La recherche d’objets appartenant à des criminels se fait par catégorie sur supernaught.com, telle que cannibale ou Charles Manson. En outre, les tueurs sont classés par ordre alphabétique.
« Les articles relatifs à Manson sont toujours très demandés », affirme Eric Gein, propriétaire de serialkillersink.net. « C’est le grand méchant du XXe siècle. Tout collectionneur digne de ce nom possède au moins un objet de lui », indique le marchand qui vend également lettres ou photos signées du gourou. Le site d’enchères murderauction.com est lui aussi un condensé de l’histoire criminelle américaine, avec une lettre du mafieux Al Capone (mise à prix 8 000 dollars), des photos de bandits du Far West (10 dollars) ou des sachets de terre ayant enseveli des victimes. Le « marché est en pleine expansion », assure Eric Gein qui a vendu plus de 500 pièces en trois ans, grâce notamment à la publicité indirecte faite par la presse américaine évoquant ces sites. De plus, « tout le monde est un peu morbide. Depuis toujours, des gens ont voulu posséder des objets liés à des meurtres », ajoute-t-il, citant les soldats romains qui ont pris des fragments de la croix du Christ ou les collectionneurs d’insignes nazis. Le gouvernement américain lui-même, en 2011 et au profit des victimes, a vendu des objets personnels de Theodore Kaczynski dit « Unabomber », condamné à la perpétuité en 1998 pour avoir tué trois personnes et en avoir blessé 29 avec l’envoi de colis piégés, rappelle-t-il.
Pour collecter les pièces, M. Gein en est « arrivé à bien connaître la plupart des tueurs en série personnellement. La plupart de nos articles viennent des prisonniers eux-mêmes », dit-il, assurant que ces derniers ne sont pas rétribués. Les objets viennent des « boutiques ou des musées des prisons, des gardiens qui volent quelquefois les détenus, mais souvent des détenus eux-mêmes », renchérit William Harder, qui gère murderauction. Quant aux clients, « c’est tout le monde », précise-t-il, avocats, policiers, ouvriers, etc.
Pour les familles des victimes, ce commerce est nauséeux. « Quel est le malade qui veut gagner de l’argent en vendant les photos du cadavre de mon petit ? » s’est exclamée Pam Hobbs, récemment interrogée par la télévision WMC de Memphis, après la mise en vente des photos des corps de trois petits garçons de huit ans assassinés, dont son fils. Huit États, sur les 50 américains, interdisent ce type de vente. Des campagnes ont été lancées pour interdire ce « commerce abominable », selon le sénateur du Texas John Cornyn, auteur d’une proposition de loi l’an dernier. « Les États-Unis sont un pays de libre entreprise », s’insurge M. Harder. « Ceux qui s’indignent n’ont qu’à ne pas regarder le site », ajoute de son côté Eric Gein.
(Source : AFP)


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