Question – Que représente pour la communauté libanaise de la principauté de Monaco la fête de l’Indépendance du Liban ?
Réponse – La première fête de l’Indépendance du Liban à Monaco a eu lieu en 2006 pendant l’invasion israélienne, et nous avions choisi la thématique de la solidarité, compte tenu des circonstances. Cette année, la thématique est celle des relations libano-monégasques. Elles se sont traduites par la visite officielle du prince souverain à la mi-janvier puis elles se sont prolongées, en principauté, par les Rencontres internationales Monaco/Méditerranée (où le Liban était invité d’honneur), par le colloque autour des Églises d’Orient, par la 2e édition de Monaco Blue Initiative pour les pays concernés par la mer en avril et, récemment, en octobre, par le forum international Peace and Sport. La diaspora est l’une des grandes richesses libanaises par sa force d’intégration et d’influence dans les pays d’accueil. C’est une force qui a toujours aidé le Liban, pendant les années de guerre comme à présent.
Près de 68 années sont passées depuis la déclaration d’indépendance du Liban, beaucoup de pays sont intervenus sur son sol. Comment les Libanais de la diaspora azuréenne vivent-ils cette indépendance, compte tenu des aléas des temps ?
Nous avons une seule date d’indépendance, celle de 1943. Plusieurs forces étrangères ont investi le Liban, mais nous avons toujours su les amener à évacuer le pays. Aujourd’hui, le Liban est libre de toute occupation, de toute présence étrangère. L’indépendance du pays est confirmée par sa démocratie, par une vieille tradition de libre expression, signe d’ouverture d’esprit. Nous sommes libres et indépendants aujourd’hui !
Le Liban a des institutions démocratiques. Quelles pourraient être les conséquences du printemps arabe au Liban ?
Les révolutions sont brutales mais doivent être menées intelligemment. Le printemps arabe, nous sommes tous « pour » et vous ne trouverez personne pour dire le contraire, mais la question fondamentale est la suivante : une fois qu’on se libère d’un régime de dictature, quelle alternative, quel nouveau régime pourraient prendre la place ? Il faut éviter que cela crée une région instable. Il faut éviter que le changement brutal se révèle dangereux pour les minorités qui coexistent dans ces pays. En Irak, beaucoup de chrétiens ont dû quitter le pays. Toutes les confessions doivent exister et coexister au Moyen-Orient parce que ces minorités sont un de ses atouts.
Le peuple syrien exige un changement de régime, mais si la force militaire est employée, il y aura des séquelles, y compris au Liban, car tous les pays du Levant sont liés les uns aux autres. La Constitution et les lois de chaque pays doivent être respectées. Les différentes confessions doivent continuer de cohabiter et la communauté internationale se doit d’être le bon arbitre.
H. F.


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