Après être passé à côté de son match face aux Biélorusses, le technicien français Laurent Blanc a décidé de redonner une autre chance au défenseur central parisien Sakho.
Il a beau dire que « ça ne le dérange pas », son sourire trahit une certaine gêne. Mamadou Sakho n’est pas le plus à l’aise lorsque les micros et les flashs sont braqués sur lui. Hier, dans la froideur de Clairefontaine, le défenseur parisien était entouré d’une quinzaine de journalistes. Les questions, il ne les a pas esquivées. Sakho « savoure trop sa chance d’être là », avec l’équipe de France. Et qu’importe s’il s’agit de préparer deux matches amicaux face aux États-Unis et à la Belgique. « Un match en sélection, ça reste toujours un moment fort. »
Jusqu’ici, il en a vécu quatre avec les Bleus. Celui du 3 juin aurait pu l’anéantir. Face au Belarus (1-1), en éliminatoires de l’Euro 2012, sa troisième cape internationale n’a pas pris la tournure attendue. « C’était mon premier match titulaire. Il fallait prendre la température. Ça a été un peu compliqué », reconnaît-il. Au point de le faire douter ? Pas le genre de la maison... « Je n’ai pas eu spécialement peur. J’ai confiance en mon travail, en mes qualités. Ce match était juste une étape de plus à franchir pour moi. »
« Je n’ai que 21 ans »
Plus qu’une étape, un déclic, qui lui a fait « prendre conscience de ce qu’était vraiment le niveau international ». « Ça m’a montré qu’il y avait encore beaucoup de travail. En sélection, tu as moins droit à l’erreur. Tu sais que le coach a plus de choix, alors forcément, il faut être encore plus parfait sur le terrain. » Sakho a eu le temps de « prendre du recul ». Une blessure aux ischio-jambiers l’a éloigné des terrains pendant deux mois. Elle l’a « rendu plus fort ». L’a régénéré. « Cet été, je ne me sentais pas très bien physiquement. Là, j’ai pu faire un gros travail et prendre le temps de bien me préparer. »
À Paris, ses deux mois d’absence n’ont pas entamé son statut d’incontournable. Mais l’équipe de France, c’est un autre monde. « Rien à voir, coupe Sakho. En club, tu fréquentes tous les jours les mêmes personnes. En sélection, tu dois reprendre tes repères à chaque fois. » Son statut de numéro 3, derrière le duo Rami-Mexès, n’y est sans doute plus évident. Dans l’esprit de Laurent Blanc, le Parisien est simplement « une alternative parmi d’autres en charnière centrale ». Mais promis, s’il joue vendredi ou mardi prochain, « il essaiera d’être concentré ». Le train qui mène à l’Euro 2012 ne partira pas sans lui. « Je connais mes objectifs, tempère-t-il. Mais pourquoi voulez-vous que ce soit un enjeu pour moi ? Je n’ai que 21 ans. » Et tout l’avenir devant lui.

