Une banderole bien en évidence sur la devanture d’un restaurant, sur laquelle on peut lire : « Nous regrettons de ne pas servir de boissons alcoolisées. »
Le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel a répondu à une question sur le sujet lors d’une intervention à la radio. « Nous avons des informations, a-t-il dit. Nous espérons qu’elles nous permettront d’obtenir un résultat probant. Mais, jusque-là, il est impossible d’en dire plus. »
Le ministre a cependant estimé que « ce qui se passe au Liban au niveau sécuritaire n’est pas pire que ce qui se déroulait dans les périodes les plus calmes ». « Il est évident que nous avons mis au point des plans pour mettre un terme à ces incidents dans les régions », a-t-il ajouté.
Le restaurant visé à Tyr, rappelons-le, sert des boissons alcoolisées et avait fait une publicité pour son réveillon du Nouvel-An. Il s’agit de la troisième institution touristique à être visée par une explosion dans la ville de Tyr, après un restaurant, le Queen Elissa, et un débit de boissons. Aucun de ces trois mystères n’a été élucidé, mais des sources sécuritaires avaient assuré jeudi à l’agence al-Markazia reconnaître « des empreintes de fondamentalistes dans ces actes à répétition ».
D’autres sources avaient indiqué à la MTV que « les trois incidents sont liés ». Mais la psychose semble s’installer en ville : contrairement au propriétaire du Tyros lui-même, d’autres restaurateurs ont préféré annuler leur soirée du réveillon. Certains affichent même ne plus servir de boissons.
L’agression contre le Tyros a suscité une cascade de réactions et de condamnations. Une autre est venue s’ajouter à la liste hier. Le mufti de Tyr et Jabal Amel, cheikh Hassan Abdallah, a inspecté hier le lieu de l’explosion. Il a relié tous les incidents récents « à une volonté de déstabiliser la sécurité de la ville ». « Nous refusons d’accorder à ces agressions une couverture religieuse, a-t-il ajouté. Il est vrai que les boissons sont interdites par la charia islamique, mais la religion interdit de sacrifier des innocents et de plonger toute une région dans l’inquiétude et la peur. »
« Les agresseurs veulent imposer une nouvelle réalité à Tyr, et même dans tout le Sud du Litani, a-t-il ajouté. Et cette nouvelle réalité affecte la coexistence, la sécurité et la stabilité dans tout le Liban. » Il a dit craindre que cela ne serve « à protéger Israël et à affaiblir la résistance et l’armée ».


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Ce pays ne peut plus être ainsi, à la merci de fanatiques ténébreux, de n'importe quel côté. Aucun parti, aucune milice, aucun curé, aucun cheikh, aucun imam, aucun n'importe quoi, ne peut interdire l'alcool dans n'importe quel endroit public autorisé par l'Etat dans n'importe quel coin du Liban. Les religieux ont tout le droit de conseiller aux membres de leur communauté de ne pas en consommer. Rien, trois fois rien de plus. Les lois, c'est le Parlement qui les fait dans ce pays et personne n'a le droit d'y mettre le nez. Et si un établissement ne sert pas d'alcool, libre à n'importe quel citoyen de le boycotter. Dans cet esprit, je dénonce qu'un restaurant en plein "down town", donc au coeur du Beyrouth touristique, ne sert plus d'alcool depuis 3-4 mois. Un jour l'apprenant déjà à table, je n'ai pas hésité un instant à m'en retirer avec mes invités et ne plus y mettre les pieds. Evidemment ici je ne peux le nommer. Les lecteurs peuvent vérifier le fait d'eux-mêmes.
05 h 50, le 30 décembre 2011