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À La Une - Yémen

Saleh signe à Riyad l’accord de transfert du pouvoir

« Pas d’immunité pour les tueurs », assènent les protestataires : manifestation monstre à Sanaa aujourd’hui.
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a signé hier soir à Riyad un accord avec l’opposition parlementaire pour le transfert pacifique du pouvoir.
La cérémonie de signature du plan élaboré par les monarchies arabes du Golfe s’est déroulée en présence du roi d’Arabie saoudite Abdallah ben Abdel Aziz et des ministres des Affaires étrangères de ces monarchies. Des représentants du parti au pouvoir au Yémen et des partis de l’opposition ont ensuite signé un mécanisme d’application.
Aux termes de l’accord, M. Saleh doit remettre le pouvoir pour une période intérimaire à son vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi, un homme de consensus, en échange de l’immunité pour lui-même et ses proches, son fils aîné et ses proches contrôlant les principaux organes de la sécurité. M. Hadi devra alors procéder à la formation d’un gouvernement d’union avec l’opposition, qui sera chargé de superviser un dialogue national et d’élaborer une nouvelle Constitution.
Mais M. Saleh demeurera président à titre honorifique pendant une période de 90 jours, au cours de laquelle il ne pourra pas contester les décisions de son successeur. À l’issue de ce délai, M. Hadi sera désigné président pour une période intérimaire de deux ans, au terme de laquelle des élections législatives et présidentielle seront organisées.
Le roi Abdallah d’Arabie a annoncé l’ouverture « d’une nouvelle page » dans l’histoire du Yémen, seule République de la péninsule arabique et l’un des pays arabes les plus pauvres. M. Saleh s’est pour sa part engagé à « un véritable partenariat (...) avec l’opposition pour gérer les affaires du pays et reconstruire ce qui a été détruit » par dix mois de troubles. Rappelons qu’il refusait jusqu’à présent de parapher ce plan de sortie de crise signé en avril par l’opposition, et s’était rétracté à plusieurs reprises à la dernière minute. S’il quitte effectivement le pouvoir, il sera le quatrième chef d’État arabe à être emporté par la contestation de la rue depuis le début du printemps arabe il y a près d’un an, après ses pairs tunisien, égyptien et libyen. Il sera néanmoins le premier à le faire en vertu d’un accord négocié.
Mais les jeunes contestataires qui campent depuis neuf mois à Sanaa pour réclamer le départ du président ont rejeté cet accord, réclamant la traduction en justice du chef de l’État. « Le comité d’organisation des jeunes de la révolution pacifique appelle à une manifestation monstre jeudi (aujourd’hui) pour refuser » l’accord, « qui ne nous concerne pas », a déclaré Walid al-
Ammari, porte-parole des contestataires. « Pas d’immunité pour le tueur », répétaient hier soir les manifestants massés sur la place du Changement à Sanaa.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants sont demeurés terrés chez eux après la signature, de crainte de nouvelles violences. Rappelons que des combats avaient opposé sans faire de victimes à Sanaa les forces du président Saleh aux hommes d’un puissant chef tribal rallié à la contestation, peu après le départ du président pour la capitale saoudienne hier matin. La répression de la révolte populaire et les affrontements entre troupes rivales ont fait des centaines de morts depuis janvier.
Du côté des Occidentaux, Barack Obama a appelé à appliquer « immédiatement » l’accord, une « étape importante » pour les habitants du pays. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a indiqué que « l’accord est seulement un commencement, mais c’est un commencement très important », appelant « tous les groupes politiques à soutenir l’application de l’accord avec bonne volonté », car « il doit servir de fondations à un processus de réconciliation qui concerne tous les Yéménites et ouvre la voie à une transition démocratique pacifique ». Berlin et Paris ont également salué la décision de M. Saleh.
Signalons enfin que ce dernier a reçu un appel du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui l’a « remercié pour avoir répondu positivement aux efforts de l’ONU et à la résolution 2014 », adoptée le 21 octobre et soutenant le plan du CCG, selon l’agence officielle SABA. Il se rendra à New York pour y subir des soins médicaux, a affirmé hier le secrétaire général de l’ONU.
(Source : AFP)
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a signé hier soir à Riyad un accord avec l’opposition parlementaire pour le transfert pacifique du pouvoir.La cérémonie de signature du plan élaboré par les monarchies arabes du Golfe s’est déroulée en présence du roi d’Arabie saoudite Abdallah ben Abdel Aziz et des ministres des Affaires étrangères de ces monarchies. Des représentants du parti au pouvoir au Yémen et des partis de l’opposition ont ensuite signé un mécanisme d’application.Aux termes de l’accord, M. Saleh doit remettre le pouvoir pour une période intérimaire à son vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi, un homme de consensus, en échange de l’immunité pour lui-même et ses proches, son fils aîné et ses proches contrôlant les principaux organes de la sécurité. M. Hadi devra alors procéder à...
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