Rechercher
Rechercher

À La Une - Egypte

Egypte : trêve précaire place Tahrir

Un ancien Premier ministre chargé de former le nouveau gouvernement.

Malgré ce calme précaire, les protestataires de Tahrir sont déterminés à poursuivre leur occupation de la place tant que les militaires n'auront pas cédé le pouvoir. /

Kamal el-Ganzouri, ancien Premier ministre, a été chargé, jeudi, par l'armée au pouvoir de former un gouvernement en Égypte, après plusieurs jours de manifestations et d'affrontements, ont annoncé des télévisions privées égyptiennes. M. el-Ganzouri, septuagénaire, a été de 1996 à 1999, Premier ministre sous Hosni Moubarak, chassé le 11 février par une révolte populaire. Il s'était toutefois démarqué du président déchu après le soulèvement populaire du début de l'année lors d'une interview, après avoir été absent pendant 11 ans des médias.

L'armée avait accepté mardi la démission du gouvernement du Premier ministre Essam Charaf, nommé par le conseil militaire en mars pour gérer les affaires courantes.

Le conseil militaire au pouvoir avait convenu mardi avec différentes formations politiques de la formation d'un gouvernement de "salut national" en Égypte. Parallèlement, une trêve conclue entre la police anti-émeute égyptienne et les manifestants de la place Tahrir a permis un fragile retour au calme au Caire après cinq jours de violences.

Dans l’après-midi, le Conseil des ministres a annoncé qu'un accord avait été conclu entre forces de l'ordre et manifestants sur un arrêt des affrontements dans le centre du Caire. "Un accord a été conclu entre les forces de sécurité et les manifestants portant sur l'arrêt total des heurts entre les deux parties dans la rue Mohamed Mahmoud qui mène au ministère de l'Intérieur", près de l'emblématique place Tahrir, selon un communiqué officiel, permettant un retour au calme depuis l'aube après des affrontements dans la nuit.

Jeudi matin, l'armée bloquait cette rue tandis qu'un général exhortait les manifestants à reculer vers Tahrir, occupée en début d'année pendant 18 jours par les manifestants jusqu'à la démission historique de Hosni Moubarak.

Les violences semblent avoir créé un malaise même au sein des militants, beaucoup estimant que le mouvement de protestation devrait se concentrer sur la place Tahrir et ne plus provoquer la police près du ministère de l'Intérieur. "Je soutiens les manifestations mais je ne pense pas que les gens doivent se diriger vers le ministère, cela ne nous mènera à rien", a affirmé à l'AFP Essam Hamdani, un diplômé en affaires de 27 ans, au chômage.

Malgré ce calme précaire, les protestataires de Tahrir sont déterminés à poursuivre leur occupation de la place tant que les militaires n'auront pas cédé le pouvoir. Les concessions proposées mardi soir par le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) - élection présidentielle avancée de six mois, d'ici juin 2012 au plus tard, nouveau gouvernement de transition et engagement à assurer des élections libres - n'ont pas eu d'effet sur les contestataires. Ils considèrent que ces annonces, fruit d'un accord avec plusieurs groupes politiques, dont les Frères musulmans, sont un piège visant à diviser le mouvement. "Le conseil militaire doit partir et remettre le pouvoir aux civils", estime Ahmed Essam, un étudiant de 23 ans qui affirme que les généraux veulent se maintenir à la tête du pays pour ne pas que leur corruption éclate au grand jour.

 

Le CSFA a, de son côté, présenté ses excuses pour la mort des manifestants et promis des indemnités aux familles des victimes. Dans un communiqué, le CSFA a affirmé qu'il ferait tout "pour éviter une répétition de ces événements" qui feront, a-t-il dit, rapidement l'objet d'une enquête.

 

Dans ce contexte, une journaliste de la chaîne France 3 Caroline Sinz et une éditorialiste américano-égyptienne, Mona al-Tahawy, ont déclaré avoir été victimes de violences sexuelles de la part d'hommes en civil et de policiers au Caire. 

 

Deux généraux du CSFA ont, par ailleurs, également exclu tout report des législatives, "Nous ne reporterons pas les élections. Point final", a déclaré le général Mamdouh Chahine lors d'une conférence de presse. Se tenant à ses côtés, le général Mokhtar al-Moullah a déclaré que l'armée respectait le point de vue des manifestants de la place Tahrir, mais a ajouté qu'ils ne représentaient pas, selon lui, l'opinion de l'ensemble de la population égyptienne. Il a également indiqué que l'armée espérait former un nouveau gouvernement avant le début de l'élection, après avoir accepté la démission du Premier ministre Essam Charaf.

Le chef de la commission électorale, Abdel Moez Ibrahim, a précisé pour sa part que les expatriés égyptiens étaient habilités à voter depuis mercredi dans les ambassades à l'étranger.

 

Le regain des violences fait craindre enfin une dégradation de la situation économique. A quelques rues de la place Tahrir, des Égyptiens continuent d'aller au travail mais s'inquiètent de voir la contestation aggraver une situation déjà préoccupante. La livre égyptienne a baissé à un taux de six pour un dollar, pour la première fois depuis janvier 2005, et l'agence de notation Standard & Poor's a dégradé la note souveraine à long terme du pays de B+ à BB-.

Kamal el-Ganzouri, ancien Premier ministre, a été chargé, jeudi, par l'armée au pouvoir de former un gouvernement en Égypte, après plusieurs jours de manifestations et d'affrontements, ont annoncé des télévisions privées égyptiennes. M. el-Ganzouri, septuagénaire, a été de 1996 à 1999, Premier ministre sous Hosni Moubarak, chassé le 11 février par une révolte populaire. Il s'était toutefois démarqué du président déchu après le soulèvement populaire du début de l'année lors d'une interview, après avoir été absent pendant 11 ans des médias.
L'armée avait accepté mardi la démission du gouvernement du Premier ministre Essam Charaf, nommé par le conseil militaire en mars pour gérer les affaires courantes.
Le conseil militaire au pouvoir avait convenu mardi avec différentes formations politiques de la...
commentaires (1)

On tue les gens puis on s'excuse.Le peuple égyptien va un jour probablement regretter Moubarak Nazira.A.S abbagha

Sabbagha Antoine

09 h 01, le 24 novembre 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • On tue les gens puis on s'excuse.Le peuple égyptien va un jour probablement regretter Moubarak Nazira.A.S abbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 01, le 24 novembre 2011

Retour en haut