"Je suis né au cœur de Bab Souika - quartier populaire du vieux Tunis - dans une famille militante aux moyens modestes". Fethi BELAID/
Mustapha Ben Jaafar, élu mardi président de l'Assemblée constituante chargée de rédiger la nouvelle Constitution tunisienne, est un militant de gauche intransigeant sur les principes mais pragmatique au point de s'allier à un partenaire islamiste aux antipodes.
Élu mardi par 145 voix contre 68 à la candidate Maya Jribi, dirigeante du PDP (centre gauche), M. Ben Jaafar a promis qu'il resterait "fidèle" aux objectifs de la révolution, et s'est dit "fier" et "confiant" dans l'avenir de son pays.
Le parti Ettakatol (Forum) qu'il a fondé en 1994 a réalisé le troisième score à l'élection de l'Assemblée constituante, avec 20 sièges (contre 89 à Ennahda et 29 au CPR).
"Le cliché "main d'acier, gant de velours" lui colle parfaitement", selon l'expression de l'un de ses proches le décrivant comme "un démocrate et opposant résolu, qui à 71 ans, n'a jamais cédé d'un pouce sur ses principes" durant les 23 ans de règne de l'ancien président Ben Ali. "Manière polie et phrases assassines, il peut vouer ses adversaires aux gémonies, on l'a vu faire sous Ben Ali", note un diplomate en poste depuis plusieurs années à Tunis.
Né le 9 décembre 1940, ce Tunisois pure souche, lunettes fines, toujours rasé de près, se défend d'être "élitiste" et s'insurge contre les critiques qui l'accusent d'être "loin du peuple" dans sa résidence en banlieue bourgeoise. "Je suis né au cœur de Bab Souika - quartier populaire du vieux Tunis - dans une famille militante aux moyens modestes", répond l'homme, orphelin à cinq ans.
Il assurait récemment dans un entretien à l'AFP que son parti recrutait dans toutes les couches de la société, y compris les plus populaires.
Ses détracteurs lui reprochent cependant un "manque de punch" et certains taxent son parti de "Hizb França" (parti de la France) pour ses relations privilégiées avec le Parti Socialiste au sein de l'Internationale socialiste.
Sans complexe, il rend volontiers hommage au PS et aux ONG françaises des droits de l'Homme pour leur "solidarité" durant les années de répression sous Ben Ali. Tout en affirmant son ancrage patriotique et sa culture arabo-musulmane.
Son "frère ennemi" Ahmed Nejib Chebbi l'accuse de cultiver "l'ambiguïté" vis-à-vis d'Ennahda et certains l'ont soupçonné d'être "prêt à tout" pour obtenir un poste de responsabilité.
La désignation de M. Ben Jaafar à la tête de la Constituante est "un bon choix, l'homme dispose d'une grande souplesse et d'un esprit de consensus nécessaires à l'Assemblée", déclare à l'AFP le politologue Slaheddine Jourchi. M. Ben Jaafar "fait partie de cette génération d'opposants historiques âgés qui a compris qu'il leur faudrait bientôt s'effacer et qui souhaite entrer dans l'histoire de la Tunisie", selon une source diplomatique.
Médecin radiologue et syndicaliste, Ben Jaffar a étudié en France avant de regagner son pays en 1975 marié depuis à une Française, il a quatre enfants.
Il a fait ses armes politiques à la fin des années 50 au parti du président Habib Bourguiba, avant de rompre avec lui 20 ans plus tard pour rejoindre le Mouvement des démocrates socialistes, qu'il quittera pour fonder Ettakatol. Son parti ne sera légalisé qu'en 2002, ce qui lui permet de postuler "sans illusion" à la présidence face à Ben Ali en 2009.
M. Ben Jaafar a été un dirigeant actif dans les associations des droits de l'Homme et son parti séduit les militantes féministes laïques.
"On va vite vérifier s'il transige sur les fondamentaux: la nature du régime, le statut de la femme. Je n'ose pas le penser. Il est profondément démocrate", estimait récemment un responsable du PS français, Pouria Amirshahi.
Élu mardi par 145 voix contre 68 à la candidate Maya Jribi, dirigeante du PDP (centre gauche), M. Ben Jaafar a promis qu'il resterait "fidèle" aux objectifs de la révolution, et s'est dit "fier" et "confiant" dans l'avenir de son pays.
Le parti Ettakatol (Forum) qu'il a fondé en 1994 a réalisé le troisième score à l'élection de l'Assemblée constituante, avec 20 sièges (contre 89 à Ennahda et 29 au CPR).
"Le cliché "main d'acier, gant de velours" lui colle parfaitement", selon l'expression de l'un de ses proches le décrivant comme "un démocrate et opposant...



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Ettakatol,çà veut dire forum???
05 h 19, le 23 novembre 2011