Salamé fait le lien entre cette hypothèse et le dernier article publié en décembre par le New York Times sur la Banque
libano-canadienne et les soupçons de blanchiment d’argent qui pèsent sur certaines banques libanaises, par le biais de la vente et l’achat de voitures et qui profiterait essentiellement au Hezbollah. M. Salamé confirme l’existence d’une plainte aux États-Unis contre la Banque libano-canadienne. Mais après les contacts menés par le gouverneur de la Banque centrale libanaise et par l’Association des banques du Liban, il est apparu que ce n’est pas le Trésor américain qui a déposé cette plainte, mais bien le département de blanchiment d’argent, et il s’agit donc d’une plainte civile pour obtenir des indemnités, conformément à la loi américaine. C’est l’ambassadeur du Liban à Washington, Antoine Chédid, qui a fait les contacts en ce sens et qui a obtenu les détails de l’affaire. Cette plainte suit son cours normal, mais la crise de la Banque libano-canadienne est terminée, puisque la licence a été retirée du marché.
Devant ses visiteurs, M. Salamé est catégorique, il n’y a aucune campagne visant le secteur bancaire libanais et tout ce qui circule en ville n’est que des rumeurs sans fondements. D’ailleurs, les responsables du Trésor aux États-Unis ont, à maintes reprises, réitéré leur confiance dans la personne du gouverneur de la BDL et dans le montage financier qu’il applique pour mettre le Liban et son secteur bancaire à l’abri de la crise économique mondiale. Les responsables du Trésor américain ont aussi déclaré qu’ils coopèrent avec le gouverneur de la Banque centrale et avec les banques libanaises qui appliquent strictement les circulaires du gouverneur et les dispositions des conventions financières internationales. Selon les informations en provenance de Washington, le secrétaire d’État au Trésor est satisfait du contrôle exercé par la Banque centrale sur les banques de ce pays et il a affirmé qu’il n’y avait aucune sanction ni aucune mesure prise à l’encontre d’une banque libanaise. Les banques locales ne sont donc la cible d’aucune campagne. Et les rumeurs qui circulent à ce sujet sont politiques et visent en fait l’État libanais.
C’est donc dans ce cadre qu’il faut placer les articles parus dans la presse américaine sur les activités de certaines banques libanaises pour le compte du Hezbollah. Le facteur israélien n’est pas non plus à écarter et il pourrait bien être derrière les articles parus dans le but de déstabiliser le secteur bancaire libanais. Surtout que ce secteur est en train de se développer et semble épargné par la crise économique et financière internationale. C’est ce même secteur qui a souvent permis au Liban de se ressaisir et de surmonter les crises et sa dernière action du genre a sauvé le gouvernement de l’implosion avec le financement du TSL (32 millions de dollars).
Le secteur bancaire se porte donc bien, en grande partie grâce à la politique financière du gouverneur Riad Salamé. Mais cela ne signifie pas que les Libanais doivent continuer à se lancer des accusations politiques. Au contraire, ils doivent faire preuve d’un grand sens national et resserrer les rangs autour de leurs institutions publiques, en plaçant l’intérêt général avant les intérêts particuliers.


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Kamel, j'ai peur pour toi, mon ami. Tu es si obsedé par ces Bensaoud. Je crois que tu les vois et en rêve et à yeux ouverts, toujours devant toi et partout... Ne crois-tu pas que tu leur donnes plus d'importance, peut-être, qu'ils n'en ont ? Anastase Tsiris
10 h 00, le 04 janvier 2012