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Nos lecteurs ont la parole

Bémols au Grand Sérail

Par Bélinda IBRAHIM
« Émotions d’opéra », quelles belles promesses contenues en deux mots. Surtout à l’approche des fêtes, en plein mois de décembre, dans un pays où les secousses sécuritaires des voies divines sont plus courantes que les douces ivresses des voix célestes. Cette louable initiative est celle de l’association Liban-Suisse, soucieuse d’enchanter les (rares) Libanais mélomanes grâce à la magnifique double prestation de la soprano Véronique Mercier et du ténor Gian Luca Pasolini venus tout droit de leur Italie natale pour caresser l’ouïe de certains privilégiés du pays du Cèdre conviés vendredi dernier au Grand Sérail pour un concert lyrique de très grande qualité. Seulement, c’était compter sans le manque de tact de bon nombre de nos compatriotes qui, par l’insolence de leur comportement, ont jeté un (énorme) froid sur une ambiance quasi enchanteresse. Il faut dire que beaucoup d’entre eux étaient venus pour y être vus et n’avaient presque aucune culture musicale digne de ce nom. Que l’audience ait souvent applaudi avant la fin d’un morceau reste un moindre mal devenu coutumier chez nous. Ce qui s’est produit est encore plus énorme : le public a déserté la salle vers le buffet/cocktail alors que le duo acclamé par une « standing ovation » jouait généreusement les prolongations. La grande salle s’est vidée à coups de brouhahas qui l’emportaient sur les voix – sans support acoustique – qui offraient leur plus beau timbre. Tout ce (joli ?) monde s’est précipité vers le hall de réception pour le « cocktail » (sans alcool) offert pour l’occasion alors que les deux chanteurs se produisaient pour moins d’un tiers de la salle.
S’il fallait résumer cette soirée en quelques mots, ce serait « étalage d’egos démesurés » puisque les invités sont essentiellement venus jeter un regard à la ronde, se faire voir au Grand Sérail et surtout passer à côté d’un grand moment comme seuls les Libanais ont l’art de le faire. Et lorsqu’on a tenté d’excuser nos compatriotes auprès de la douce soprano italienne, elle a eu l’élégance de répondre : « Mais ne vous en faites pas, en Italie c’est pareil... » Devant l’exquise politesse de la jeune femme, la grossièreté des Libanais a enflé comme un gros ballon prêt à éclater. Imploser aurait été, certes, beaucoup plus feutré. Mais nous sommes les rois du tapage.
Ce soir-là, « l’enlèvement au Sérail » de tous les rabat-joie aurait été le bienvenu pour sauver notre honneur. Mais nous étions (malheureusement) dans la Suisse du Moyen-Orient...
« Émotions d’opéra », quelles belles promesses contenues en deux mots. Surtout à l’approche des fêtes, en plein mois de décembre, dans un pays où les secousses sécuritaires des voies divines sont plus courantes que les douces ivresses des voix célestes. Cette louable initiative est celle de l’association Liban-Suisse, soucieuse d’enchanter les (rares) Libanais mélomanes grâce à la magnifique double prestation de la soprano Véronique Mercier et du ténor Gian Luca Pasolini venus tout droit de leur Italie natale pour caresser l’ouïe de certains privilégiés du pays du Cèdre conviés vendredi dernier au Grand Sérail pour un concert lyrique de très grande qualité. Seulement, c’était compter sans le manque de tact de bon nombre de nos compatriotes qui, par l’insolence de leur comportement, ont jeté un...
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