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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Éclairage

Les mesures arabes n’atténueront pas la répression

Les mesures punitives décidées par la Ligue arabe vont affecter l’économie syrienne déjà fragilisée par les sanctions économiques européennes et américaines, mais cela ne devrait pas infléchir la politique de répression de Damas, estiment les experts.
« C’est difficile de savoir quel sera précisément l’impact exact des sanctions, mais c’est certain qu’elles auront un impact sévère sur l’économie syrienne », a affirmé hier le ministre syrien de l’Économie et du Commerce, Mohammad Nedal Alchaar. « La Ligue arabe veut limiter les transactions commerciales aux biens stratégiques, mais je ne sais pas ce que cela signifie car notre pays exporte du blé, du coton, des fruits et légumes, de la viande, des animaux à tous les pays arabes », a-t-il ajouté, affirmant que « ces mesures de rétorsion ne seront pas intégralement appliquées. Il y aura des contournements car les consommateurs sont habitués à certains produits et s’ils décident de se les procurer ils se les procureront ».
Un expert économique européen basé à Damas partage cette opinion. « L’annonce a symboliquement une forte portée car c’est la première fois que la Ligue arabe sanctionne ainsi un de ses membres, mais en y regardant de plus près, il y a beaucoup de marge de manœuvre et il faudra attendre deux semaines pour savoir comment les mesures seront appliquées », a-t-il expliqué. « Ainsi l’arrêt des transactions avec la Banque centrale signifie-t-il la fin des échanges entre banques centrales arabes ou cela touchera-t-il aussi les banques privées qui passent par la Banque centrale syrienne pour leurs transactions ? » s’interroge l’expert. « Est-ce que les sanctions seront appliquées de la manière la plus stricte ou au contraire de façon plus souple selon les pays ? En outre, le Fonds monétaire arabe sera-t-il en mesure de contrôler l’application des sanctions ? » a-t-il ajouté.
En tout cas, la Syrie est déjà durement touchée par les sanctions européennes et américaines. Elle n’arrive plus à exporter son pétrole et la production est tombée de 340 000 à 120 000 baril/jour, selon un expert pétrolier. Les compagnies de transport et d’assurances menacent les propriétaires de navires qui voudraient charger du pétrole syrien, or selon les statistiques officielles, les revenus pétroliers représentent 27,8 % des recettes de l’État. En outre, la chute de 20 % des exportations et de 40 % des importations a également réduit les revenus douaniers.
Mais il ne semble pas que cela va infléchir la politique répressive du régime. « Le conseil de la Ligue arabe punit le peuple syrien pour ses positions », affirmait ainsi hier à la une le quotidien as-Saoura.
Signalons que selon le bureau syrien des statistiques en 2009, 52,5 % des exportations syriennes et 16,4 % des importations vont vers ou sont en provenance des pays arabes. Les marchandises syriennes vont d’abord en Irak (31,4 %) et au Liban (12,7 %). Ces deux pays ont indiqué qu’ils ne suivraient pas les décisions de la Ligue arabe. Pour le ministre syrien de l’Économie, « du point de vue économique, nous devons nous tourner vers l’autosuffisance et laisser au secteur privé la liberté d’agir d’autant qu’il représente 70 % du produit national brut ».
(Source : AFP)
Les mesures punitives décidées par la Ligue arabe vont affecter l’économie syrienne déjà fragilisée par les sanctions économiques européennes et américaines, mais cela ne devrait pas infléchir la politique de répression de Damas, estiment les experts.« C’est difficile de savoir quel sera précisément l’impact exact des sanctions, mais c’est certain qu’elles auront un impact sévère sur l’économie syrienne », a affirmé hier le ministre syrien de l’Économie et du Commerce, Mohammad Nedal Alchaar. « La Ligue arabe veut limiter les transactions commerciales aux biens stratégiques, mais je ne sais pas ce que cela signifie car notre pays exporte du blé, du coton, des fruits et légumes, de la viande, des animaux à tous les pays arabes », a-t-il ajouté, affirmant que « ces mesures de rétorsion ne...