Le chef du gouvernement a présidé hier une réunion de la commission ministérielle sur le pétrole
Y a-t-il des preuves sur des liens entre des personnes présentes au Liban et cette organisation? »
s’est-il interrogé devant les correspondants de presse accrédités au Sérail, avant d’insister sur le fait que « le mot el-Qaëda est devenu une terminologie générale qu’on lance à tort et à travers ». « Ce qui s’est passé, a expliqué M. Mikati, est que l’armée est entrée à Ersal à la suite d’informations sur la présence d’une personne dans le village, qui serait peut-être liée à une organisation terroriste internationale. » « Il n’y a pas de preuves de la présence d’el-Qaëda à Ersal et le fait de parler d’informations à ce sujet ne rend pas celles-ci réelles », a souligné le chef du gouvernement qui a mis en garde contre les discours qui peuvent causer du tort au Liban. « Les services de sécurité qui ont été chargés de l’enquête communiqueront la vérité aux Libanais », a-t-il promis.
Interrogé au sujet des opinions différentes à ce sujet et notamment entre les ministres de la Défense et de l’Intérieur, M. Mikati a répondu en indiquant que les divergences de vues au sein du gouvernement sont normales et rappelant que Marwan Charbel avait seulement dit qu’il ne détenait pas d’informations à ce sujet alors que Fayez Ghosn avait fait état d’informations « qu’il avait d’ailleurs communiquées à un groupe d’officiers à qui il a demandé que les mesures qui s’imposent soient prises pour éviter que le Liban ne devienne une base pour le lancement d’opérations terroristes ».
Il a ensuite rappelé qu’il avait reçu mardi une délégation de Ersal « dont les habitants sont conscients du fait que la situation est délicate et souhaitent que l’armée protège la frontière ». « À mon avis, l’armée accomplit son devoir complètement », a-t-il dit.
En réponse à une autre question, il a indiqué qu’une commission de liaison libano-syrienne suit la situation sur le terrain. « Si le besoin d’une coordination politique se fait sentir, nous l’établirons », a ajouté le chef du gouvernement.
Beyrouth sans armes, « une entente politique... »
Pour ce qui est de l’initiative des députés de la capitale qui plaident pour un Grand-Beyrouth dépourvu d’armes, le chef du gouvernement a affirmé que « pour qu’elle se concrétise, une entente politique et un mécanisme militaire sont indispensables ». « Le gouvernement ne peut pas l’appliquer seul. Depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui, les armes moyennes et lourdes sont aux mains de la population. Les retirer est une revendication légitime, mais cela nécessite une décision politique à travers le dialogue, en plus du mécanisme militaire », a ajouté M. Mikati.
Les salaires, « une décision en temps opportun »
Pour ce qui est de la majoration des salaires, il s’est dit en faveur de toute entente entre les travailleurs et le patronat, avant de faire valoir que le gouvernement attend aujourd’hui la décision du Conseil d’État qui doit se prononcer sur la majoration. « À la lumière de son avis, nous prendrons la décision qui conviendra le mieux à l’intérêt du Liban. Je ne serai sûrement pas la personne qui prendra le pays vers une place qu’il n’a jamais occupée », a observé M. Mikati. Sans vouloir dire s’il compte, ou pas, signer le décret de la majoration. « Est-ce que la décision qui avait déjà été rendue était dans l’intérêt supérieur du Liban ? Je ne le crois pas », a-t-il déploré.
Les rapports avec Berry
Interrogé ensuite au sujet de ses rapports avec le président de la Chambre, Nabih Berry, le Premier ministre a rejeté les rumeurs sur un froid dans ses relations avec le numéro 2 de l’État à cause du dossier du pétrole et lui a rendu un vibrant hommage : « Mes rapports avec lui sont excellents au double plan personnel et professionnel. Je n’oublierai jamais le rôle de démineur que le président de la Chambre joue en faveur du gouvernement. Il nous aide dans plusieurs de nos réalisations. » M. Mikati a ensuite indiqué que les décrets de pétrole ont été soumis à une commission présidentielle qu’il préside et « qui a déjà tenu plusieurs réunions ». « Nous sommes en train d’étudier une question spécifique avant d’inscrire ce dossier à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil des ministres », a-t-il souligné sans vouloir donner d’autres précisions.
Priorité à la stabilité
Pour ce qui est du programme de son équipe pour l’an prochain, M. Mikati a fait valoir que la priorité sera accordée à la stabilité « qui repose sur trois éléments : maintenir le calme au Liban-Sud, poursuivre l’action du Tribunal spécial pour le Liban et empêcher d’éventuelles répercussions de la situation en Syrie sur le Liban ». Il a ensuite mis l’accent sur le dossier des nominations administratives « qui n’est pas facile en raison des tiraillements en cours, en plus des dossiers socio-économiques et de développement ».
M. Mikati a annoncé dans ce contexte que la première réunion qu’il tiendra l’an prochain sera avec le président du Conseil de la Fonction publique « pour établir le plan complet des nominations afin de lancer ce dossier ». Prié de dire quelles sont les chances d’une entente avec le chef du CPL, le général Michel Aoun, à ce sujet, il a répondu : « Nous appliquerons le mécanisme prévu pour les nominations et nous présenterons des noms. Que le Conseil des ministres prenne la décision adéquate. » Et d’ajouter : « Il ne faut ignorer le point de vue de personne au Liban, mais il serait grave de tenir compte d’un seul point de vue. Nous devons les prendre tous en compte pour un meilleur choix. »
Pour ce qui est du dossier dit des faux témoins, M. Mikati a précisé qu’il ne s’était jamais opposé à son examen en Conseil des ministres. « Mais comme il s’agit d’une matière conflictuelle, il n’est pas nécessaire de l’ouvrir maintenant », a-t-il précisé, en exprimant l’espoir, en réponse à une question, que le renouvellement du mandat du TSL ne provoquera pas de conflit au Liban.


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Une telle affaire, si elle était vraie, aurait dû être débattue, en vase clos, sans cris et sans tapage, discrètement et secrètement. Chacun, dans ce gouvernement fantôche, contredit son homologue. Qui croire ? Certes, pas ceux qui répandent de telles rumeurs pour venir en aide à des voisins en détresse. Je me demande s'il y a un encore un gouvernement ! et lequel ? Anastase Tsiris
01 h 42, le 29 décembre 2011