Rechercher
Rechercher

À La Une - Reportage

Les Afghanes montent sur le ring et visent les JO

Sous le régime des taliban, le sport était interdit pour les femmes.

Des boxeuses afghanes à l'entraînement, à Kaboul. Ahmad Masood/Reuters

Trois fois par semaine, Shabnam et Sadaf Rahimi, membres de la première équipe de boxe féminine d'Afghanistan, enfilent leurs gants et montent sur le ring dans un pays où l'accès des femmes à l'emploi et à l'éducation reste un combat de tous les jours.

 

"Je rêvais de devenir boxeuse. Au début mon père n'était pas d'accord. Pour lui, les filles ne devaient pas faire de boxe", raconte Sadaf, 18 ans, tout en tapant dans un sac. "Après ma première médaille, il a changé d'avis", ajoute-t-elle le souffle court. La boxe féminine, qui reste relativement peu connue et peu pratiquée dans de nombreux pays, revêt un caractère particulier en Afghanistan où, selon les militants des droits de l'homme, les violences conjugales et domestiques sont fréquentes et l'accès des femmes à l'éducation fragile.

 

C’est à Kaboul, au stade de Ghazi utilisé pendant les années 1990 par le régime taliban pour les exécutions capitales et autres châtiments, que les membres de l'équipe féminine de boxe s’entraînent. "Ma famille s'est enfuie en Iran pendant le régime des taliban (...) mais j'ai entendu dire que des femmes ont été tuées ici et parfois, lorsque je m'entraîne seule à l'intérieur du stade, je panique", confie Sadaf.

Sous le régime des taliban, entre 1996 et 2001, le sport était interdit pour les femmes. Dix ans après l'intervention américaine qui a mis fin au régime ultra-rigoriste, l'entraînement et l'accès au sport restent pour de nombreuses Afghanes un véritable parcours du combattant.

 

Préparation physique, avant l'entraînement. Ahmad Masood/Reuters

 

De nombreux Afghans continuent en effet de voir d'un mauvais oeil la pratique féminine de sports de combat et les menaces de mort ne sont pas rares. "Il y a deux ans, quelqu'un a appelé mon père et a menacé de nous enlever et de nous tuer s'il continuait de nous laisser nous entraîner", explique Shabnam, 19 ans. Refroidies par ces intimidations, les deux sœurs ont délaissé leurs gants de boxe pendant un mois jusqu'à ce que leur entraîneur organise un système de transport sécurisé jusqu'au stade.

 

L'équipe féminine de boxe a été créée en 2007 par le comité olympique afghan pour faire tomber les stéréotypes et encourager les adolescentes à se battre pour défendre leurs droits. "Nous voulons montrer au monde que les Afghanes peuvent être des leaders, qu'elles peuvent tout faire, même boxer", explique leur entraîneur Mohammad Saber Sharifi, ancien champion professionnel de boxe.

L'équipe a reçu un soutien financier du comité olympique afghan et d'une organisation non-gouvernementale, Coopération pour la Paix et l'Unité, mais espère bénéficier de nouveaux fonds pour étoffer l'équipement et participer à des rencontres internationales.

 

Pour les Afghanes, monter sur le ring est un défi, dans un

pays où l'accès des femmes à l'emploi et à l'éducation reste

un combat de tous les jours. Ahmad Masood/Reuters

 

A moins d'un an des Jeux Olympiques de Londres, où la boxe féminine sera présente pour la première fois, les boxeuses afghanes espèrent décrocher leur ticket pour la capitale britannique lors des épreuves de qualification prévues en Chine en mai. Shabnam et Sadaf ont déjà respectivement remporté l'or et l'argent lors d'une compétition internationale au Tadjikistan cette année.

"Je veux devenir une grande boxeuse pour apporter un peu de fierté à mon pays. Mon rêve est de brandir le drapeau afghan pour mon pays", avoue Shabnam.

 

Trois fois par semaine, Shabnam et Sadaf Rahimi, membres de la première équipe de boxe féminine d'Afghanistan, enfilent leurs gants et montent sur le ring dans un pays où l'accès des femmes à l'emploi et à l'éducation reste un combat de tous les jours.
 
"Je rêvais de devenir boxeuse. Au début mon père n'était pas d'accord. Pour lui, les filles ne devaient pas faire de boxe", raconte Sadaf, 18 ans, tout en tapant dans un sac. "Après ma première médaille, il a changé d'avis", ajoute-t-elle le souffle court. La boxe féminine, qui reste relativement peu connue et peu pratiquée dans de nombreux pays, revêt un caractère particulier en Afghanistan où, selon les militants des droits de l'homme, les violences conjugales et domestiques sont fréquentes et l'accès des femmes à l'éducation fragile.
 
C’est à Kaboul, au...
commentaires (3)

Des filles soumises aux filles casse gueule un bond géant pour rompre avec les taliban..... Mais il faudra tout suivre Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

08 h 54, le 02 janvier 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Des filles soumises aux filles casse gueule un bond géant pour rompre avec les taliban..... Mais il faudra tout suivre Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    08 h 54, le 02 janvier 2012

  • Bravo les filles...et si au passage vous pouviez casser la gueule à ceux qui prétendent vous dominer et vous enfermer,allez-y de bon coeur,on est tous avec vous!Bonne année....et encore bravo!

    GEDEON Christian

    06 h 37, le 02 janvier 2012

  • - - Elles se préparent pour les JO Islamiques !!!

    JABBOUR André

    04 h 02, le 02 janvier 2012

Retour en haut