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À La Une - La Femme De La Semaine

Susan Youssef, réalisatrice libanaise, primée à Dubaï

Son film, "Habibi", raconte la difficile histoire d'amour de deux étudiants à Gaza.

Très émue, Susan Youssef reçoit son trophée des mains de cheikh Mansour, fils de l'émir de Dubaï. Karim SAHIB/

Susan Youssef n'a pu retenir ses larmes. C'est une jeune femme totalement submergée par l'émotion qui est montée sur scène mercredi, pour recevoir le prix du Dubaï International Film Festival attribué à son film "Habibi" (Mon amour).

Le film de cette réalisatrice libanaise raconte l'histoire de deux étudiants palestiniens forcés, en raison des restrictions israéliennes, de quitter leur université en Cisjordanie pour rentrer à Gaza, milieu extrêmement conservateur où ils ne peuvent plus se voir. Fou d'amour, Qaïs recouvre les murs de la ville de poèmes clamant sa flamme pour sa dulcinée. Après avoir échoué à fuir Gaza, les Israéliens ayant découvert que les visas occidentaux sur les passeports du couple étaient faux, Leïla se résigne à épouser le prétendant choisi par ses parents.

 

Le film montre l'islamisation croissante de la société à Gaza, où les amoureux sont arrêtés sur une plage publique parce qu'ils contreviennent à la charia (loi islamique) alors que le frère de Leïla est enrôlé par le Hamas.

"J'espère que nous pourrons projeter le film à Gaza. Nous avons tenté de le tourner à Gaza mais c'était impossible", a déclaré en pleurant d'émotion Susan Youssef, en recevant le trophée. La jeune femme, qui a grandi aux Etats-Unis, a expliqué à l'AFP qu'elle avait commencé à tourner le film en 2005 à Gaza mais n'a plus eu d'autorisation de la part d'Israël pour revenir dans ce territoire. Elle a à nouveau tourné en Cisjordanie ce film indépendant à petit budget, qui a coûté "moins qu'une voiture de luxe à Dubaï", selon elle.

 

Outre le Muhr (étalon) du meilleur long métrage arabe, le film a reçu le prix de la meilleure interprétation féminine (Mayssa Abdel Hadi) et du meilleur montage.


Un film jordanien, "le dernier vendredi", de Yahya al-Abdallah, a reçu le prix spécial du jury ainsi que le prix de la meilleure interprétation masculine pour Ali Soliman.


Plus de 170 films étaient présentés dans le cadre de ce festival, dont plusieurs oeuvres de jeunes réalisatrices abordant sans complexe les problèmes de la société arabe.
Ainsi "Sept heures de décalage", de la Jordanienne Deema Amr, sur l'histoire de Dalia, qui revient des Etats-Unis pour assister au mariage de sa soeur à Amman. Son ami américain, croyant lui faire une surprise, arrive sans prévenir. Elle se trouve ainsi obligée d'avouer l'existence de cette relation à son père qui lui demande de rompre. "Je t'ai demandé de revenir en Jordanie avec un diplôme, pas avec un copain", lui dit-il. La jeune femme finit par céder à son père.


Dans un registre totalement différent, la Libanaise Danielle Arbid, a présenté "Beirut Hotel", censuré au Liban en raison de références à l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Il s'agit d'un thriller sur fond de romance entre une chanteuse libanaise, marié à un homme dominateur, et un Français de passage, comportant certaines scènes torrides.


La Marocaine Narjiss Nejjar présente elle aussi quelques scènes osées dans "L'amante du Rif", l'histoire d'une jeune fille rebelle rêvant d'amour et qui entame une descente dangereuse dans le monde des trafiquants de drogue.


Les réalisatrices se sont également imposées dans le domaine des documentaires.
La réalisatrice franco-algérienne Yasmina Adi a pour sa part présenté "Ici, on noie les Algériens", faisant la lumière sur la répression de la manifestation d'Algériens en France le 17 octobre 1961, qui a reçu le deuxième prix du documentaire arabe.


"Notre Soudan bien-aimé", de la réalisatrice soudanaise Tagrid Elsanhouri, raconte en parallèle l'histoire récente du Soudan qui a abouti à la partition et celle de la mère de la réalisatrice, forcée à épouser un homme ayant déjà trois femmes.


La cinéaste émiratie Noujoum al-Ghanem a remporté le prix du meilleur film émirati pour son documentaire "Amal" sur le difficile exil d'une actrice syrienne à Dubaï.


Sa compatriote Mariam al-Serkal a reçu une mention spéciale du jury pour "Londres à travers les yeux d'une femme voilée" qui raconte les problèmes qu'affronte une jeune Emiratie partie étudier en Occident.


Susan Youssef n'a pu retenir ses larmes. C'est une jeune femme totalement submergée par l'émotion qui est montée sur scène mercredi, pour recevoir le prix du Dubaï International Film Festival attribué à son film "Habibi" (Mon amour).
Le film de cette réalisatrice libanaise raconte l'histoire de deux étudiants palestiniens forcés, en raison des restrictions israéliennes, de quitter leur université en Cisjordanie pour rentrer à Gaza, milieu extrêmement conservateur où ils ne peuvent plus se voir. Fou d'amour, Qaïs recouvre les murs de la ville de poèmes clamant sa flamme pour sa dulcinée. Après avoir échoué à fuir Gaza, les Israéliens ayant découvert que les visas occidentaux sur les passeports du couple étaient faux, Leïla se résigne à épouser le prétendant choisi par ses parents.
 
Le film montre...
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