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Culture - Exposition

Les nouvelles cimaises d’Art Factum se garnissent de cinq signatures internationales

Pour sa première exposition, c’est sur une variété de formes et de thèmes, allant des arts optiques à la photographie, que s’est porté le choix de Joy Mardini, directrice et propriétaire d’une nouvelle galerie, Art Factum*, secteur Quarantaine.

«Hippodrome» de Tanya Traboulsi.

La Quarantaine. Une zone industrielle dans la proche banlieue nord de Beyrouth qui acquiert de plus en plus des allures de Soho culturel et branché. Dernière-née au niveau des galeries qui s’y multiplient: la Art Factum, une ancienne usine de fer transformée en espace polyvalent à plusieurs niveaux, consacrée à accueillir et promouvoir l’art contemporain sous toutes ses déclinaisons.


Pour son show inaugural, la galerie, située au bout d’une impasse, a réuni – comme le titre «Gathered Beyond the Impasse» nous y invite – les œuvres de cinq artistes de différentes nationalités, donnant un avant-goût des mélanges et des perspectives à venir. On retrouve donc là des photographies de la Libano-Autrichienne Tanya Traboulsi; des aquarelles de la Pakistanaise Naiza Khan; des gravures sur bois imprimées sur papier de l’Allemande Christiane Baumgartner; des peintures de l’Iranien Reza Baharvand et des sculptures/peintures du Japonais Go Segawa.


Un mélange qui étonne ou détonne, peut-être, mais qui, semble-t-il, donne surtout le ton de Art Factum, se voulant une plateforme qui prend un peu à rebrousse-poil le panorama de la création émergente et de l’art contemporain. Le nom? «Il est dérivé d’artefact», précise la jeune consultante. Ce terme désigne de manière générale un objet fait de la main de l’homme.


Son maître-mot? La diversification, «mais en gardant une certaine cohérence» tout en œuvrant à «sortir du lot des galeries locales».
Mardini affirme qu’elle est «sur un créneau différent» de ces dernières. «Running Horse, de Léa Sédnaoui, est plus orientée vers les arts du Moyen-Orient. Sfeir Zemler, d’Andrée Sfeir, a un public de musée, si j’arrive un jour à avoir un public pareil, ce serait la consécration. Nayla Kettaneh est mon mentor, elle est aussi sur un créneau différent, et elle a un pied bien établi en Europe comme Andrée Sfeir.»


Pour son show inaugural, donc, Art Factum présente Go Segawa et sa série de petites sculptures, commencée en 1999, intitulée «Dessin/volume». Des créations éthérées qui semblent flotter dans les airs, mais qui sont en fait des objets tout à fait tangibles. Par une mise en œuvre de la géométrie dans l’espace, l’artiste japonais déplace le dessin vers la sculpture. Il trace au graphite ou à l’acrylique des lignes sur des feuilles de plexiglas, qu’il emboîte ensuite les unes dans les autres pour arriver à la forme/volume désirée. L’artiste explore ainsi les paradoxes de notre perception d’objets tridimensionnels, la frontière entre 2D (peinture) et 3D (sculpture), l’espace virtuel et l’espace réel, l’illusion et la matérialité...


L’étrange et fascinante œuvre de Christiane Baumgartner joue également sur le regard et ses illusions. L’artiste allemande creuse dans le bois les images d’une ligne télévisée qu’elle imprime ensuite sur un papier, fixant ainsi l’image suspendue dans le temps. Les sujets représentés sont souvent des infrastructures de transport (routes, tunnels, aéroports...). Une technique longue et minutieuse qui traduit le passage de la technologie au fait main, du mobile à l’immobile et du rapide au statique.


L’œuvre de Naiza Khan possède une portée historique, une réflexion sur la transformation et le flétrissement urbain, mais aussi sur les valeurs sociales, économiques et politiques changeantes, notamment de son environnement pakistanais.


Reza Baharvand cherche à «donner un certain sens à ses peintures, des murmures d’un passé lointain et des souvenirs équivoques de jours heureux et malheureux à la fois», précise la directrice des lieux. Les compositions de l’artiste iranien sont ainsi des émotions déversées sur la toile qui expriment «l’instant à travers lequel la vie porte une nouvelle couleur».


Last but not least, la Libano-Autrichienne Tanya Traboulsi présente des clichés de Beyrouth, en divers formats. Du polaroid intimiste aux vues panoramiques de 1 m x 1,50 m, ces photos semblent crier son amour pour cette ville et la nostalgie des paysages de son enfance.

Parallèlement à son travail de documentation de la scène musicale alternative libanaise dans le cadre de son projet en cours «Music is Life» (lancé en 2007) et dont certaines photos ont illustré l’ouvrage Untitled Tracks : on Alternative Music in Beirut de Ziad Nawfal, Amers Editions, 2010, Traboulsi immortalise sur papier des scènes urbaines esthétiquement parlantes.


Que ce soit en photographie, en peinture, en illustration, en vidéo, en design ou en installation, Joy Mardini reste à l’affût des artistes émergents, tant locaux qu’étrangers. Mais elle possède également dans son carnet des artistes bien confirmés. Le peintre espagnol Dario Basso tiendra un solo show en mai, elle prépare une exposition de grands designers en décembre 2012. Et elle prévoit également une publication bisannuelle contenant une analyse de marché et des nouvelles du secteur.

* La Quarantaine, près de Sleep Comfort, du lundi au vendredi, de 12h à 19h, samedi de 14h à 17h. Fermeture les 30, 31 puis les 1, 6, 7 et 8 janvier 2012. Tél. : 01/ 443263. E-mail : contact@artfactumgallery.com. Adresse Web : www.artfactumgallery.com

La Quarantaine. Une zone industrielle dans la proche banlieue nord de Beyrouth qui acquiert de plus en plus des allures de Soho culturel et branché. Dernière-née au niveau des galeries qui s’y multiplient: la Art Factum, une ancienne usine de fer transformée en espace polyvalent à plusieurs niveaux, consacrée à accueillir et promouvoir l’art contemporain sous toutes ses déclinaisons.
Pour son show inaugural, la galerie, située au bout d’une impasse, a réuni – comme le titre «Gathered Beyond the Impasse» nous y invite – les œuvres de cinq artistes de différentes nationalités, donnant un avant-goût des mélanges et des perspectives à venir. On retrouve donc là des photographies de la Libano-Autrichienne Tanya Traboulsi; des aquarelles de la Pakistanaise Naiza Khan; des gravures sur bois imprimées sur papier de...
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