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À La Une - Syrie

Plus de 4 500 réfugiés syriens au Liban

Des centaines de milliers d’opposants manifestent contre l’inaction de la Ligue arabe ; treize civils tués; Le CNS se réunit à Tunis pour accélérer la chute d’Assad.

Une photo, diffusée par des opposants sur Facebook, montrant des manifestants à Idleb.

Plus de 4.500 Syriens ont fui la répression sanglante de la contestation dans leur pays pour se réfugier au Liban, dont plusieurs centaines lors des deux dernières semaines, a indiqué l'ONU vendredi.

Selon un rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 4.510 Syriens sont désormais enregistrés dans le nord du Liban, alors qu'ils étaient 3.798 au début décembre. La majorité des Syriens qui ont fui ces deux dernières semaines viennent de Homs (centre) et Tall Kalakh (ouest), deux régions proches de la frontière entre Liban et Syrie, où les forces du régime tentent d'étouffer depuis neuf mois la contestation populaire appelant au départ du président Bachar al-Assad.

Une grande partie des réfugiés se sont installés chez des "familles d'accueil" dans des villages frontaliers ou dans le district du Akkar, situé entre la frontière et la grande ville de Tripoli, selon le HCR.

 

Des enfants syriens réfugiés au Liban.

Jamal Saidi/Reuters

 

Dix-neuf Syriens blessés, dont une fillette de 11 ans, ont été hospitalisés dans le nord du Liban durant la semaine écoulée, a ajouté la même source. "Plusieurs étaient dans le coma à leur arrivée dans les hôpitaux et une personne a succombé".

 

Les troupes syriennes ont miné la frontière avec le Liban pour empêcher la contrebande d'armes et le passage de dissidents fuyant la répression, qui a fait plus de 5.000 morts depuis la mi-mars selon une estimation de l'ONU.

Le Liban et la Syrie partagent une frontière de 330 km sans démarcation officielle.

 

Ces dernières semaines, les troupes syriennes ont en outre mené plusieurs incursions en territoire libanais, tuant au moins trois personnes dans des villages frontaliers selon des responsables libanais.

L'opposition libanaise, Washington et les Nations unies ont dénoncé ces incursions. Mais le gouvernement libanais, largement dominé par le Hezbollah, un allié du régime Assad, ne s'est pas prononcé sur la question.

 

Parallèlement, sur le terrain, de nouvelles manifestations de militants pro-démocratie avaient lieu à travers la Syrie sous le slogan "la Ligue arabe nous tue". Les opposants ont défilé en grand nombre près de Damas, à Idleb (nord-ouest), à Homs et à Deir Ezzor (est). Ils estiment que les délais arabes accordés, avant de prendre des mesures contre la répression, "donnent le temps au régime pour tuer davantage de Syriens".

 

Manifestation à Binnich, dans la région d'Idleb.

(Source : YouTube)

 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 200.000 personnes manifestaient notamment à Homs, dans le centre du pays.

L'OSDH a précisé que les manifestants étaient sortis dans une dizaine de quartiers "opposés au régime", comme Baba Amro encerclé par un grand nombre de "chabbiha", les milices loyales au pouvoir, al-Khalidya, Deir Balaa, Jourat al-Chiyah, où 10.000 personnes ont défilé, ainsi que al-Inchaat...

Deux chars sont par ailleurs entrés dans le quartier al-Ghouta pour disperser la manifestation et plusieurs personnes ont été blessées par les forces de sécurité et des tireurs embusqués dans les quartiers de Bab Sebaa al-Qousour, toujours selon l'OSDH.

Dans le quartier Hamra, plusieurs arrestations avaient eu lieu avant la prière.

La ville de Homs, encerclée par l'armée depuis plusieurs semaines, est surnommée "capitale de la Révolution".

"Des manifestations massives ont eu lieu également dans la province de Homs à Talbissé, Tal Kalakh, Houla" notamment, d'après l'OSDH.

 

Pour tenter d'empêcher les manifestations, les forces du régime étaient "déployées massivement près des mosquées" à Douma et Kafar Batna près de Damas, Homs, Hama (nord), Deir Ezzor, Banias et Lattaquié (nord-ouest), ont indiqué l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestations sur le terrain.

La région d'al-Loujat à Deraa (sud) est "pilonnée aux mitrailleuses lourdes et canons de chars depuis ce matin", selon les mêmes sources.

Un civil a été tué par les forces de sécurité dans le quartier de Deir Balaa, à Homs.Un autre civil, blessé à l'aube par les forces armées, est mort dans la ville de Hirak à Deraa.

En tout, les forces syriennes ont tué 13 personnes vendredi. La majeure partie des victimes sont tombées à Homs.

 

La réunion de la délégation arabe en charge du dossier syrien initialement prévue samedi au Caire aura lieu de son côté à Doha, tandis qu'une réunion de l'ensemble des ministres arabes prévue le même jour est reportée sine die, a annoncé jeudi le N.2 de la Ligue arabe Ahmed Ben Helli.

M. Ben Helli a assuré que parallèlement les négociations se poursuivaient afin d'amener Damas à signer le plan arabe de protection des civils qui prévoit notamment l'envoi d'observateurs en Syrie pour juger de la situation sur le terrain et tenter de mettre fin à la répression.

 

"La Ligue arabe nous tue"...

 

Par ailleurs, la Russie, qui refusait jusqu'à présent toute sanction contre Damas, a présenté jeudi un projet de résolution au Conseil de sécurité.

Le projet russe insiste toujours sur les mêmes points qu'Européens et Américains rejettent, car il continue de faire référence à la violence perpétrée "par toutes les parties, y compris l'usage disproportionné de la force par les autorités syriennes", selon les analystes.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a d'ailleurs indiqué que si Washington était prêt à travailler sur la base de la proposition russe, cette dernière contient "des éléments que nous ne pourrions pas soutenir", comme "l'apparente parité" entre les forces de l'ordre et l'opposition.

"Moscou ne pourra pas être confronté à l'Occident longtemps. Par son soutien au régime syrien, la Russie apparaît comme si elle défend l'assassin", a affirmé l'opposant syrien Bassam Jéara, basé à Londres.

 

Moscou a également invité le vice-président syrien, Farouk al-Chareh pour un "entretien sérieux" avec des responsables russes, a indiqué une source au Kremlin citée par l'agence officielle Itar-Tass. La source n’a cependant pas précisé la date de la visite du responsable syrien.

 

Parallèlement, le Conseil national syrien (CNS), qui représente la majorité des courants d'opposition, se réunit pendant trois jours à Tunis pour accélérer la chute du régime, jugée inévitable.

"Assad est fini, la Syrie deviendra démocratique et le peuple sera libre quel qu'en soit le prix", a déclaré à l'AFP le dirigeant du CNS Burhan Ghalioun à la veille de l'ouverture du congrès, qui commence vendredi soir. "Il faut unifier l'opposition pour lui donner plus de forces. Nous devons achever ce congrès avec plus d'organisation, plus d'orientations claires, plus d'énergie", a-t-il poursuivi, alors que quelque 200 membres du CNS sont attendus dans la capitale tunisienne.

 

Plus de 4.500 Syriens ont fui la répression sanglante de la contestation dans leur pays pour se réfugier au Liban, dont plusieurs centaines lors des deux dernières semaines, a indiqué l'ONU vendredi.
Selon un rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 4.510 Syriens sont désormais enregistrés dans le nord du Liban, alors qu'ils étaient 3.798 au début décembre. La majorité des Syriens qui ont fui ces deux dernières semaines viennent de Homs (centre) et Tall Kalakh (ouest), deux régions proches de la frontière entre Liban et Syrie, où les forces du régime tentent d'étouffer depuis neuf mois la contestation populaire appelant au départ du président Bachar al-Assad.
Une grande partie des réfugiés se sont installés chez des "familles d'accueil" dans des villages frontaliers ou dans le...
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