L'ex-commissaire européen Mario Monti, pressenti pour prendre la succession de Silvio Berlusconi. Andreas Solaro/AFP
Le Sénat italien a adopté vendredi un plan anti-crise promis à l'Union européenne dans le but de rassurer les marchés avant le départ de Silvio Berlusconi.
Le vote en Italie s'est passé sans accroc comme l'avait demandé le président italien Giorgio Napolitano aux sénateurs. Ceux-ci ont applaudi l'arrivée en leur sein de l'ex-commissaire européen Mario Monti pressenti pour succéder au Cavaliere et nommé mercredi comme sénateur à vie.
Les marchés continuaient de parier sur la désignation rapide de "Super Mario" à la tête d'un gouvernement de transition sans doute dès dimanche, par le président de la République Giorgio Napolitano, après la démission de M. Berlusconi attendue samedi. Optimiste, la Bourse de Milan prenait plus de 3% en milieu d'après-midi tandis que les taux obligataires italiens redescendaient autour de 6,5%, sous le seuil psychologique des 7%, qu'ils avaient largement dépassé au pic de la crise de confiance dans l'Italie.
Le président français Nicolas Sarkozy a estimé qu'il fallait rapidement "remettre sur les rails la Grèce et l'Italie", ajoutant que c'est "ce qui est en train de se passer".
A Athènes, un nouveau gouvernement a prêté serment sous la houlette de l'ex-banquier central Lucas Papademos. Des membres de l'extrême droite participent au nouvel exécutif pour la première fois depuis le retour de la démocratie et la chute des colonels en 1974.
Le ministre des Finances Evangélos Vénizelos, socialiste de 54 ans, conserve son poste ainsi que la fonction de vice-Premier ministre. Il a joué un rôle clé ces derniers mois lors de l'aggravation de la crise grecque.
La chancelière allemande Angela Merkel a assuré vendredi le nouveau Premier ministre grec que l'Allemagne "soutiendra" la Grèce dans ses efforts pour sortir de la crise.
Maintenant que la situation politique grecque est stabilisée, le chef du fonds de secours de la zone euro, Klaus Regling, a appelé Rome à se dépêcher de former "un gouvernement capable de fonctionner", dans un entretien à des journaux européens.
M. Monti, déjà reçu pendant deux heures la veille, a revu vendredi le président Napolitano, devenu le "deus ex machina" de la politique italienne, pour discuter de l'exécutif de transition qui pourrait prendre ses fonctions dès lundi matin.
M. Napolitano privilégie, selon les médias, un gouvernement "de large entente", soutenu par une ample majorité parlementaire, où siégeraient à la fois le PDL de M. Berlusconi et l'opposition de gauche et centriste, jusqu'aux législatives du printemps 2013. Cette hypothèse suscite de gros remous au sein du PDL du Cavaliere qui est personnellement partisan de cette solution alors que des poids lourds de son parti réclament des élections immédiates pour clarifier le jeu politique.
Les investisseurs redoutent pour leur part une période électorale et de flottement à la tête de la troisième économie de la zone euro.
Le Corriere della Sera, influent quotidien de référence, a appelé le PDL à siéger avec son ennemi le Parti démocrate (gauche) dans un gouvernement d'union nationale, estimant qu'ils obtiendraient "le mérite historique d'avoir sauvé l'Italie du précipice où elle risque de tomber".
Les mesures anti-crise promises à l'UE (cessions de biens étatiques, allègement de la bureaucratie, incitations à l'embauche) devraient être adoptées définitivement samedi après-midi à la Chambre des députés.
Très peu de temps après, M. Berlusconi montera au Quirinal, la présidence, pour démissionner. Un conseil des ministres appelé sans doute à valider la dissolution du gouvernement est programmé vers 17H00 GMT.
Le gouvernement de M. Berlusconi s'était engagé à faire approuver les mesures anti-crises d'ici la fin novembre. Mais face aux pressions de la communauté internationale et des marchés, le président Napolitano a accéléré le processus et imposé le départ de M. Berlusconi, après qu'il a perdu mardi la majorité absolue à la Chambre.
Les réformes ne sont cependant pas jugées suffisantes pour redresser les comptes de l'Italie qui ploie sous une dette colossale (1.900 milliards d'euros, 120% du PIB).
Le vote en Italie s'est passé sans accroc comme l'avait demandé le président italien Giorgio Napolitano aux sénateurs. Ceux-ci ont applaudi l'arrivée en leur sein de l'ex-commissaire européen Mario Monti pressenti pour succéder au Cavaliere et nommé mercredi comme sénateur à vie.
Les marchés continuaient de parier sur la désignation rapide de "Super Mario" à la tête d'un gouvernement de transition sans doute dès dimanche, par le président de la République Giorgio Napolitano, après la démission de M. Berlusconi attendue samedi. Optimiste, la Bourse de Milan prenait plus de 3% en milieu d'après-midi tandis que les taux obligataires italiens redescendaient...


