nationale, ajoutant que « toutes les questions que les parties estiment importantes pourront être mises à l’ordre du jour ».
Signalons que Viktor Orban est intervenu à l’issue d’une semaine au cours de laquelle la Hongrie a vu la pression des marchés financiers s’accroître sur fond de conflit avec l’Union européenne et le FMI. L’agence d’évaluation financière Fitch Ratings a placé le 6 janvier la dette souveraine du pays dans la catégorie spéculative et la devise locale le forint (HUF) a atteint son plus faible niveau historique par rapport à l’euro le 5 janvier à 323HUF/euro.
« Tamas Fellegi aura un mandat pour signer un accord qui permettra à la Hongrie d’exécuter un programme élaboré avec le FMI », a précisé Viktor Orban. M. Fellegi, le négociateur hongrois avec l’UE et le FMI, accompagné d’un vice-président de la Banque centrale hongroise, rencontrera la directrice générale du FMI Christine Lagarde mercredi à Washington.
M. Orban a en outre indiqué que la Hongrie maintiendra en 2013 son déficit public en-dessous des 3 % du produit intérieur brut (PIB). Il a également souligné que le Parlement n’adopterait pas de lois économiques pendant les négociations avec le FMI.
Mais les discussions avec le FMI et l’UE sur un éventuel crédit de 15 à 20 milliards d’euros sont dans l’impasse : la volonté de Viktor Orban de réformer la Banque centrale, dont le gouverneur, Andras Simor, lui déplaît notoirement, menace, selon le FMI, l’UE et la Banque centrale européenne (BCE), la sacro-sainte indépendance de cette institution. En signe de protestation, une première visite exploratoire d’une mission du FMI et de l’UE avait été interrompue à la mi-décembre et un nouveau contact, informel, n’est prévu que pour le 11 janvier et cela alors que « la question hongroise » sera examinée par les commissaires européens le même jour.
Rappelons qu’en 2008, la Hongrie n’avait été sauvée d’une banqueroute que grâce à un crédit de 20 milliards d’euros de l’UE, du FMI et de la Banque mondiale.
(Source : AFP)

