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À La Une - Liban

Tania Kassis à la cathédrale St-Michel de Tripoli

Tania Kassis lors de son concert.

Dans le dédale des souks du quartier de Zehrieh, un clocher atypique gainé de lumière bleutée emplit du carillon de ses cloches le ciel clair de Tripoli. La cour exiguë de la cathédrale St-Michel des maronites n’a plus vu depuis longtemps une activité aussi intense ; elle fourmille de personnes s’activant fébrilement pour préparer l’événement : la soprano Tania Kassis en concert célèbre l’année qui commence.
L’initiative est celle de Josiane Torbey. Depuis deux mois seulement, elle découvre la cathédrale oubliée : « Lorsque nos pas nous conduisent à un lieu, il est très difficile de prévoir à l’avance ce que cela changera dans le cours de notre vie. » Coup de foudre immédiat pour cette structure ancestrale, construite sur les restes d’une église croisée et incrustée tel un joyau dans le tissu urbain de la ville. L’intérieur de la cathédrale, ses détails architecturaux et décoratifs témoignent de l’importance extrême de ce lieu de vie... mais révolue. Plus attachants encore que ses vieilles pierres, une poignée de jeunes scouts au regard de braise essaient avec des moyens réduits de donner vie et âme à leur cathédrale.
« Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous », assure Jacques Prévert. Le rendez-vous est pris, scellé. Une crèche anime l’intérieur du chœur et le clocher se transforme sur une idée de Josiane exécutée par les scouts, et avec l’appui enthousiaste des prêtres de la cathédrale en une métaphore du projet : être le centre d’un rayonnement intense dans leur environnement pluriel. La soprano Tania Kassis, contactée par Josiane, s’enthousiasme pour le projet et accepte d’en être la marraine et l’âme pour un soir, sous le patronage de Mgr Georges Bou Jaoudé, archevêque de Tripoli, vendredi 30 décembre.  « Tripoli. Mère de tous les possibles. Ville de tous les contrastes. Extraordinaire plate-forme pour prouver à notre monde en ébullition que, comme le disait si bien Jean-Paul II, “le Liban est un message”. Message d’amour, de paix, d’humanité. Message d’intelligence, de prévoyance, de diversité. Message de vie. Message de continuité. Et qui pouvait-on choisir pour être le chantre de cette très précieuse mission, autre que notre talentueuse soprano nationale Tania Kassis, ambassadeur honoraire du contingent sud-coréen de la Finul, et portant très haut les couleurs de notre pays de par le monde », affirme Josiane Torbey dans son discours le soir du concert.
Les notes s’élèvent lentement sous la haute voûte. La cathédrale est comble, plus de 500 personnes ont répondu à l’invitation, rites et confessions confondus. Personnalités de la vie politique et religieuse ainsi qu’un large public de Tripoli et de Beyrouth se serre sur les bancs ou se tient debout à l’arrière. Tania Kassis, toute de blanc vêtue, est profondément inspirée par le lieu et le contexte. Elle, qui a à son actif quatre concerts en dix jours pour ces fêtes de fin d’année, est à son point d’orgue à Tripoli. Elle sait trouver les mots justes pour apprivoiser son public et l’amener dans une gradation étudiée à la lévitation finale. Les thèmes choisis sont ceux, universels, de paix, d’amour, de fraternité, de foi. Elle chante avec son âme et la voûte ancestrale de la cathédrale le lui rend superbement. Avec Dek Bwaboun, elle ajoute un couplet qu’elle dédie à la ville de Tripoli et à sa cathédrale. Kelna bil Hayy, composée pour elle par Michel Fadel, est la musique d’un feuilleton qui raconte l’histoire de six jeunes enfants qui vivent dans le même quartier et qui sont de confessions différentes. Let it be des Beatles soulève des vagues d’enthousiasme dans les rangs, et l’apothéose est encore et toujours son Ave Maria de Caccini... Le public, médusé, la suit, balbutie ses paroles lentement, puis la devance, porte ses paroles, l’assurant de son adhérence inconditionnée aux valeurs qu’elle prône. Encore une fois, le rendez-vous est là. Le regard de braise des scouts s’est multiplié à l’infini et la cathédrale n’est plus qu’un dedans cristallisé de l’humanité de l’homme.
«... Sans eux, St-Michel ne serait qu’une pauvre et vieille cathédrale de pierres... », termine Josiane Torbey, appuyée par Mgr Bou Jaoudé, qui assure qu’« une vie nouvelle vient d’être injectée à la cathédrale et très bientôt le presbytère va être remis en état de façon à pouvoir accueillir différentes activités sociales, culturelles et pastorales, pouvant rassembler non seulement les membres de la paroisse mais aussi tous ceux qui le voudraient », réaffirmant le rôle que jouera la cathédrale dans son environnement pluriel.

 

A.A.

Dans le dédale des souks du quartier de Zehrieh, un clocher atypique gainé de lumière bleutée emplit du carillon de ses cloches le ciel clair de Tripoli. La cour exiguë de la cathédrale St-Michel des maronites n’a plus vu depuis longtemps une activité aussi intense ; elle fourmille de personnes s’activant fébrilement pour préparer l’événement : la soprano Tania Kassis en concert célèbre l’année qui commence.L’initiative est celle de Josiane Torbey. Depuis deux mois seulement, elle découvre la cathédrale oubliée : « Lorsque nos pas nous conduisent à un lieu, il est très difficile de prévoir à l’avance ce que cela changera dans le cours de notre vie. » Coup de foudre immédiat pour cette structure ancestrale, construite sur les restes d’une église croisée et incrustée tel un joyau dans le tissu...
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