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À La Une - Manifestations

Tunisie : laïcs et islamistes, le face-à face

"La Tunisie musulmane n'est pas laïque !" ; "Non à l'extrémisme laïc" ...

Une manifestation de libéraux devant le Parlement à Tunis samedi qui se déroule parallèlement à une manifestation d’islamistes dans la capitale. Fethi Belaid/AFP. 

Une situation sociale explosive, une économie en berne, des extrémistes qui tentent de pousser leurs pions, et toujours pas de gouvernement : un mois et demi après les élections du 23 octobre, l'atmosphère est délétère en Tunisie.


Devenue l'agora de Tunis, la place du Bardo, face au palais qui abrite l'Assemblée constituante, concentre depuis plusieurs jours toutes les colères et revendications du pays. Depuis mercredi, des centaines de "sit-inneurs", enseignants protestant contre des incursions d'extrémistes à l'université, chômeurs de la région minière de Gafsa, femmes inquiètes pour leurs droits, campent devant l'Assemblée. "Nous sommes ici parce qu'il y a dans le pays des urgences sociales que l'Assemblée doit voir et régler", explique Inès Ben Othman, "porte-parole" improvisée des sit-inneurs.


Mais samedi, un autre camp s'est installé, des milliers de sympathisants islamistes étant venus à leur tour marquer leur territoire. "C'est nous la majorité !" proclament-ils, séparés des sit-inneurs par des barrières et des cordons policiers. Des femmes en niqab et des hommes agitant le drapeau noir du parti salafiste Hizb Tahrir, non légal, figurent parmi eux, preuve, selon les "modernistes", de "l'alliance objective" entre le parti islamiste Ennahda et les radicaux religieux.

Les manifestants islamistes brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire notamment "La Tunisie musulmane n'est pas laïque !" et "Non à l'extrémisme laïc".

 

Les deux camps se sont fait face toute la journée dans une ambiance tendue, et les incidents ont éclaté en début de soirée. Les policiers ont dispersé à coup de gaz lacrymogènes les manifestants pro-islamistes après de violentes échauffourées, a-t-on appris de sources concordantes.
"Les islamistes nous ont attaqués et ont jeté des pierres, la police a tiré des gaz lacrymogènes", a indiqué à l'AFP Ines Ben Othman, une représentante des "sit-inneurs". "Le sit-in continue, on reste. Mais les agresseurs nous provoquent, ils sont restés et nous attendent à tous les coins de rue", a-t-elle ajouté.
"Un groupe de sympathisants salafistes ont jeté des pierres" sur les sit-inneurs, et "la police les a dispersés", a confirmé à l'AFP Hichem Meddeb, le porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Le calme est revenu", a-t-il ajouté.


Ces incidents surviennent alors qu'Ennahda, premier parti au sein de l'Assemblée, a été accusé, y compris par ses deux partenaires de gauche Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol, de vouloir s'arroger les pleins pouvoirs dans le futur exécutif.

 

Après une semaine de tractations laborieuses, les députés sont parvenus vendredi à un accord en commission sur l'organisation des pouvoirs, qui sera soumis mardi à l'Assemblée réunie en plénière. Cet accord ouvrira la voie à l'élection du président de la République et la formation d'un gouvernement, alors que l'exécutif sortant de Béji Caïd Essebsi a officiellement démissionné et ne s'occupe plus que de "gérer les affaires courantes".
"C'est urgent, on ne peut plus attendre. Il y a un climat d'attentisme et de flottement, personne ne décide, ça paralyse l'économie", déplore Hichem Elloumi, un représentant de l'organisation patronale tunisienne UTICA.


Près d'un an après la révolution, la situation économique et sociale continue de se dégrader. Le gouverneur de la Banque centrale (BCT), Mustapha Kamel Nabli, a indiqué samedi que la croissance serait nulle à la fin de l'année 2011, prévoyant une hausse du taux de chômage à plus de 18 %.
"Les problèmes sociaux sont exacerbés, le moindre différend dans une entreprise dégénère en conflit. Sans compter les interventions extérieures, comme des chômeurs qui viennent paralyser une entreprise pour réclamer du travail", constate M. Elloumi.


A Tunis mercredi, deux chômeurs de la région minière de Gafsa (centre), ont tenté de se pendre en public devant le siège de la Compagnie des Phosphates (CPG).
Deux localités du gouvernorat de Gafsa ont été mises à sac la semaine dernière après la publication des résultats d'un concours de recrutement à la CPG jugés "truqués".


Situation tendue également dans le Sud tunisien, où les deux points de passage avec la Libye sont fermés en raison de la multiplication d'incidents impliquant notamment des Libyens armés.
"Plus rien ne passe, sauf les urgences. Or, c'est vital pour la Tunisie, pour les gens qui vont faire du commerce en Libye", raconte Mongi Slim, un humanitaire sur place. "C'est très tendu. Aujourd'hui, deux voitures appartenant à des hommes d'affaires libyens ont été incendiées devant leur hôtel à Médenine (sud)", indique-t-il.


Face à la multiplication de ces foyers de tension, les élus de l'Assemblée constituante ont publié samedi un communiqué appelant "au respect de la loi" et à "privilégier le dialogue pour résoudre les conflits".

Une situation sociale explosive, une économie en berne, des extrémistes qui tentent de pousser leurs pions, et toujours pas de gouvernement : un mois et demi après les élections du 23 octobre, l'atmosphère est délétère en Tunisie.
Devenue l'agora de Tunis, la place du Bardo, face au palais qui abrite l'Assemblée constituante, concentre depuis plusieurs jours toutes les colères et revendications du pays. Depuis mercredi, des centaines de "sit-inneurs", enseignants protestant contre des incursions d'extrémistes à l'université, chômeurs de la région minière de Gafsa, femmes inquiètes pour leurs droits, campent devant l'Assemblée. "Nous sommes ici parce qu'il y a dans le pays des urgences sociales que l'Assemblée doit voir et régler", explique Inès Ben Othman, "porte-parole" improvisée des sit-inneurs.
Mais samedi, un...
commentaires (3)

Putain,on te sent énervé,Ali...je te comprends...il sont cons,hein?C'est ce qu'on se dit tous....et bien,même pas,et c'est là où ton analyse est archi-juste...ils sont pas cons....ils se croient intelligents...ils raisonnent avec une mentalité "européenne"...ils ne se rendent même pas compte qu'ils vont se faire empapaouter grave....à croire qu'ils aiment çà...il sont les yeux fixés sur deux compteurs et rien d'autre.les marchés et le lobby.Que BHL soit devenu le chantre de la révolution lybienne,çà n' a réveillé personne...BHL !!!!les arabes sont décidemment trop cons.Nous n'avons pas les mêmes opinions ,Ali,mais quelquefois les mêmes conclusions...mais qu'ils sont cons!

GEDEON Christian

06 h 15, le 05 décembre 2011

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Commentaires (3)

  • Putain,on te sent énervé,Ali...je te comprends...il sont cons,hein?C'est ce qu'on se dit tous....et bien,même pas,et c'est là où ton analyse est archi-juste...ils sont pas cons....ils se croient intelligents...ils raisonnent avec une mentalité "européenne"...ils ne se rendent même pas compte qu'ils vont se faire empapaouter grave....à croire qu'ils aiment çà...il sont les yeux fixés sur deux compteurs et rien d'autre.les marchés et le lobby.Que BHL soit devenu le chantre de la révolution lybienne,çà n' a réveillé personne...BHL !!!!les arabes sont décidemment trop cons.Nous n'avons pas les mêmes opinions ,Ali,mais quelquefois les mêmes conclusions...mais qu'ils sont cons!

    GEDEON Christian

    06 h 15, le 05 décembre 2011

  • Le vin (rigoureusement halal) est tiré, et ... il faut le boire!! Il vaut mieux pour la Tunisie qu'ils soient face-à-face que dos-à-dos car les Islamistes n'ont pas la majorité absolue au parlement et ne sont pas des...comment dire... extrémistes, heureusement et pourvu que cela ne change pas (pour moi en tous cas) différemment de l'Egypte :( et grosses larmes, sniff... (65% dont 25% de Salafo-chariistes, svp! Brrrr...) Je pense que la Tunisie est un des pays qui s'en sortira le mieux (avec la Syrie) dans ces bouleversements Islamo-arabes (peut-être aussi à cause de ces liens de parenté lointain qui nous unissent ;))et ce serait une grave erreur que de tous que rejeter en bloc... Le pire n'est qu'à ses débuts chers lecteurs car la meilleurs trouvailles des occidentaux et des sio c'est de remplacé les dictateurs soutenus par eux et rejeté par leurs peuples, par les Islamistes possiblement non charriistes qui acceptent au moins le statu quo avec l'entité Sionite en Plaestine en attendant que l'axe Qataro-Saudien le résolve (.... !?). Mais voilà qu'en Egypte ça leur échappe déjà en et ce n'est que le premier éveille de leur créature de Frankenstein! Pauvre et stupide Europe qui paiera le plus grand tribut de cette erreur due à son suivisme aveugle du tandem USA-SIO.

    Ali Farhat

    05 h 13, le 05 décembre 2011

  • - - Je leur souhaite beaucoup de plaisirs voilés avec ou sans niqab ..

    JABBOUR André

    13 h 42, le 03 décembre 2011

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