On s’assoit pour poser le poids de nos idées un instant. On s’assoit face à soi pour rester soi-même. Un peu le même que debout. Même si on n’arrive plus à tenir. Même s’il est des absences insupportables. Des sales attentes. On réanime des souvenirs. On esquisse des sourires. On se met à y croire. Salle de réanimation. On anime l’entourage. On anime au passage. J’ai serré tellement fort que j’ai fini par faire un bleu au bras du fauteuil. Pour me rendre envie. Envie d’attendre. Envie de tendre la main à tous mes silences. Ces silences assis. Ah ! Si seulement... Je me suis assise seule. On s’assoit pour être. Je me suis assise. On est soi peut-être. On peut être chez soi. On peut être la chaise en soi. N’importe quelle chaise qui soit. Elle fera l’affaire. Elle fera me faire le tour. Le tour de mes attentes. De mes attentes ténébreuses. On attend toute sa vie. On attend des sans vie. On s’enracine dans une salle sans lumière. Sans racines. On donne son âme aux meubles immobiles. Au dos des chaises. À l’immatériel qu’on finit par tutoyer. Personnifier. Ces absences qu’on prend au pied de la chaise. Au fond. Ces absences qui nous habitent. Ces objets d’attente qui nous animent. Qui nous aimantent. Ou nous immobilisent. On s’impatiente assis. On s’impatiente ainsi. On en ferait presque un cinéma. Un cinéma d’art et des chaises. Un cinéma de toute une vie. Une vie d’attentes. Une vie d’absences. Une vie assis à attendre on ne sait trop quoi. Mais comment ? Comment peut-on s’appuyer sur un dos sans vie ? Mais comment peut-on rester sans envie de confondre l’immatériel et le sanglant. On y va. Sans gant. On défonce les portes ouvertes. On sert les bras de bois. On saigne le tissu des accoudoirs pour ne plus qu’ils nous collent à la peau. On brise le silence de ces longues attentes assises. De ces chaises longues qui attendent aussi. On est dans un sale état. Un état de siège. Entouré de vide. Cerné. Fatigué d’attendre. Alors on s’allonge. C’est si long. C’est sans fin. On passe des vies entières sur des objets sans chair. On passe des vies entières à attendre. On passe nos vies à essayer de taire, de combler les absences de ceux qui nous sont chers. ...J’ai serré tellement fort que j’ai fini par faire un autre bleu au bras du fauteuil. J’essaierai tellement fort, je ne veux pas passer ma vie en état de siège.
On s’assoit pour poser le poids de nos idées un instant. On s’assoit face à soi pour rester soi-même. Un peu le même que debout. Même si on n’arrive plus à tenir. Même s’il est des absences insupportables. Des sales attentes. On réanime des souvenirs. On esquisse des sourires. On se met à y croire. Salle de réanimation. On anime l’entourage. On anime au passage. J’ai serré tellement fort que j’ai fini par faire un bleu au bras du fauteuil. Pour me rendre envie. Envie d’attendre. Envie de tendre la main à tous mes silences. Ces silences assis. Ah ! Si seulement...Je me suis assise seule. On s’assoit pour être. Je me suis assise. On est soi peut-être. On peut être chez soi. On peut être la chaise en soi. N’importe quelle chaise qui soit. Elle fera l’affaire. Elle fera me faire le tour. Le tour de mes...
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