Une résolution adoptée par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre. Miguel MEDINA
Les Palestiniens ont enregistré lundi à Paris une victoire diplomatique aussi symbolique que significative sur la voie de la reconnaissance de leur Etat, en obtenant le statut de membre à part entière de l'Unesco, l'une des principales agences de l'ONU.
"La Conférence générale (qui réunit l'ensemble des Etats membres) décide de l'admission de la Palestine comme membre de l'Unesco", dit la résolution adoptée par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, parmi les pays présents lundi au siège de l'Unesco à Paris. "L'entrée de la Palestine porte le nombre d'Etats membres de l'Unesco à 195", a déclaré l'organisation dans un communiqué.
Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est vivement félicité de cette "victoire de la justice".
"L'admission de la Palestine à l'Unesco est une victoire du droit, de la justice et de la liberté", a commenté M. Abbas, cité par son porte-parole Nabil Abou Roudeina. "Nous sommes persuadés que le monde entier se tient aujourd'hui aux côtés du peuple palestinien et qu'il s'agit d'un vote en faveur de l'établissement de l'Etat de Palestine dès que possible", a ajouté le porte-parole interrogé par téléphone d'Amman au retour d'une visite de M. Abbas au Qatar.
Le président palestinien Mahmoud Abbas avait solennellement demandé le 23 septembre à l'ONU de reconnaître l'Etat palestinien. Cette demande doit être examinée le 11 novembre par le Conseil de sécurité, où elle pourrait être frappée d'un veto américain.
La quasi-totalité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l'adhésion des Palestiniens, de même que la France qui avait pourtant émis de sérieuses réserves ces derniers jours sur la démarche palestinienne. "L'Unesco, ce n'est ni le lieu ni le moment. Tout doit se passer à New York", jugeait encore vendredi le ministère français des Affaires étrangères.
L'UE s'est elle divisée: onze Etats ont voté pour, onze se sont abstenus, dont le Royaume-Uni et l'Italie, et cinq, dont l'Allemagne, ont voté contre. Car beaucoup d'Occidentaux estimaient que la candidature à l'Unesco ne pouvait précéder l'aboutissement de la démarche entreprise par les Palestiniens auprès de l'ONU à New York.
L'UE a d'ailleurs invité tous les membres de l'Unesco à continuer à soutenir l'Organisation et à "ne pas prendre de décision hâtive".
Le message était directement adressé aux Etats-Unis, qui ont voté contre la résolution et indiqué qu'en cas de vote positif, ils suspendraient leur financement aux activités de l'Unesco.
Chose promise, chose due. Les Etats-Unis n'ont ainsi pas tardé à annoncer la suspension de leurs versements à l'Unesco. "Nous devions effectuer un versement de 60 millions de dollars en novembre et nous ne le ferons pas", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland à la presse. La Maison Blanche avait estimé plus tôt que ce vote était "prématuré" et "contreproductif" dans la perspective d'une reprise espérée des négociations de paix au Proche-Orient.
Après l'avoir boycotté pendant 20 ans (1984-2003) pour protester contre sa mauvaise gestion et son idéologie tiers-mondiste, les Etats-Unis participent désormais activement aux programmes de l'agence, y voyant un moyen de diffuser certaines valeurs occidentales sans se mettre en première ligne.
Les Américains sont tenus par deux lois votées au début des années 1990 par le Congrès, qui interdisent le financement d'une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu'Etat-membre à part entière.
"Nous allons devoir travailler à des solutions pratiques pour préserver les ressources financières de l'Unesco", s'est inquiété le chef de l'ONU Ban Ki-moon.
Israël a également immédiatement dénoncé "une manœuvre palestinienne unilatérale qui ne changera rien sur le terrain mais éloigne davantage la possibilité d'un accord de paix".
Selon l'ambassadeur israélien Nimrod Barkan, les pays qui ont soutenu l'adhésion de la Palestine verraient "s'affaiblir" leur capacité à influer sur Israël.
La France, de son côté, a justifié son vote positif. "Aujourd'hui, la question qui était posée était de savoir si la communauté internationale répondait oui ou non à la demande d'adhésion de la Palestine à l'Unesco", a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. "A partir du moment où elle l'est, il nous faut prendre nos responsabilités et répondre sur le fond. Et sur le fond, la France dit oui", a-t-il précisé.
Dans la foulée de leur adhésion à l'Unesco, les Palestiniens vont signer la Convention sur le Patrimoine mondial et ainsi pouvoir déposer des demandes de reconnaissance pour des sites dans les territoires occupés par Israël.
Les Palestiniens veulent que l'église de la Nativité à Bethléem soit le premier site inscrit "au nom de la Palestine" au Patrimoine mondial, dès 2012.
"La Conférence générale (qui réunit l'ensemble des Etats membres) décide de l'admission de la Palestine comme membre de l'Unesco", dit la résolution adoptée par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, parmi les pays présents lundi au siège de l'Unesco à Paris. "L'entrée de la Palestine porte le nombre d'Etats membres de l'Unesco à 195", a déclaré l'organisation dans un communiqué.
Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est vivement félicité de cette "victoire de la justice". "L'admission de la Palestine à l'Unesco est une victoire du droit, de la...


Les Américains vont de conneries en conneries. Pour une seule fois, il fallait qu'ils montrent un visage plus humain envers les Palestiniens. Ils ont en perdu l'occasion encore une fois, otages qu'ils sont de leur engagement arbitraire pour Israël. Anastase Tsiris
15 h 50, le 31 octobre 2011