Au sommet du G20, les émergents et singulièrement le groupe des Brics – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – ont semblé en bien meilleure position que les États-Unis dont l’économie peine à se relever ou l’Union européenne, engluée dans la crise. « Je ne voudrais blesser personne, mais les actions de nos partenaires devraient être beaucoup plus dynamiques et beaucoup plus fermes pour remettre de l’ordre », a déclaré le président russe Dmitri Medvedev. « Sinon nous serons encore longtemps les otages de ces problèmes », a-t-il ajouté.
Notons que la Russie, comme la Chine, a offert d’aider sous conditions de garanties la zone euro menacée par la dette grecque. « Nous participerons à des programmes d’aide financière dans les pays européens, au moins via le Fonds monétaire international », a précisé le président russe. Pékin pourrait apporter de son côté à la zone euro jusqu’à 100 milliards de dollars, a indiqué hier au quotidien français Le Figaro un responsable de la Banque centrale chinoise, Li Daokui. La Chine n’a toutefois pris aucun engagement ferme en ce sens et son président, Hu Jintao, a redit mercredi à son homologue français Nicolas Sarkozy qu’il revenait avant tout « à l’Europe de régler le problème de sa dette ».
Peu avant l’ouverture officielle du G20, Dmitri Medvedev et Hu Jintao avaient retrouvé leurs homologues brésilien, indien et sud-africain afin de « discuter de la crise de la dette en Europe ». Selon un conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovich, ces pays ont travaillé sur « une position commune des Brics sur la zone euro ».
Avant son arrivée à Cannes, le Premier ministre indien Manmohan Singh a, comme le président russe, lui aussi mis en garde ses partenaires européens sur la nécessité de faire beaucoup plus pour restaurer la confiance des investisseurs dans la zone euro. « Il est impératif que les décisions difficiles nécessaires pour relever les défis en Europe et ailleurs soient prises rapidement », a-t-il ajouté.
Individuellement, les principaux pays émergents ont multiplié aussi les pressions sur leurs homologues européens pour qu’ils évitent d’entraîner le monde dans une nouvelle récession. Le Brésil a récemment dit qu’il n’achèterait pas d’obligations européennes, mais a également proposé son aide via le FMI.
La présidente argentine, Cristina Kirchner, dont le pays n’est pas membre du groupe des Brics, a demandé à ses homologues du G20 d’en finir avec « l’anarcho-capitalisme financier » actuel en régulant les marchés afin de revenir à un capitalisme enfin sérieux. « Ce que je propose, c’est de revenir au capitalisme sérieux, parce que ce que nous sommes en train de vivre, messieurs, ce n’est pas le capitalisme. Ça c’est de l’anarcho-capitalisme financier total, où personne ne contrôle rien », a-t-elle dit devant des chefs d’entreprise des pays du G20.
(Source : AFP)

