Rechercher
Rechercher

À La Une - Syrie

Paris reconnaît le Conseil national syrien comme "interlocuteur légitime"

Le CNS appelle les déserteurs à ne pas attaquer l'armée.

Soulignant la nécessité que le CNS soit "inclusif", c'est à dire regroupe le maximum de tendances, Juppé a ajouté qu'une reconnaissance formelle viendrait plus tard.

Nouveau gain de cause pour l’opposition syrienne. La France a reconnu mercredi le Conseil national syrien (CNS), regroupant la majorité des courants de l'opposition en Syrie comme un "'interlocuteur légitime". "Le Conseil national syrien est l'interlocuteur légitime avec lequel nous allons continuer à travailler", a déclaré mercredi, à Paris, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, lors d'une conférence de presse organisée après une rencontre avec le dirigeant du CNS Burhan Ghalioun. Soulignant la nécessité que le CNS soit "inclusif", c'est à dire regroupe le maximum de tendances, le ministre a ajouté qu'une reconnaissance formelle viendrait plus tard. "Nous travaillons sur la reconnaissance plus formelle avec la Ligue arabe et l'ensemble de nos alliés", a-t-il ajouté.

Juppé a par ailleurs évoquer la possibilité d'établir des "corridors humanitaires" en Syrie. "Les corridors humanitaires, c'est un point que nous avons examiné et je demanderai à la prochaine réunion du conseil des ministres européens de mettre ce point à l'ordre du jour", a-t-il indiqué.

 

De son côté, M. Ghalioun a appelé à une "meilleure coordination internationale face à un régime qui va vers la fuite en avant". "Dans aucun pays l'opposition n'est unifiée, y compris en France. Nous cherchons une plateforme commune", a poursuivi cet opposant historique basé en France qui avait déjà rencontré M. Juppé le 10 octobre. "Nous avons discuté de notre feuille de route vers une transition démocratique et pacifique (pour) éviter à la Syrie la guerre civile et l'intervention militaire que tout le monde veut éviter", a-t-il ajouté.

 

Dans ce sens, M. Ghalioun a appelé l'Armée syrienne libre (ASL) à ne pas mener "d'actions offensives contre" l'armée régulière. "Nous souhaitons que cette Armée agisse dans les missions défensives pour protéger les soldats qui ont quitté l'armée et des manifestations pacifiques. Mais pas d'actes, d'actions offensives contre les positions de l'armée régulière", a-t-il déclaré.

 

L'Armée syrienne libre compterait des milliers de soldats ayant fait défection pour se joindre à la révolte contre le régime du président syrien Bachar al-Assad. Dirigée par un colonel déserteur réfugié en Turquie, Riad al-Assad, l'ASL a intensifié ses opérations contre l'armée régulière revendiquant une récente attaque contre un centre des services secrets près de Damas.

 

Par ailleurs, le régime syrien continue à faire l’objet de condamnations. Encore une condamnation turque aujourd’hui. "Malheureusement la Syrie est arrivée à un point de non-retour", a déclaré le président turc Abdullah Gül dans un discours à Londres où il est en visite d'Etat. Le régime syrien "continue à utiliser la répression et la violence contre son propre peuple. La violence engendre la violence", a poursuivi M. Gül, qui a également souligné que "le sort de la Syrie est important pour la région tout entière". "Si cette lutte démocratique se définit sur des critères d'appartenance religieuse et ethnique, cela mènera toute la région au chaos et au bain de sang", a-t-il mis en garde. "Non seulement pour la Syrie mais aussi pour toute la région, nous avons la responsabilité de défendre l'intégrité territoriale et l'unité politique de tous les pays à tout prix", a-t-il également exhorté.

 

La Turquie a adopté une position de fermeté contre son voisin et ancien allié. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a exhorté mardi le président syrien Bachar al-Assad à quitter le pouvoir pour éviter "davantage d'effusion de sang" dans le pays.

 

Mais aujourd'hui, l’effusion de sang s’est poursuivie. Quatre personnes ont été tuées sous les balles des forces de sécurité, à la veille de la réunion de la Ligue arabe qui devrait prendre des sanctions économiques contre la Syrie en raison de la poursuite de la répression. Les ministres arabes des Affaires étrangères examineront jeudi au Caire la situation en Syrie sous la présidence du Qatar, l'un des cinq pays membres du groupe chargé de ce dossier aux côtés de l'Algérie, l'Egypte, le Soudan et Oman. L'ultimatum de la Ligue pressant Damas de cesser la répression a pris fin samedi dernier à minuit, exposant désormais la Syrie à des sanctions économiques arabes.

 

A New-York, la commission des droits de l'Homme de l'Assemblée générale des Nations unies a adopté mardi une résolution condamnant la répression sanglante des manifestations en Syrie, les pays européens espérant que le Conseil de sécurité lui emboîtera le pas. La résolution, adoptée à une large majorité de 122 votes pour, 13 contre et 41 abstentions --dont celles notables de la Russie et de la Chine--, condamne les "exécutions arbitraires et l'usage excessif de la force" contre les manifestants qui réclament le départ du président Bachar al-Assad. Elle appelle les "autorités syriennes à cesser immédiatement toutes les violations des droits de l'Homme" de même que la "persécution" des manifestants et condamne "le meurtre de manifestants et de défenseurs des droits de l'Homme".

 

La Chine, traditionnel soutien du régime de Damas, a qualifié cette résolution de "contre-productive". La Chine est fournisseur de premier plan de la Syrie dans le secteur militaire.

 

A Damas, une ONG syrienne a par ailleurs annoncé mercredi qu'elle allait poursuivre en justice le ministre de l'Intérieur pour violation de la loi fixant la durée de détention préventive à un maximum de 60 jours alors que de nombreuses personnes sont incarcérées depuis plus de cinq mois. "Nous allons intenter un procès aux ministres de l'Intérieur et de la Justice pour chaque cas où est dépassée la durée légale de détention préventive, pour les cas de torture et au nom des parents qui n'ont pas de nouvelles de leurs enfants", a affirmé dans un communiqué Anwar al-Bounni, président du Centre d'études et de recherches juridiques basé à Damas.

Nouveau gain de cause pour l’opposition syrienne. La France a reconnu mercredi le Conseil national syrien (CNS), regroupant la majorité des courants de l'opposition en Syrie comme un "'interlocuteur légitime". "Le Conseil national syrien est l'interlocuteur légitime avec lequel nous allons continuer à travailler", a déclaré mercredi, à Paris, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, lors d'une conférence de presse organisée après une rencontre avec le dirigeant du CNS Burhan Ghalioun. Soulignant la nécessité que le CNS soit "inclusif", c'est à dire regroupe le maximum de tendances, le ministre a ajouté qu'une reconnaissance formelle viendrait plus tard. "Nous travaillons sur la reconnaissance plus formelle avec la Ligue arabe et l'ensemble de nos alliés", a-t-il ajouté.
Juppé a par ailleurs...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut