Des Syriens installés en Turquie manifestent contre le régime de Bachar el-Assad, vendredi 18 novembre, devant le consulat syrien à Istanbul. Osman Orsal/Reuters
"Nous pensons que le régime n'a pas voulu s'engager dans un programme de réformes et qu'il est maintenant trop tard", a déclaré aujourd’hui le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, au terme d'un entretien au Parlement turc, à Ankara, avec le président de la commission des Affaires étrangères, Volkan Bozkir. "Je pense que le moment est venu maintenant d'unir nos efforts pour accentuer les sanctions", a ajouté M. Juppé.
Arrivé jeudi à Istanbul pour une visite de deux jours consacrée essentiellement à la Syrie, M. Juppé s'est entretenu dans cette métropole avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et son homologue Ahmet Davutoglu.
Le responsable français a aussi affirmé qu'"une guerre civile serait la catastrophe" et a appelé l'opposition syrienne à éviter "le recours à l'insurrection armée".
Des affrontements sont de plus en plus souvent signalés entre soldats insoumis de l'armée syrienne et forces régulières dans différentes parties de la Syrie. Pour la première fois depuis le début de la contestation en Syrie, un centre des services de renseignements aériens, situé à l'entrée de Damas, a été attaqué mercredi à l'aube à la roquette par des soldats dissidents dont le chef, le colonel Riad al-Assad, est réfugié en Turquie. L'Armée syrienne libre, qui a revendiqué cette attaque, compte des milliers de soldats ayant fait défection pour se joindre à la révolte. Hier, des déserteurs ont tiré des roquettes RPG sur un siège du parti au pouvoir à Idleb (nord-ouest), selon des ONG syriennes.
Des déserteurs de l'armée syrienne "se manifestent ces derniers temps, et de ce fait il y a un risque d'évolution vers la guerre civile", a reconnu, de son côté, Ahmet Davutoglu. Jusqu'à présent, "il est difficile de parler de guerre civile, parce que dans une guerre civile, il y a deux parties qui se battent. Et dans le cas présent, ce sont la plupart du temps des civils qui sont attaqués par les forces de sécurité. Mais il y a toujours le danger que cela se transforme en guerre civile", a-t-il ajouté.
"La question la plus essentielle à l'heure actuelle est d'accentuer les pressions sur la Syrie, pour que l'effusion de sang s'arrête", a-t-il encore dit.
Interrogé sur la question de savoir si la Turquie envisageait de créer une zone tampon ou d'imposer une zone d'exclusion aérienne sur la frontière qu'elle partage avec la Syrie, M. Davutoglu a dit qu'une telle mesure n'était pas pour l'instant d'actualité, ajoutant toutefois que "des mesures" pourraient être adoptées à l'avenir.
Interrogé sur le même point, M. Juppé a répondu : "C'est à la Turquie d'en décider. Nous pensons que c'est dans le cadre d'une action internationale que cela doit se faire", ajoutant que le Conseil de sécurité de l'ONU était la seule instance habilitée à imposer des mesures contraignantes.
Le chef de la diplomatie turque a également indiqué que son pays va aider le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l'opposition syrienne, à se développer en Syrie et au niveau international. Il a précisé que la Turquie reconnaît le CNS "en tant que parti politique" et en tant qu'interlocuteur dans la crise syrienne.
Face à ces pressions qui ne cessent de s’accroître et un ultimatum adressé par la Ligue arabe, le régime de Bachar al-Assad a persisté jeudi dans la répression meurtrière de la contestation en Syrie. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée syrienne a bombardé deux villages du nord du pays, ont rapporté des militants de l'opposition.
Damas peut toutefois encore compter sur le soutien de Moscou qui a dénoncé le recours à la violence par l'opposition. "Bien sûr que si l'opposition a recours à de telles méthodes, cela conduira (...) à une véritable guerre civile", a lancé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, interrogé sur les attaques des soldats insoumis de plus en plus audacieuses. Lavrov qui a de nouveau rejeté toute ingérence étrangère en Syrie.
La Russie a ainsi creusé davantage le fossé avec l'Europe et les Etats-Unis sur le dossier syrien. Les Etats-Unis ont contesté "l'évaluation erronée" de M. Lavrov, refusant de parler de guerre civile et rappelant la "campagne de répression (...) contre des manifestants innocents" menée par le régime.
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a aussi insisté sur la responsabilité du régime dans les violences en répétant qu'il était "temps pour le président Assad de démissionner".
Comme chaque semaine, les opposants au régime ont appelé à une nouvelle journée de manifestations aujourd’hui vendredi, intitulée "Vendredi de l'expulsion des ambassadeurs", en référence aux responsables du gouvernement qu'ils qualifient d'"ambassadeurs du crime" et au fait que des partisans du président Bachar al-Assad ont multiplié les violences contre des ambassades ces derniers jours.
Un appel entendu à Homs (centre), haut lieu de la contestation, à Deraa (sud), où est née la révolte populaire le 15 mars, à Idleb (nord-ouest), Deir Ezzor (est), et dans la région de Damas, notamment à Harasta. En face, les forces de sécurité ont tiré, faisant au moins quatre morts, dont un enfant, et une vingtaine de blessés, ont rapporté des militants syriens. De son côté la télévision d'Etat syrienne a affirmé que trois membres des forces de sécurité syriennes ont été tués dans une attaque à la bombe dans la ville de Hama (centre).
Arrivé jeudi à Istanbul pour une visite de deux jours consacrée essentiellement à la Syrie, M. Juppé s'est entretenu dans cette métropole avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et son homologue Ahmet Davutoglu.
Le responsable français a aussi affirmé qu'"une guerre civile serait la catastrophe" et a appelé l'opposition syrienne à éviter "le recours à l'insurrection armée".
Des...



- - Elles sont belles ces Syriennes " voilées " qui manifestent en Turquie , et qui représentent le visage de la Syrie Laïque , démocratique , et modérée de demain , celle d'après ASSAD ! Quelle belle carte joue l'occident !
07 h 49, le 18 novembre 2011