Des soldats pakistanais portent, dimanche 27 novembre, les cercueils de leurs camarades, tués dans une frappe de l'Otan. A. Majeed/AFP
Le Pakistan a exprimé dimanche aux Etats-Unis son "profond sentiment de fureur" et sa volonté de réviser leur coopération dans la lutte antiterroriste au lendemain de la frappe aérienne de l'Otan en Afghanistan, qui a tué 24 de ses soldats à la frontière.
Il s'agit de la pire bavure au Pakistan de la coalition emmenée par l'armée américaine de l'autre côté de la frontière depuis qu'Islamabad s'est allié, fin 2001, à Washington dans sa "guerre contre le terrorisme". Elle ravive la crise bilatérale provoquée par le raid clandestin de commandos américains en territoire pakistanais qui avait conduit à la mort d'Oussama Ben Laden le 2 mai dernier.
Samedi avant l'aube, des hélicoptères et des avions de chasse ont bombardé deux postes de l'armée côté pakistanais, la force internationale de l'Otan (Isaf) reconnaissant que ses hommes opérant côté afghan avaient réclamé un soutien aérien qui avait "très probablement" provoqué les pertes pakistanaises.
Ce n'est pas la première fois que les appareils de l'Otan tuent des soldats pakistanais au cours de bombardement visant les talibans afghans dans ces zones montagneuses où la frontière est difficile à repérer, mais jamais le bilan n'avait été aussi lourd.
"De telles attaques sont totalement inacceptables, elles démontrent une indifférence totale à l'égard du droit international et de la vie humaine", a déclaré dimanche la ministre pakistanaise des Affaires étrangères Hina Rabbani Khar dans un entretien téléphonique avec son homologue américaine Hillary Clinton.
Le Pakistan a interrompu dès samedi le trafic des convois de ravitaillement de l'Isaf, dont la plus importante partie transite par son territoire, exigé des militaires américains qu'ils quittent dans les 15 jours une base sur laquelle ils sont présents dans le sud-ouest du pays et menacé de revoir leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme.
Samedi soir, le gouvernement et la toute puissante armée pakistanaise s'étaient réunis en un Comité de défense (DCC) de crise, annonçant qu'Islamabad allait "complètement reconsidérer tous ses programmes, activités et accords de coopération avec les Etats-Unis, l'Otan et l'Isaf, y compris diplomatiques, politiques, militaires et dans le renseignement".
L'Isaf et les Etats-Unis ont eu beau dès samedi adresser au Pakistan leurs "plus sincères condoléances" et promettre une "enquête rigoureuse" sur les circonstances de ces meurtrières erreurs de tirs, Mme Clinton et le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta ont eu beau souligner "l'importance" des liens entre Washington et Islamabad, le ton n'avait donc pas changé dimanche côté pakistanais.
Les bombardements de samedi "sont une violation absolue de la souveraineté du Pakistan, qui affecte négativement les progrès réalisés par les deux pays pour restaurer leurs relations et force le Pakistan à réviser les termes de son engagement" dans la lutte contre le terrorisme, a répété dimanche Mme Rabbani Khar à Mme Clinton. Elle n'a pas précisé ce que pourrait être cette révision.
Exprimant "le sentiment profond de fureur ressenti dans tout le Pakistan", la ministre pakistanaise a également confirmé la décision de la veille de fermer les routes d'accès à l'Afghanistan aux très nombreux convois de ravitaillement de l'Otan transitant par son pays. Elle a également réaffirmé que les militaires américains devaient quitter la base aérienne de Shamsi, dans le sud-ouest, dans les 15 jours. Après le raid visant Ben Laden, également qualifié de "violation" de sa souveraineté, le Pakistan avait déjà demandé aux Américains de quitter Shamsi.
Les médias pakistanais assuraient cependant depuis longtemps que la base n'était plus utilisée par la CIA pour ses drones qui bombardent depuis 2004, parfois à un rythme quotidien, les zones tribales pakistanaises en ciblant Al-Qaïda et les talibans, avec l'accord implicite d'Islamabad selon les experts.
Depuis qu'Islamabad s'est allié à Washington dès la fin 2001 dans sa "guerre contre le terrorisme", ses zones tribales frontalières avec l'Afghanistan sont devenues le principal sanctuaire d'Al-Qaïda dans le monde et la base arrière des talibans afghans.
Il s'agit de la pire bavure au Pakistan de la coalition emmenée par l'armée américaine de l'autre côté de la frontière depuis qu'Islamabad s'est allié, fin 2001, à Washington dans sa "guerre contre le terrorisme". Elle ravive la crise bilatérale provoquée par le raid clandestin de commandos américains en territoire pakistanais qui avait conduit à la mort d'Oussama Ben Laden le 2 mai dernier.
Samedi avant l'aube, des hélicoptères et des avions de chasse ont bombardé deux postes de l'armée côté pakistanais, la force internationale de l'Otan (Isaf)...



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