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Nos lecteurs ont la parole

Courrier des lecteurs

L’index du glaive

 

Beyrouth un samedi de pluie obstinée. Le téléphone sonne. Un ami libanais. Mabrouk. Ils l’ont capturé vivant. Seif el-Islam. Le glaive. Vive la Libye libre, hurle mon ami. Étrange prénom pour un destin singulier. Le dauphin aux nageoires amputées. Celui qui vendait des mirages imagés en Occident est tombé aux mains des révolutionnaires. Je repense amusée aux questions croisées depuis quelques années. C’est lui le successeur. Le réformateur. L’héritier. La Libye de demain. Je me souviens aussi de mes réponses. C’est un imposteur. Un menteur. Un mauvais acteur. Comment a-t-il pu les tromper tous ? Éduqué par un tyran. Études en Autriche. Diplômes falsifiés. Puis un jour de février 2011, le masque tombe. Il apparaît sur nos écrans de télévision. Index pointé. Menaçant. Arrogant. Un maître-chanteur crachant son venin. Il s’adresse à nous « les rats » à qui il promet des crimes en série. Père et fils, même combat. Facebook et Twitter crépitent. Les messages se bousculent. On attend les confirmations. Rumeurs méfiantes et apeurées. Une première image volée à la hâte. Une pièce éclairée. Légèrement sordide. Il est là couché sur un lit. Enroulé dans une couverture marron. Il a les doigts de la main droite emballés. J’ai froid. Il semble si misérable. Médiocrité d’une vie de voleur. Usurpateur qui ne lèvera plus jamais son index vers le peuple libyen terrorisé. Il sera jugé. Je ne veux pas savoir quelle sera sa punition finale. Un billet aller simple sans retour. Tripoli à l’autre bout du fil danse de joie. Soulagée. Apaisée. Délivrée. Les années perdues ne reviendront plus. Les morts reposent en paix dans leurs tombes. Les rires des enfants de Libye déchirent le ciel bleu turquoise. Rien ne sera plus jamais comme avant. Le train a quitté le quai. Nous avons tous embarqué à l’heure. La grande marche du peuple libyen peut enfin commencer...

Tahani Khalil GHEMATI
Architecte libyenne

En mémoire de notre indépendance

 

Cette année, à la une pour l’anniversaire de notre indépendance : la nostalgie du protectorat français. En effet, selon nos compatriotes, si l’on était toujours sous un mandat français, nous serions dans de meilleures conditions : un passeport reconnu, un salaire minimum respectable, un recul face au grabuge de la région...
Toutefois, on oublie peut-être que les Français, pour en arriver là, en ont connu des révolutions ; ils ont évolué dans leurs régimes politiques (cinq républiques) ; ils en ont jugé des collaborateurs. Bref, ils ont bâti une nation, une république, qui a ses points faibles certes, mais une république quand même.
Nous autres par contre, nos ordres du jour tournent autour de la grande sœur, de la cousine germaine radioactive, de nos politiciens aussi loin des yeux que du cœur ; par occasion une brise de nationalisme passe, au nom d’un concours d’échelle internationale ou d’un match de foot... Et pourtant, nous ne manquons point de dossiers gras, sur des sujets qui n’auraient besoin d’aucun consensus, socio-politico-religieux interne ou régional. L’on cite : l’infrastructure, l’électricité, l’eau, les télécommunications, la mise à jour des législations vétustes, transport public, pollution. La liste est longue.
Donc mes chers amis, si notre indépendance manque de valeur ajoutée, c’est essentiellement parce que nous nous voulons un peuple soumis ; nous ne sommes pas prêts à lâcher ceux qui nous ont menés à la guerre. Nous manquons de mémoire collective, ou tout simplement de mémoire.

Mario C. MACARON

Monsieur « Beaugeste »

 

Rentrant du bureau à 19h30, je m’arrête au feu rouge de Tabaris. Le jeune conducteur de la voiture devant moi (la vingtaine, coiffure afro méchée de blond) descend en courant et ramène le mendiant adolescent en T-shirt, ôte son sweat sous la pluie et le lui donne avec tous les paquets de chips et biscuits qu’il avait en voiture, avant de démarrer.
Bravo, jeune inconnu ! Il y a encore de l’humain dans notre pays et pas seulement que du mauvais.

Sally TRABOULSI

L’index du glaive
 
Beyrouth un samedi de pluie obstinée. Le téléphone sonne. Un ami libanais. Mabrouk. Ils l’ont capturé vivant. Seif el-Islam. Le glaive. Vive la Libye libre, hurle mon ami. Étrange prénom pour un destin singulier. Le dauphin aux nageoires amputées. Celui qui vendait des mirages imagés en Occident est tombé aux mains des révolutionnaires. Je repense amusée aux questions croisées depuis quelques années. C’est lui le successeur. Le réformateur. L’héritier. La Libye de demain. Je me souviens aussi de mes réponses. C’est un imposteur. Un menteur. Un mauvais acteur. Comment a-t-il pu les tromper tous ? Éduqué par un tyran. Études en Autriche. Diplômes falsifiés. Puis un jour de février 2011, le masque tombe. Il apparaît sur nos écrans de télévision. Index pointé. Menaçant. Arrogant. Un...
commentaires (1)

Quel grand acte de bonte! Un jeune homme en voiture qui enleve son sweat shirt pour le donner a un mendiant sous la pluie! Bravo Monsieur! Vous etes plein de bonte et de generosite! On ne voit ca que dans les films! Que Dieu vous le rende au centuple!

Michele Aoun

12 h 59, le 29 novembre 2011

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Commentaires (1)

  • Quel grand acte de bonte! Un jeune homme en voiture qui enleve son sweat shirt pour le donner a un mendiant sous la pluie! Bravo Monsieur! Vous etes plein de bonte et de generosite! On ne voit ca que dans les films! Que Dieu vous le rende au centuple!

    Michele Aoun

    12 h 59, le 29 novembre 2011

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