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Liban - Portrait

L’hymne à Saïda du professeur André Sacy

« Saïda d’hier et d’aujourd’hui »* révèle l’histoire et les sites historiques de la vieille ville de Saïda. Une œuvre qui est le résultat de la passion d’un chirurgien-dentiste, le professeur André Sacy, pour sa ville.

La couverture du livre « Saïda d’hier et d’aujourd’hui ».


« Le dentiste passionné par Saïda. » C’est ainsi qu’est affectueusement appelé le professeur André Sacy par tous les témoins de l’attachement de cet enfant de Saïda pour la ville natale de sa famille. Un attachement qui a donné naissance au livre Saïda d’hier et d’aujourd’hui, après quatre années de recherches et plusieurs conférences.
« Je m’adresse à tous les amoureux de leur pays, qui aiment l’histoire et les sites historiques », indique d’emblée André Sacy. Loin d’être un circuit destiné aux touristes, l’ouvrage, rédigé en français et en anglais, photos et illustrations à l’appui, ambitionne de « permettre aux gens d’aller eux-mêmes à la découverte de la ville », comme l’explique l’auteur.
C’est dans cette optique que le livre raconte, d’une part, l’histoire de la vieille ville de Saïda et révèle, d’autre part, les sites historiques, tels qu’on peut les observer aujourd’hui. Au gré des pages, des événements historiques, des personnages célèbres et des photos glanées ici et là, dont certaines fournies par des collectionneurs, Saïda traverse les époques, les civilisations, les conquêtes, sous la plume d’André Sacy. « Je ne suis ni historien, ni archéologue, ni urbaniste, mais intéressé par mes racines et l’histoire de la ville à laquelle appartient ma famille », écrit-il avec modestie.

Petite histoire des lieux de culte
L’auteur tient aussi à mettre en valeur ce qui rassemble à Saïda, notamment la convivialité islamo-chrétienne dans une vieille ville qui regroupe 4 églises, 7 mosquées et une synagogue. Il raconte la présence occidentale et croisée, qui entretenait avec les chrétiens de Saïda des relations privilégiées. Il évoque aussi la période florissante mamelouke, qui sera témoin de l’installation à Saïda « de familles chrétiennes byzantines venues de Damas et du Hauran, ou de descendants d’anciens consuls occidentaux ». Il ne manque pas de mentionner la période ottomane qui a divisé le Liban en deux « caïmacamats », l’un druze, l’autre chrétien, « sous la dépendance et l’arbitrage du wali de Saïda », exacerbant ainsi les problèmes communautaires.
Les monuments et les lieux de la vieille ville ont désormais une âme, une histoire, une anecdote aussi, pour certains. Comme la synagogue, qui aurait été construite en 883, dans le quartier juif qui porte le nom de Harat el-Yahoud, sur le site d’une plus ancienne synagogue. « Que Jésus ait prêché dans la synagogue de Sidon nous semble plus que vraisemblable », note le dentiste, se basant sur les écritures de Marc et Matthieu. « Jésus prêchait généralement à ses coreligionnaires juifs pour leur annoncer la bonne parole, en plein air ou dans les synagogues » explique-t-il à ce propos. L’auteur déplore toutefois « l’état de délabrement du site », qui est « squatté » et dont certaines « fresques murales et cartouches ont été recouvertes de peinture rouge pour les masquer ».
La cathédrale de Saint-Nicolas a également sa petite histoire. Elle aurait été construite au VIIIe siècle par les Byzantins, puis reconstruite en 1690. Après la reconnaissance officielle du schisme par les autorités ottomanes, elle sera coupée en 1819 par un mur de séparation en deux parties distinctes, sur ordre du wali d’Acre, entre grecs-catholiques et grecs-orthodoxes, raconte André Sacy.
Parmi les nombreuses mosquées de la vieille ville, la grande mosquée al-Omari date du XIIIe siècle. L’histoire raconte qu’elle a été sérieusement endommagée par une tempête et que c’est grâce à l’intervention de l’évêque grec-catholique de Saïda, Mgr Hajjar, que le sultan d’Istanbul, Abdul Hamid Khan, a financé sa restauration.

Le palais Hammoud
Le Pr Sacy fait le tour de la vieille ville dans ses moindres détails. Il en révèle les murailles d’enceinte, les tours et les portes. Il entre dans ses dédales, ses souks, ses khans, ses hammams, ses musées, ses lieux de culte et ses palais. Mais aussi dans ses cimetières. Aucun monument n’a de secret pour ce passionné de Saïda, dont la famille possède toujours sa maison qu’elle restaure au fil des ans. Une maison qui possède son propre puits, dans un style semblable à celui du consulat de France, à Souk el-Franj, raconte-t-il. L’auteur constate les dégâts causés par le temps, la nature, ou la main de l’homme. Il compare les photos d’antan, souvent prêtées par des collectionneurs, aux photos actuelles. « Certains sites sont ouverts au public. D’autres pas, car trop délabrés, voire à l’abandon », regrette celui qui n’hésite pas à guider ses amis et proches dans la vieille ville, où il est toujours accueilli à bras ouverts.
Toujours en cours de restauration, nombre de monuments attirent déjà un public friand d’histoire et d’architecture. Comme le palais Ali Hammoud, officiellement fermé au public et qu’André Sacy qualifie de « particulièrement beau ». Un palais bâti selon la configuration salamlek-haramlek, généralement décrit « comme étant d’inspiration damascène », copié sur le palais Azm, situé dans la vieille ville de Damas. Mais un palais construit bien avant le palais Azm et qui a accueilli durant 4 ans le wali de Saïda, Assaad Bacha el-Azm, avant sa nomination au poste de gouverneur de Damas, raconte le Pr Sacy, se basant sur les dates historiques.
Saïda d’hier et d’aujourd’hui est un hymne à Saïda, à ses monuments, à ses familles. Un travail de quatre ans, qui a été le fruit d’une « collaboration extraordinaire » avec la ville de Saïda, ses représentants et ses habitants, révèle l’auteur.
Prochain objectif d’André Sacy ? Plancher sur la reconnaissance de la vieille ville de Saïda par l’Unesco, comme patrimoine mondial de l’humanité, et ce, en collaboration avec les autorités libanaises. « Je voudrais tant contribuer à accélérer ce processus de reconnaissance » dit-il, toujours avec passion.

* Le Dr André Sacy signera son ouvrage aujourd’hui jeudi 3 novembre à partir de 18 heures, au stand de la librairie Antoine, au Salon du livre francophone au BIEL.
« Le dentiste passionné par Saïda. » C’est ainsi qu’est affectueusement appelé le professeur André Sacy par tous les témoins de l’attachement de cet enfant de Saïda pour la ville natale de sa famille. Un attachement qui a donné naissance au livre Saïda d’hier et d’aujourd’hui, après quatre années de recherches et plusieurs conférences.« Je m’adresse à tous les amoureux de leur pays, qui aiment l’histoire et les sites historiques », indique d’emblée André Sacy. Loin d’être un circuit destiné aux touristes, l’ouvrage, rédigé en français et en anglais, photos et illustrations à l’appui, ambitionne de « permettre aux gens d’aller eux-mêmes à la découverte de la ville », comme l’explique l’auteur. C’est dans cette optique que le livre raconte, d’une part, l’histoire de la...
commentaires (1)

Wow! j'ai déjà envie de lire le livre et connaitre Saida a travers les yeux d'André Sacy. Merci Anne-Marie

Marie-Jeanne Schoueri

16 h 34, le 03 novembre 2011

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Commentaires (1)

  • Wow! j'ai déjà envie de lire le livre et connaitre Saida a travers les yeux d'André Sacy. Merci Anne-Marie

    Marie-Jeanne Schoueri

    16 h 34, le 03 novembre 2011

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