La résolution mettant fin à la mission de l'OTAN en Libye a été adoptée aujourd'hui jeudi 27 octobre à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU. Photo archives/
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi une résolution qui met fin au mandat autorisant le recours à la force en Libye. Cette résolution du Conseil, adoptée à l'unanimité, met fin à la zone d'exclusion aérienne et à l'autorisation du recours à la force pour protéger les civils, à compter de 23h59 (heure libyenne) le 31 octobre.
La résolution allège l'embargo international sur les armes, de manière à ce que le CNT puisse en acquérir pour assurer la sécurité nationale. Elle met fin au gel des avoirs de la Corporation nationale libyenne du pétrole, la Zuetina Oil Company, de même
Dans sa résolution, le Conseil réitère la nécessité d'une période de transition "orientée vers l'engagement à la démocratie, la bonne gouvernance, l'exercice de la loi, la réconciliation nationale et le respect des droits de l'homme et les libertés fondamentales du peuple de Libye".
Sans référence explicite aux conditions floues de la mort du colonel Kadhafi, les Quinze "exhortent les autorités libyennes à se garder de toutes représailles, y compris les détentions arbitraires et les exécutions extra-judiciaires".
De son côté, l'OTAN, qui avait pris en charge les opérations militaires, doit se réunir vendredi à Bruxelles pour déclarer formellement la fin des frappes aériennes, malgré les appels du nouveau régime. "Il y a une semaine, nous avons pris la décision préliminaire de mettre fin à notre opération militaire en Libye. Demain, nous allons confirmer cette décision", a déclaré le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, lors d'un point presse à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Nous avons totalement accompli notre mission", a-t-il dit. Il a ajouté qu'il ne voyait pas son organisation jouer de rôle majeur en Libye, mais que si le nouveau gouvernement libyen le lui demandait, elle pouvait l'aider dans sa transition démocratique.
Le Conseil national de transition (CNT) avait demandé mercredi le maintien de l'OTAN au moins "jusqu'à la fin de l'année", assurant que même après la mort de Mouammar Kadhafi ses derniers fidèles représentaient une menace pour le pays.
Selon une porte-parole du département d'Etat américain, des discussions sont en cours avec le CNT sur un éventuel nouveau rôle pour l'OTAN : contrôle des frontières, assistance pour la démobilisation des combattants ou la récupération des armes en circulation...
La résolution de l'ONU montre que la Libye "est entrée dans une nouvelle ère", a estimé jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, dans un communiqué, saluant cette résolution comme une "nouvelle étape importante vers un avenir pacifique et démocratique pour la Libye".
Adoptée le 17 mars dernier, un mois après le déclenchement du soulèvement contre Mouammar Kadhafu, la résolution 1973 instaurait une zone d'exclusion dans le ciel libyen et autorisait "toutes les mesures nécessaires" pour assurer la protection des populations civiles face à l'armée de l'ancien "Guide". Elle a permis l'intervention alliée qui a contribué à la chute du régime.
Le meurtre de Kadhafi, un acte individuel ?
Les autorités libyennes se sont, par ailleurs, dit déterminées à poursuivre en justice les meurtriers de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi dont la mort a suscité un tollé et des appels internationaux à ouvrir une enquête.
"Nous n'attendons pas qu'on nous le dise", a déclaré aujourd'hui le vice-président du CNT, Abdel Hafiz Ghoga. "Nous avons déjà ouvert une enquête. Nous avons émis un code d'éthique concernant le traitement des prisonniers de guerre. Je suis sûr que c'était un acte individuel et non pas un acte des révolutionnaires ou de l'armée nationale", a-t-il poursuivi. "Le responsable de cela (le meurtre de Kadhafi), quel qu'il soit, sera jugé et bénéficiera d'un procès équitable", a assuré M. Ghoga.
Les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi restent obscures, le nouveau pouvoir libyen martelant depuis le début la thèse d'un décès intervenu dans un échange de tirs, tandis que de nombreuses sources évoquent une exécution sommaire.
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a critiqué jeudi les images "dégoûtantes" de la mort de Mouammar Kadhafi diffusées par les "médias internationaux", ont rapporté des agences russes. "Toute la famille de Kadhafi a été tuée, son cadavre a été montré sur toutes les chaînes internationales: il est impossible de regarder ça sans être dégoûté. C'est quoi tout ça?!", a-t-il dit. "Il est tout ensanglanté, blessé, encore vivant, puis achevé (...) et on exhibe tout ça sur les écrans", a poursuivi M. Poutine. "Des millions de gens regardent ces images y compris des enfants, ce ne sont pas des dessins animés (...) Cela n'apporte rien de bon", a-t-il ajouté.
Seif el-Islam prêt à se rendre ?
Parallèlement, le sort de Seif el-Islam, fils de l'ancien dirigeant, restait incertain jeudi, alors que des sources sécuritaires nigérienne et malienne ont affirmé que l'ancien chef des renseignements, Abdallah Al-Senoussi, était passé du Niger au Mali. Les deux hommes sont visés par un mandat d'arrêt international pour des soupçons de crimes contre l'humanité. Selon des sources nigérienne et malienne, le second est arrivé dans le désert malien, en provenance du Niger, "avec une petite équipe d'hommes". La présence de Seif el-Islam à ses côtés n'a pas été confirmée.
Les deux hommes avaient été signalés mardi près de la frontière entre la Libye et le Niger, un pays où des dizaines de responsables de l'ancien régime, dont Saadi Kadhafi, un autre fils de l'ancien "Guide de la révolution", ont trouvé refuge.
La Cour pénale internationale (CPI) a appelé mercredi le Niger à coopérer en vue de l'arrestation de Seif el-Islam et de M. Al-Senoussi, rejetant les allégations selon lesquelles les deux hommes auraient l'intention de se livrer.
Selon le quotidien sud-africain Beeld, des mercenaires sud-africains se trouvaient toujours en Libye pour tenter d'exfiltrer Seif el-Islam. Un autre journal sud-africain avait déjà affirmé qu'une vingtaine de Sud-africains avaient participé à la protection de M. Kadhafi ces dernières semaines.
Selon des responsables du CNT, Seif el-Islam Kadhafi a déclaré être prêt à se rendre à la justice. Selon la source du CNT, le fils de Kadhafi n'a pas quitté le pays et a trouvé refuge chez une figure importante des nomades touaregs, qu'il avait aidée financièrement par le passé. "Seif est inquiet pour sa sécurité", dit la source du CNT. "Il pense que la meilleure solution pour lui est de se rendre."
Toujours selon cette source, Seif el-Islam souhaite l'intervention d'un pays tiers - l'Algérie ou la Tunisie - dans un accord qui le conduirait à La Haye. "Il veut qu'on lui envoie un avion. Il veut des garanties", poursuit la source.
Al Mahmoudi libéré
Par ailleurs, l'ancien Premier ministre de Mouammar Kadhafi, Al Baghdadi Ali al Mahmoudi, réfugié en Tunisie et visé par une demande d'extradition formulée par les nouvelles autorités libyennes, a été remis en liberté, a annoncé jeudi son avocat. "Le tribunal a décidé de le remettre en liberté", a dit à Reuters Mabrouk Korchid, qui avait mis en avant les menaces planant sur la vie de son client s'il était extradé en Libye.
Une source judiciaire a confirmé que l'ancien chef de gouvernement était désormais un homme libre.
Al Mahmoudi avait été arrêté pour être entré illégalement sur le territoire tunisien. En septembre, un tribunal avait ordonné sa remise en liberté mais il avait été maintenu en détention pendant l'examen de la demande d'extradition formulée par le CNT.
Al Mahmoudi, nommé Premier ministre en 2006, était le plus haut responsable de l'administration de Mouammar Kadhafi en détention. Lors des affrontements entre les forces kadhafistes et les rebelles du CNT, il avait défendu à la télévision Kafdhafi et avait accusé l'OTAN de tuer délibérément des civils.
Des armes à ciel ouvert
Dans le même temps, la présence de très nombreux stocks d'armes et de munitions laissés sans surveillance en Libye inquiétait toujours la communauté internationale, qui redoute qu'ils tombent aux mains de réseaux terroristes et mettent en péril stabilité de la région.
Dans le désert à 120 km au sud de Syrte, un journaliste de l'AFP a constaté la présence d'un arsenal de dizaines de milliers de tonnes de munitions, dont l'accès était complètement libre.
L'organisation Human Rights Watch a déploré "l'échec" du CNT à sécuriser ces stocks, en dépit de mises en garde répétées.
La résolution allège l'embargo international sur les armes, de manière à ce que le CNT puisse en acquérir pour assurer la sécurité nationale. Elle met fin au gel des avoirs de la Corporation nationale libyenne du pétrole, la Zuetina Oil Company, de même
Dans sa résolution, le Conseil réitère la nécessité d'une période de transition "orientée vers l'engagement à la démocratie, la bonne gouvernance, l'exercice de la loi, la réconciliation nationale et le respect des droits de...

