Rechercher
Rechercher

À La Une - Transition

Signes de dissidence en Libye après l'annonce du gouvernement

Des régions estiment avoir été marginalisées.

Le Premier ministre libyen, Abdel Rahim al-Kib, annonce, lors d'une conférence de presse, la formation d'un nouveau gouvernement. Mahmud TURKIA/

A peine formé, le nouveau gouvernement d'Abdel Rahim al-Kib, s'est trouvé au centre de critiques de différentes régions libyennes qui estiment avoir été marginalisées.

 

Dans un communiqué, les Amazighs (berbères) ont dénoncé leur "marginalisation", estimant avoir été exclus des ministères importants et que leur représentativité dans le gouvernement "ne correspondait pas à leur présence" et leur contribution à la révolution libyenne. Le Congrès amazigh libyen a ainsi appelé les Libyens et les Amazighs en particulier à manifester et à geler provisoirement leur coopération avec le Conseil national de transition (CNT) et le gouvernement de transition.

 

A Benghazi, la ville de l'est d'où est partie la révolte contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi, quelques dizaines de manifestants ont également exprimé leur rejet du nouveau gouvernement, estimant que cette ville n'était pas assez représentée. Avis partagé par des représentants des régions du sud désertique.

"Je peux rassurer tout le monde : toute la Libye est (représentée) dans le gouvernement", avait pourtant déclaré M. Kib à la presse à Tripoli à l'issue de l'annonce de son gouvernement.

 

Au moins deux importants ministères ont été réservés aux ex-rebelles ayant combattu le régime de Kadhafi : Oussama Jouili, un commandant ex-rebelle de la ville de Zenten, a été nommé à la Défense, tandis que le ministère de l'Intérieur a été confié à Faouzi Abdelal, de la ville de Misrata.

Les "thowars", pour la plupart des civils ayant pris les armes pour combattre les forces de l'ancien régime, avaient mis la pression sur le nouveau Premier ministre, pour obtenir leur part dans le gouvernement. Et ce alors que M. Kib avait affirmé après sa nomination il y a deux semaines, qu'il allait former un gouvernement de technocrates.

 

L'opposition en exil a eu sa part aussi dans le nouveau gouvernement. Ainsi, Achour ben Khayal, ancien ambassadeur sous le régime de Kadhafi, avant de rallier l'opposition dans les années 2000, devient ministre des Affaires étrangères. Le portefeuille crucial du Pétrole et de Gaz est revenu à Abdelrahmane ben Yazza, un responsable de la compagnie pétrolière italienne ENI.

 

Le nouveau gouvernement compte seulement deux femmes ministres : Mabrouka al-Chérif Jibril aux Affaires sociales et Fatma Al-Hamrouch à la Santé.

 

En revanche, il n'y a aucun signe de dissidence de la part des islamistes, qui n'ont reçu aucun poste de première importance dans le nouveau cabinet appelé à gouverner le pays dans l'attente d'élections prévues dans un délai de huit mois.

 

 

 

La justice libyenne a la "primauté" pour juger Seif al-Islam

 

L'annonce du nouveau gouvernement mardi a coïncidé avec la visite du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, à qui Tripoli a confirmé son intention de juger en Libye Seif al-Islam Kadhafi, le fils du dirigeant déchu arrêté dans la nuit de vendredi à samedi.

"La primauté est au système national. S'ils (les Libyens) veulent (juger Seif al-Islam), nous ne sommes pas en compétition avec eux. Nous le ferons quand ils ne sont pas en mesure de le faire", a déclaré, aujourd’hui, le procureur de la CPI lors d’une conférence de presse à Tripoli. "Dès qu'ils peuvent le faire, nous arrêtons. C'est le système. Et c'est ce que nous discutons ici" en Libye, a-t-il ajouté. "Du moment que les autorités libyennes mènent les bonnes investigations et qu'elles les présentent aux juges de la CPI, la règle dit qu'elles peuvent le faire".

M. Ocampo a précisé que la CPI n'avait pas à surveiller le déroulement du procès. "Nous ne sommes pas un organisme pour vérifier l'équité des procès", a-t-il ajouté, précisant que la mission de la CPI était de s'assurer qu'aucune impunité ne soit permise. L'ancien ministre de la Justice du Conseil national de transition (CNT), Mohamed Allagui, a déclaré de son côté qu'un "accord de coopération" devrait être signé prochainement entre la CPI et le CNT pour fixer les modalités du transfert de son dossier. M. Allagui a assuré par ailleurs que "toutes les garanties et les conditions sont réunies en Libye pour un procès équitable" au fils de Kadhafi.

 

 

 

A peine formé, le nouveau gouvernement d'Abdel Rahim al-Kib, s'est trouvé au centre de critiques de différentes régions libyennes qui estiment avoir été marginalisées.
 
Dans un communiqué, les Amazighs (berbères) ont dénoncé leur "marginalisation", estimant avoir été exclus des ministères importants et que leur représentativité dans le gouvernement "ne correspondait pas à leur présence" et leur contribution à la révolution libyenne. Le Congrès amazigh libyen a ainsi appelé les Libyens et les Amazighs en particulier à manifester et à geler provisoirement leur coopération avec le Conseil national de transition (CNT) et le gouvernement de transition.
 
A Benghazi, la ville de l'est d'où est partie la révolte contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi, quelques dizaines de manifestants ont également exprimé...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut