Rechercher
Rechercher

À La Une - Répression

La Ligue arabe suspend l'adhésion de la Syrie

L'opposition appelée à se retrouver au Caire sous trois jours pour convenir d'un projet de "transition".

L'ambassadeur de Syrie auprès de la Ligue arabe, Youssef Ahmed. Khaled DESOUKI/

La Ligue arabe a annoncé samedi la suspension de la Syrie et menacé Damas de sanctions, un camouflet sévère pour le régime de Bachar el-Assad motivé par son refus de mettre en oeuvre comme promis le plan de sortie de crise élaboré par l'institution panarabe.
La Ligue a décidé de "suspendre la participation des délégations syriennes aux travaux" de l'organisation, une mesure qui prendra effet mercredi, selon un communiqué lu par le chef de la diplomatie du Qatar, Hamad ben Jassem al-Thani, à l'issue d'une réunion ministérielle au siège de l'institution au Caire.
Il a également appelé au retrait des ambassadeurs arabes à Damas, tout en précisant que la décision finale relevait de la souveraineté de chaque Etat membre.

La Ligue prône également des "sanctions politiques et économiques" contre le pouvoir syrien s'il continue à ignorer le plan de règlement arabe, a-t-il dit, sans donner plus de précisions sur ces mesures.


Cette décision est "illégale et contraire au traité" de l'organisation panarabe, a aussitôt répliqué l'ambassadeur syrien auprès de la Ligue arabe Youssef Ahmad, dans des déclarations citées par les médias syriens. C'est une décision qui "met fin à l'action arabe commune et prouve que l'administration (de la Ligue) suit un programme édicté par les Américains et les Occidentaux", a affirmé M. Ahmad.
Il a assuré devant des journalistes au Caire que Damas "mettait en oeuvre tous les points" du plan arabe de sortie de crise et allait continuer de le faire.
La Syrie avait accepté il y a dix jours le plan de la Ligue sans pour autant l'appliquer.
La Ligue arabe "tente de provoquer une intervention étrangère en Syrie, comme ce fut le cas en Libye", a ajouté le diplomate. La décision de l'institution panarabe "ne vaut même pas l'encre avec laquelle elle est écrite" et a été prise "sous les ordres des Etats-Unis", a estimé M. Ahmad.


La suspension de l'adhésion de la Syrie à la Ligue arabe était l'une des revendications principales de l'opposition syrienne dont les différents courants se sont succédés au siège de l'organisation ces derniers jours.
Dix-huit des 22 membres de la Ligue ont également voté en faveur d'un appel à tous les courants de l'opposition à "se mettre d'accord sur un projet unique pour la gestion de la transition prochaine en Syrie", a ajouté le responsable qatari devant la presse. Il a précisé que la Ligue arabe souhaitait rencontrer à ce sujet tous les courants de l'opposition syrienne sous trois jours au Caire.

 

Avant la Syrie, la Libye, également touchée par la vague des révoltes du "Printemps arabe", avait été suspendue le 22 février des travaux de la Ligue.

 

 

Des décisions saluées par la communauté internationale

 

 

Les Occidentaux ont salué samedi l'isolement "croissant" de la Syrie après la suspension du pays de la Ligue arabe.
"J'applaudis les importantes décisions prises par la Ligue arabe aujourd'hui (samedi)", a réagi le président américain Barack Obama dans un communiqué, saluant une "étape importante" qui "démontre l'isolement diplomatique croissant" du régime de Bachar el-Assad. "Les Etats-Unis se joignent à la Ligue arabe dans son soutien au peuple syrien, qui continue à réclamer le respect de ses droits universels face à la violence inhumaine du régime", a poursuivi le président américain.


La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a de son côté salué un "geste fort et historique", soulignant que la décision de la Ligue arabe montrait que la "pression internationale continuerait à s'accroître jusqu'à ce le régime brutal d'Assad entende les demandes de son propre peuple et de la communauté internationale".


Même son de cloche de l'autre côté de l'Atlantique, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton déclarant que l'UE soutenait "pleinement" les décisions des pays arabes, qui montrent "l'isolement croissant du régime syrien", selon une déclaration à l'AFP de son porte-parole.


"La France salue les mesures fortes prises aujourd'hui par la Ligue arabe à l'encontre du régime syrien", a de son côté déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.  "La France appelle la communauté internationale à entendre le message qui lui est adressé par les Etats arabes, à prendre ses responsabilités et à agir en conséquence sans plus tarder, notamment dans toutes les instances internationales appropriées", a précisé le ministre, dans une allusion à peine voilée au Conseil de sécurité de l'ONU.
Paris essaie depuis des mois d'y obtenir une ferme condamnation de la Syrie. La Russie et la Chine, membres permanents dotés d'un droit de veto, soutenus par plusieurs pays émergents siégeant au Conseil, s'y sont jusqu'à présent opposés. Moscou et Pékin n'avaient pas réagi au vote de la Ligue arabe samedi en début de soirée.


Londres s'est également félicité de la "fermeté" de la Ligue arabe, une décision qui illustre "la frustration de ses membres face à l'intransigeance du président Assad". Cette suspension "démontre la frustration qu'éprouvent les membres de la Ligue arabe face à l'intransigeance du président Assad", a souligné le chef de la diplomatie britannique William Hague dans un communiqué.

 

Violente réaction des pro-Assad



Sur le terrain, la répression de la révolte populaire sans précédent, qui a fait selon l'ONU plus de 3.500 morts depuis la mi-mars, n'a pas baissé d'intensité.  Six civils et neuf agents de sécurité ont été tués samedi dans le cadre d'opérations de répression et d'affrontements, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
A Damas, des dizaines d'agents de sécurité portant des mitrailleuses se sont déployés dans le quartier de Barzé, théâtre d'opérations sécuritaires depuis plusieurs jours. A Saqba, dans la province de Damas, 14 personnes ont été arrêtées.
Et dans la région de Deraa (sud), des agents de sécurité ont arrêté trois membres de la famille du militant Jamal Saleh al-Khalaf, afin de forcer ce dernier à se livrer aux autorités, selon l'OSDH.

Par ailleurs, des manifestations pro-régime ont eu lieu samedi en Syrie, notamment devant l'ambassade du Qatar à Damas, ainsi qu'à Tartous (ouest) et Alep (nord), pour dénoncer la suspension du pays par la Ligue arabe.
A Damas, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade du Qatar, agitant des drapeaux syriens et des photos de Bachar el-Assad, en scandant des slogans favorables au président syrien, a constaté un photographe de l'AFP. Certains d'entre eux ont ouvert de force la grille de l'ambassade et sont montés sur le toit, enlevant le drapeau du Qatar pour le remplacer par le drapeau syrien, selon la même source.
Des gaz lacrymogènes ont été tirés par le service de sécurité de l'ambassade.

 

Des manifestants pro-Assad ont, par ailleurs, attaqué et mis à sac samedi l'ambassade d'Arabie saoudite à Damas, a rapporté l'agence officielle saoudienne Spa. "En soirée, plusieurs manifestants se sont introduits dans les locaux de la chancellerie, détruisant ses fenêtres et saccageant ce qu'il y avait à l'intérieur", a indiqué l'agence dans une dépêche datée de Damas.


Parallèlement, le patriarche orthodoxe russe Kirill est arrivé à Damas pour une visite de quatre jours en Syrie et au Liban au cours de laquelle il doit rencontrer le président Assad.

La Ligue arabe a annoncé samedi la suspension de la Syrie et menacé Damas de sanctions, un camouflet sévère pour le régime de Bachar el-Assad motivé par son refus de mettre en oeuvre comme promis le plan de sortie de crise élaboré par l'institution panarabe. La Ligue a décidé de "suspendre la participation des délégations syriennes aux travaux" de l'organisation, une mesure qui prendra effet mercredi, selon un communiqué lu par le chef de la diplomatie du Qatar, Hamad ben Jassem al-Thani, à l'issue d'une réunion ministérielle au siège de l'institution au Caire. Il a également appelé au retrait des ambassadeurs arabes à Damas, tout en précisant que la décision finale relevait de la souveraineté de chaque Etat membre.
La Ligue prône également des "sanctions politiques et économiques" contre le pouvoir syrien s'il...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut