Un peu plus d’une semaine après le départ des derniers soldats américains stationnés en Irak, le pays est plongé dans une crise politique aiguë entre chiites, majoritaires dans le pays, et sunnites, qui paralyse les institutions et menace le fragile équilibre entre les deux principales communautés du pays. Il y a une semaine, un mandat d’arrêt a été lancé contre le vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, accusé d’avoir soutenu et financé des actions terroristes menées par ses gardes du corps. Réfugié dans la région autonome du Kurdistan irakien, M. Hachémi a rejeté toutes ces accusations et s’est exprimé dans plusieurs médias ces derniers jours pour dénoncer le Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki. Il a cependant reconnu que certains de ses anciens gardes du corps avaient pu mener des attentats, mais fermement démenti y avoir été mêlé, tout en évoquant un éventuel exil si sa sécurité personnelle était menacée en Irak. La Turquie a déjà fait savoir qu’elle ne rejetterait pas une demande d’asile. L’envoyé spécial des Nations unies en Irak, Martin Kobler, a cependant indiqué qu’il ne s’attendait « pas à l’éclatement d’une guerre civile », malgré le « blocage politique » et les « importants problèmes de sécurité » du pays.
Parallèlement, le groupe d’insurgés chiites, Assaïb Ahl al-Haq (Ligue des vertueux), responsable de l’enlèvement en 2007 du Britannique Peter Moore et de la mort de plusieurs de ses gardes du corps, a déclaré hier que le départ de l’armée américaine du pays signifiait que la « résistance » n’avait plus de raison d’être, et qu’il souhaitait participer au processus politique du pays.
Par ailleurs, cinq personnes ont été tuées hier, et plus d’une trentaine blessées dans un attentat-suicide à la voiture piégée contre le ministère de l’Intérieur dans le centre de Bagdad, quatre jours après une série d’attentats meurtriers dans la capitale irakienne, et la mort dimanche de six membres des forces de sécurité dans des provinces sunnites.
(Source : AFP)

