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À La Une - L'homme De La Semaine

"Capitaine Nader", du stade de foot au terrain politique

Pour l'ancien gardien de but égyptien, "il est temps de nettoyer le milieu du football... et le pays".

Nader el-Sayed, ne s'était jamais intéressé à la politique. Mais après avoir rejoint en janvier la place Tahrir pour réclamer la chute du régime, il s'est mis à envisager une nouvelle carrière dans la politique.


A 38 ans, celui qui a été élu deux fois meilleur gardien de but de la Coupe d'Afrique des Nations et sélectionné plus de 100 fois en équipe nationale, se lance dans une nouvelle compétition: il est candidat aux premières législatives organisées depuis la chute en février du président Hosni Moubarak.


"On a fait une révolution populaire, maintenant il faut une révolution politique", déclare Nader el-Sayed à l'AFP, dans le bureau de son parti à Guizeh, dans l'ouest du Caire.

 

"Capitaine Nader", comme l'appellent ses fans, a rejoint il y a trois mois le Wassat, une formation islamiste modérée, parce qu'il voulait un parti avec "l'esprit de la révolution". Son fondateur, Abou el-Ela Madi, est un ancien membre des Frères musulmans. Depuis 15 ans, il dénonce régulièrement l'influent mouvement, qu'il accuse d'être rigide et de trop centraliser ses décisions. M. Madi est également l'un des membres fondateurs de Kefaya (Assez!), un mouvement de contestation qui avait provoqué un électrochoc dans la société égyptienne en menant des campagnes anti-Moubarak dès 2004.


La "révolution" du début de l'année "était quelque chose que j'attendais depuis très longtemps", dit le joueur aujourd'hui à la retraite, tout en confiant qu'il n'envisageait pas de faire de la politique avant le soulèvement.


Déjà connu pour ses exploits sportifs, Nader el-Sayed a vu une autre image de lui faire le tour du pays: il est sur la place Tahrir, lieu de rendez-vous des protestataires dans le centre du Caire, un drapeau égyptien sur les épaules, le poing levé et il hurle "Le peuple veut la chute du régime". Dix mois plus tard, il pose sur ses affiches électorales comme sur une photo d'équipe de foot, bras croisés, sourire franc et t-shirt blanc.


"Je voulais adhérer à un parti politique, pas à un mouvement religieux", insiste Nader el-Sayed, reprochant aux Frères musulmans comme aux fondamentalistes salafistes de mélanger les genres. "Nous devons participer au jeu démocratique sans recourir au terrorisme intellectuel, religieux ou économique", estime le footballeur, qui se présente dans la circonscription de Guizeh, où se mêlent bidonvilles et zones résidentielles chic.
"Je veux un Etat civil, avec des droits, l'égalité et la citoyenneté", explique-t-il, affirmant que le Wassat, qui signifie "centre" en arabe, ne fait qu'une simple référence à l'islam.


Pour sa carrière en politique, l'ancien gardien de but du célèbre club Zamalek du Caire compte bien s'inspirer de ce qu'il a appris sur les terrains de football. "Le football est une école de la loyauté, du travail en équipe. C'est une métaphore de la vie", selon ce père de quatre enfants, à la tête d'une école de foot pour enfants dans le quartier où il est candidat.
Ce sport l'a poussé à quitter Mansoura, sa ville dans le Delta du Nil, et l'a propulsé jusqu'en Europe, dans les championnats belge et grec. Mais il a aussi longtemps permis de distraire les Egyptiens des problèmes politiques et économiques de leur pays, selon lui.


"L'ancien régime s'est longtemps servi du football. Mais le sport doit rester loin de la politique et de la religion", ajoute-t-il, dans un pays où le ballon rond est une véritable religion. Côtoyer les joueurs, se montrer aux matches: M. Moubarak et ses deux fils ont longtemps misé sur le foot pour redorer leur image. Et leur parti payait à prix d'or les supporteurs pour arborer son logo, se souvient M. Sayed. "Il est temps de nettoyer le milieu du football, et le pays", estime-t-il.

 

Les Egyptiens ont commencé à voter mercredi matin pour le second tour des élections législatives dans un tiers des provinces du pays qui comprend notamment Guizeh (qui englobe une grande partie de l'ouest du Caire), Suez (nord-est) et Assouan (sud), pour le tiers des sièges qui doivent être attribués au scrutin uninominal, ainsi que pour le scrutin proportionnel, qui avait été reporté dans trois provinces sur décision de justice.

 

La plupart des sièges en jeu au scrutin uninominal vont se jouer dans un duel entre Frères musulmans et salafistes. Le vote doit durer deux jours.

 

Il s'agit de la deuxième phase de l'élection de l'Assemblée du peuple (Chambre des députés), qui doit s'achever en janvier par le dernier tiers du pays. La procédure se répètera ensuite pour l'élection de la Choura (chambre haute consultative), qui doit s'achever en mars. Une présidentielle est prévue avant fin juin.


Nader el-Sayed, ne s'était jamais intéressé à la politique. Mais après avoir rejoint en janvier la place Tahrir pour réclamer la chute du régime, il s'est mis à envisager une nouvelle carrière dans la politique.
A 38 ans, celui qui a été élu deux fois meilleur gardien de but de la Coupe d'Afrique des Nations et sélectionné plus de 100 fois en équipe nationale, se lance dans une nouvelle compétition: il est candidat aux premières législatives organisées depuis la chute en février du président Hosni Moubarak.
"On a fait une révolution populaire, maintenant il faut une révolution politique", déclare Nader el-Sayed à l'AFP, dans le bureau de son parti à Guizeh, dans l'ouest du Caire.
 
"Capitaine Nader", comme l'appellent ses fans, a rejoint il y a trois mois le Wassat, une formation islamiste modérée, parce...
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