"The protester", personne de l'année, en couverture de Time Magazine.
Le "manifestant" a été désigné mercredi "personne de l'année" par l'hebdomadaire américain Time, a annoncé la direction du magazine. "Du printemps arabe à Athènes, d'Occupy Wall Street à Moscou", affirme sur sa couverture le magazine, qui montre une personne jeune, à la bouche et au nez recouverts d'un foulard.
"Le manifestant" a été désigné cette année "pour avoir capturé et souligné un sentiment mondial d'espoir de changement, renversé des gouvernements et les idées toutes faites, combiné les techniques les plus anciennes avec les technologies les plus modernes pour mettre en lumière la dignité humaine et guidé la planète sur la voie d'un 21e siècle plus démocratique bien que parfois plus dangereux", a expliqué Time. "Ces gens ont déjà changé l'Histoire, et ils changeront l'Histoire à l'avenir", a expliqué Rick Stenel, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, en annonçant sur la chaîne de télévision NBC le choix de Time pour 2011.
"Il fut un temps où les grands événements d’actualité étaient uniquement rapportés par des professionnels et imprimés sur du papier ou transmis par les airs par quelque uns vers la masse, un temps où les protestataires étaient les faiseurs en chef de l’Histoire. (…) Dans les années 60 aux Etats-Unis, ils ont marché pour les droits civils et contre la guerre du Vietnam ; dans les années 70, ils se sont levés en Iran et au Portugal ; dans les années 80, ils ont dit leur opposition aux armes nucléaires aux Etats-Unis et en Europe, leur opposition à l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza, leur opposition à la dictature communiste place Tienanmen et en Europe de l’Est. La protestation était la poursuite naturelle de la politique par d’autres moyens", peut-on lire dans les colonnes de l’hebdomadaire américain.
"Puis vint la fin de l’Histoire", résumée par Francis Fukuyama et « le triomphe mondial du « libéralisme occidental », souligne Time. "Les deux décennies lancées en 1991 ont vu une croissance inédite des niveaux de vie. (…) Le crédit était accessible, la complaisance et l’apathie régnaient, et les manifestations de rue ne semblaient être que des divertissements mineurs, émotionnels et inutiles".
Vint ensuite la rupture, souligne Time, qui vit passer l'association des idées de "masse" et de "protestation de rue efficace", du rang d’oxymore à celui de définition de notre ère. Et Time de conclure : "Et les manifestants devinrent, à nouveau, les faiseurs d’histoire".
La désignation de la "personne de l'année" est une tradition annuelle depuis 1927 pour Time.
Parmi les finalistes figuraient cette année Kate Middleton, épouse du prince Williams, ainsi que l'amiral William McRaven, qui avait dirigé les opérations ayant tué Ben Laden en mai dernier au Pakistan.
L'an dernier, cette distinction était revenue au fondateur du réseau social Facebook Mark Zuckerberg, 26 ans, et en 2009 au président de la banque centrale américaine Ben Bernanke. Effectivement, les temps changent.
"Le manifestant" a été désigné cette année "pour avoir capturé et souligné un sentiment mondial d'espoir de changement, renversé des gouvernements et les idées toutes faites, combiné les techniques les plus anciennes avec les technologies les plus modernes pour mettre en lumière la dignité humaine et guidé la planète sur la voie d'un 21e siècle plus démocratique bien que parfois plus dangereux", a expliqué Time. "Ces gens ont déjà changé l'Histoire, et ils changeront l'Histoire à l'avenir", a...


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Tout comme le soldat inconnu, le manifestant inconnu est aujourd'hui respecté et à l'honneur. Une première ! Anastase Tsiris
09 h 15, le 14 décembre 2011