Ibrahim Maalouf à la trompette et Frank Woeste au piano, pour une première partie intimiste.
Créée en 2009 par Micheline Ferran et Marie-Claude Bahna à la suite du décès d’une amie proche atteinte de leucémie et qui n’avait pas trouvé de donneur, l’association SDMO a comme objectif d’informer et de sensibiliser les populations d’origine moyen-orientale sur le don de moelle osseuse qui, pour être compatible, doit provenir de personnes qui ont une proximité familiale ou régionale avec le patient. L’association a aussi pour ambition de favoriser la création d’un registre de donneurs au Moyen-Orient.
C’est parmi les multiples activités culturelles organisées par SDMO que s’est donc tenu un concert exceptionnel offert par le trompettiste et compositeur libanais Ibrahim Maalouf, entouré d’une pléiade de musiciens.
Dans l’amphithéâtre plein à craquer de l’Asiem, la présidente et la secrétaire générale de SDMO prennent tour à tour la parole pour appeler les présents, et notamment les jeunes venus nombreux, à endosser le rôle de « veilleurs de vie » et à prendre conscience des progrès réalisés dans ce domaine dans le monde, mais aussi au Liban où, il y a un mois à peine, a été effectuée pour la première fois une greffe osseuse d’un donneur non apparenté au patient.
Puis, place à la musique. La première partie du concert est plutôt intimiste. Ibrahim Maalouf, très passionné, et Frank Woeste, très inspiré, interprètent tout d’abord La sonate pour trompette et piano de Paul Hindemith, œuvre sombre et intense composée en 1939, au début du grand chaos européen, et qui se referme sur une émouvante marche funèbre. Ensuite, vient Beirut, œuvre très personnelle pour trompette et piano d’Ibrahim Maalouf, entre musique classique, jazz et orientale, où, tandis que le piano égrène imperturbablement des arpèges en boucle, la trompette entre en transe, improvise, s’envole, ondule, ondoie, dans un son plaintif et velouté, montrant toute l’étendue de la virtuosité de l’interprète et de la sensibilité du compositeur. Cette œuvre dédiée à la ville de Beyrouth la fait revivre sous ses divers aspects, tantôt ville martyre, tantôt ville phare de la Méditerranée.
La deuxième partie de ce concert peu commun est radicalement différente de la première. De la demi-teinte, on passe à la lumière la plus crue : dix-huit trompettistes envahissent la scène et le son brillant des ensembles des trompettes de la Kansas University, dirigés par Gary Mortenson, et du Conservatoire à rayonnement régional d’Aubervilliers la Courneuve, dirigé par Ibrahim Maalouf, prend résolument possession de l’espace. Ces jeunes musiciens interprètent de façon harmonieuse et homogène plusieurs œuvres, dont certaines très connues de Rossini, Mozart ou Vivaldi, et d’autres plus confidentielles, mais non moins intéressantes, notamment International Friends de Sylvain Leclerc, lui-même trompettiste et élève d’Ibrahim Maalouf, et qui, pour l’occasion, conduit l’ensemble de trompettes avec brio.
Cet événement a pu avoir lieu grâce au soutien de la société Murex et, notamment, de son dynamique fondateur, Sélim Eddé. Cette entreprise libanaise est un mécène attentif, toujours à l’écoute des activités culturelles libanaises en France et au Liban.
Cette chaîne, regroupant des artistes internationaux, une association engagée et des mécènes convaincus, prouve encore une fois que la solidarité libanaise et humaine est essentielle pour porter de grandes causes.
Zeina Saleh Kayali
Chargée de mission à la Délégation du Liban auprès de l’Unesco


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
- - C'est quoi l'UNESCO ! un autre machin pour les piques assiettes en mal de solitude !? C'est de celui là qu'il s'agit !?
07 h 48, le 29 novembre 2011