Rechercher
Rechercher

À La Une - Afghanistan

Kaboul fixe ses conditions aux discussions avec les taliban

"L'expérience des dix dernières années montre qu'aucune issue militaire n'est possible".

Hamid Karzai. S. Sabawoon/Pool/

L'Afghanistan n'est pas hostile à la présence d'émissaires taliban au Qatar dans le cadre de négociations, mais n'autorise aucun Etat à s'ingérer dans ce processus sans son aval, fait savoir le Haut Conseil national pour la paix dans une note obtenue lundi par Reuters.

Le document, rédigé pour définir les règles à observer dans les discussions avec la milice islamiste, a été adressé aux chancelleries étrangères lorsque les autorités afghanes ont appris que les Etats-Unis et le Qatar, épaulés par l'Allemagne, s'étaient secrètement entendus sur l'ouverture d'une représentation talibane à Doha.

 

Ces négociations, soulignent-elles, ne pourront débuter que lorsque le mouvement fondamentaliste aura renoncé aux actes de guérilla qui visent la population civile, rompu avec el-Qaëda et accepté la Constitution, qui garantit notamment les droits des femmes.

Ces discussions devront en outre recevoir l'aval du Pakistan, où sont installés les dirigeants de la milice, ajoutent le Haut Conseil pour la paix dans sa note en 11 points.

 

"La République islamique d'Afghanistan est d'accord avec l'ouverture d'un bureau de l'opposition armée, mais seulement pour faire avancer le processus de paix et entamer des négociations", écrit-il, précisant que Kaboul aurait préféré l'Arabie saoudite ou la Turquie, mais n'est pas hostile au Qatar. "La seule condition, c'est qu'il s'agisse d'un Etat islamique", a déclaré un membre du gouvernement ayant requis l'anonymat.

 

Visiblement ulcérées de ne pas avoir été informées des tractations avec les taliban, les autorités afghanes ont rappelé la semaine dernière leur ambassadeur à Doha.

L'administration d'Hamid Karzaï est en outre préoccupée par les projets des Etats-Unis, qui envisagent le transfert dans une prison de Doha d'un petit nombre de taliban détenus à Guantanamo avant le début des discussions. "Nous sommes un pays souverain. Nous avons des lois. Comment pouvez-vous transférer nos prisonniers d'un pays à un autre ? Leur détention à Guantanamo est déjà contraire à la législation", a poursuivi le représentant du gouvernement, ajoutant toutefois que Kaboul n'y était pas opposé. "En fait, nous le demandions depuis un moment. Ce sont des prisonniers afghans", a-t-il ajouté.

 

Les négociations entamées en vue d'un règlement négocié au conflit vieux de plus dix ans ont subi plusieurs revers, dont le plus retentissant a été l'assassinat en septembre de l'ancien chef de l'Etat Burhanuddin Rabbani, président du Haut Conseil pour la paix. Sa mort a entraîné un net durcissement des autorités à l'égard des taliban.

"Nous sommes déterminés à poursuivre le processus de réconciliation. L'expérience des dix dernières années montre qu'aucune issue militaire n'est possible. Négocier avec l'opposition armée est essentiel", a toutefois rappelé un porte-parole du président.

 

L'Afghanistan n'est pas hostile à la présence d'émissaires taliban au Qatar dans le cadre de négociations, mais n'autorise aucun Etat à s'ingérer dans ce processus sans son aval, fait savoir le Haut Conseil national pour la paix dans une note obtenue lundi par Reuters.
Le document, rédigé pour définir les règles à observer dans les discussions avec la milice islamiste, a été adressé aux chancelleries étrangères lorsque les autorités afghanes ont appris que les Etats-Unis et le Qatar, épaulés par l'Allemagne, s'étaient secrètement entendus sur l'ouverture d'une représentation talibane à Doha.
 
Ces négociations, soulignent-elles, ne pourront débuter que lorsque le mouvement fondamentaliste aura renoncé aux actes de guérilla qui visent la population civile, rompu avec el-Qaëda et accepté la Constitution, qui...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut