Plutôt que d’envisager des alternatives complexes et difficilement réalisables telles que le fédéralisme, l’abolition du confessionnalisme politique, la décentralisation, une nouvelle loi électorale, s’accrocher aux basques des États-Unis, de l’Iran ou des pays pétroliers, mettre tous les voleurs en prison, déclarer la guerre à Israël, ou libérer la Palestine, et j’en passe, nos édiles devraient réaliser que la seule vraie solution pour le Liban serait d’apprendre à vivre ensemble, décemment, avec intelligence, ordre et méthode, et en participation. C’est à dire que l’État et les citoyens devraient travailler de pair pour construire un nouveau Liban.
Les révolutions du printemps arabe ont démontré qu’il n’est plus permis à un individu, un gouvernement, un parti politique ou même une alliance de partis politiques de s’arroger le droit de décider de l’avenir de la nation. Cette décision doit être prise en commun avec le peuple, lequel devrait avoir le dernier mot en la matière.
Pour illustrer le besoin d’une gouvernance participative telle qu’elle devrait être pratiquée chez nous, prenons le cas de l’ajustement des salaires qui a récemment fait couler tant d’encre. Pourquoi en sommes-nous là ? Simplement parce que la solution du problème ne se résume pas à trouver un pourcentage d’augmentation à accorder aux salariés. Le problème est bien plus complexe. En effet, ces augmentations coûtent de l’argent qui doit en définitive sortir de la poche du contribuable, ce qui nous ramènerait à la case départ. La seule autre alternative serait donc de créer de nouvelles ressources nationales et de revigorer notre économie, ce qui nous permettrait de rémunérer adéquatement les travailleurs sans que l’État s’endette et sans que les prix grimpent.
Pour cela, il faudrait commencer par mettre au point un plan de travail pour toute la nation qui engloberait tous les secteurs productifs (agriculture, industrie, commerce, services, tourisme, etc.). Ce plan devrait aussi prendre en considération le coût estimé de la remise en état de notre infrastructure ainsi que les besoins sociaux de la population (éducation, santé, transports, assurance-vieillesse, etc.). Ayant ainsi déterminé avec précision les montants requis pour exécuter un tel programme, il incomberait de se mettre à la recherche de sources de financement.
Outre l’élaboration d’une politique fiscale appropriée, il faudrait que notre politique étrangère soit bâtie en fonction de l’aide extérieure dont nous aurions forcément besoin pour réaliser ce programme ambitieux. L’idéal, certainement, serait d’être en bons termes avec tout le monde, de sorte que nous puissions faire appel à tous ceux qui seraient disposés à nous aider : les Iraniens comme les Américains, l’Union européenne comme la Chine, la Russie ou les autres membres du BRIC. Mais il ne faudrait surtout pas oublier les huit millions de Libanais de la diaspora qui nous aideraient volontiers à condition de leur prouver que nous avons un plan crédible et que nous sommes décidés à l’exécuter.
La solution ne pourrait parvenir qu’au bout de six longs mois d’études et de recherches qui permettraient à l’État et au peuple d’élaborer conjointement un plan national ayant pour but d’assurer la justice sociale pour tous les citoyens, les employeurs ainsi que les employés, favoriser la croissance économique du pays, assurer le financement de tous les projets de développement et maintenir au beau fixe nos relations extérieures. Espérons ainsi qu’au bout de ce long parcours, nous parviendrons à nous entendre sur le Liban que nous voulons tous. N’est-ce pas là le véritable dialogue national ?
Entre-temps, que devrions-nous faire au sujet des augmentations salariales ? Je suggérerais une solution médiane et temporaire qui pourrait être revue et corrigée dans six mois, une fois l’étude du plan achevée. Je suis sûr qu’à condition qu’ils soient convaincus de la sincérité du gouvernement, les organisations patronales et salariales seraient d’accord pour lui accorder un tel moratoire.
George SABAT


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve