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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Révolte

Opposants civils et militaires à l’unisson

USA et UE accentuent les sanctions contre Damas, de plus en plus isolé dans le monde arabe ; au moins 27 tués hier.
L’Europe et Washington ont annoncé hier de nouvelles sanctions contre la Syrie. L’objectif est « de couper l’accès aux financements du régime », a expliqué un diplomate européen au cours d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles. Les sanctions de l’UE prévoient notamment l’interdiction d’exporter vers la Syrie des équipements à destination de l’industrie gazière et pétrolière ou des logiciels permettant la surveillance des communications Internet et téléphoniques. Le nouveau train de mesures – le dixième à l’encontre de Damas – comporte en outre un important volet financier, comme l’arrêt des crédits « concessionnels » (à taux avantageux) à l’État syrien, celui des aides ou des garanties à l’exportation vers la Syrie accordées aux entreprises européennes, ou encore l’interdiction des échanges d’obligations d’État syriennes. Les États-Unis ont de leur côté évoqué des sanctions qui vont toucher cette fois-ci un oncle du président syrien Bachar el-Assad et un général. Ils ont parallèlement décidé de sanctionner deux nouvelles entités appartenant au gouvernement syrien, dont la deuxième banque du pays, le tout alors que le vice-président américain, Joe Biden, arrivait hier soir à Ankara pour s’entretenir avec les dirigeants turcs des dossiers régionaux, notamment de la Syrie.
Damas a immédiatement réagi aux nouvelles sanctions occidentales en suspendant son adhésion à l’Union pour la Méditerranée (UPM), créée en juillet 2008 à l’initiative de la France, et, surtout, en suspendant aussi l’accord de libre-échange conclu avec la Turquie, en rétorsion aux sanctions prises par Ankara, a annoncé l’agence SANA.
Le retrait de l’UPM intervient alors que l’isolement de la Syrie s’accentue dans le monde arabe. Après Bahreïn, le Qatar et l’Arabie saoudite, une quatrième monarchie du Golfe, le Koweït, a appelé hier ses ressortissants à quitter la Syrie. Dimanche, la Ligue arabe avait adopté des sanctions sévères contre la Syrie, les premières de cette ampleur à l’encontre de l’un de ses membres, prévoyant notamment un gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et de ses comptes bancaires dans les pays arabes. Elles comprennent aussi une interdiction de voyager dans les pays arabes pour des responsables syriens, ainsi que la suspension des liaisons aériennes entre les pays arabes et la Syrie. Le frère du président Assad, Maher, et son richissime cousin Rami Makhlouf figurent parmi les personnalités visées. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, invité par les ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, a cependant rejeté les accusations de la Syrie sur sa volonté d’internationaliser le conflit. Les ministres européens, eux, ont plaidé pour une intensification des pressions sur la Syrie en coordination avec la Ligue arabe. De son côté, le nouveau chef du gouvernement marocain, Abdel Ilah Benkirane, a affirmé hier que « ce qui arrive au peuple syrien nous fait souffrir », lors de sa première déclaration depuis sa nomination mardi.
Du côté de l’opposition au régime de M. Assad, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe une bonne partie de l’opposition, et l’Armée syrienne libre (ASL), formée de soldats dissidents, se sont engagés à coordonner leurs efforts contre le régime lors d’une première rencontre en Turquie. Les deux parties ont souligné que « le devoir de l’Armée syrienne libre est de protéger le peuple et de ne pas attaquer » le régime syrien, a dit Khalid Hodja, un membre du comité des relations étrangères du CNS. « Nous sommes tombés d’accord pour que le Conseil et l’armée soient en coordination », a-t-il ajouté.

L’ONU reconnaît « au moins 4 000 morts »
Sur le terrain, 27 civils ont été tués hier par les tirs des forces de sécurité et dans des bombardements dans les régions de Hama et Homs, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et des comités de militants cités par la chaîne de télévision al-Arabiya. Les forces de sécurité ont mené également des perquisitions dans la province de Deraa, où 28 personnes ont été arrêtées, a indiqué l’OSDH. À Harasta, près de Damas, 10 jeunes ont été arrêtés dans les perquisitions, selon la même source. En outre, selon le Centre syrien pour les études juridiques, l’avocat et militant des droits de l’homme Fahd al-Moussa a été arrêté lundi pour ses activités en faveur du mouvement de contestation pacifique. Par ailleurs, les militants prodémocratie ont appelé hier à une journée de grève générale à travers la Syrie, dédiée aux « martyrs » tombés dans la répression du mouvement de contestation. Le dernier bilan des victimes depuis le début de la répression est d’au moins 4 000 morts, a annoncé la haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme, Navi Pillay, estimant que le pays se trouve « au bord de la guerre civile ». D’autre part, les militants ont appelé à des manifestations massives aujourd’hui sous le slogan : « La zone tampon nous protège. »
Enfin, la Russie a livré à la Syrie un système mobile de défense côtière comportant des missiles de croisière antinavires dans le cadre d’un contrat conclu en 2007, a indiqué une source militaro-diplomatique russe à l’agence Interfax. « Les missiles supersoniques Iakhont ont été livrés à la Syrie dans le cadre du système Bastion », a précisé cette source, refusant de préciser le volume et la date de cette livraison. Selon une autre source citée par Interfax, Damas compte recevoir au moins deux systèmes Bastion composés chacun de 36 missiles Iakhont. Ce contrat est estimé à environ 300 millions de dollars, d’après Interfax.
(Sources : agences et rédaction)
L’Europe et Washington ont annoncé hier de nouvelles sanctions contre la Syrie. L’objectif est « de couper l’accès aux financements du régime », a expliqué un diplomate européen au cours d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles. Les sanctions de l’UE prévoient notamment l’interdiction d’exporter vers la Syrie des équipements à destination de l’industrie gazière et pétrolière ou des logiciels permettant la surveillance des communications Internet et téléphoniques. Le nouveau train de mesures – le dixième à l’encontre de Damas – comporte en outre un important volet financier, comme l’arrêt des crédits « concessionnels » (à taux avantageux) à l’État syrien, celui des aides ou des garanties à l’exportation vers la Syrie accordées aux entreprises...