Le pape, âgé de 84 ans, au milieu de dix dignitaires religieux, dans la basilique Sainte-Marie des Anges à Assise, aujourd'hui jeudi 27 octobre 2011. Alberto Pizzoli/
Arrivés en train spécial du Vatican, une foule mélangée et colorée de 300 dignitaires religieux a débarqué aujourd'hui jeudi du train à grande vitesse "Frecciargento" ("Flèche d'argent") en gare d'Assise. Descendant des sept wagons, ils se sont acheminés vers la basilique Sainte-Marie des Anges à quelques centaines de mètres. Tuniques de couleur safran des moines bouddhistes, turbans des sikhs, tuniques noires des patriarches orthodoxes et calottes rouges des cardinaux catholiques se mêlaient dans une ambiance bon enfant.
Une maigre foule était au rendez-vous, sous un ciel plombé, bien loin de celle qui avait accueilli Jean Paul II aux précédentes rencontres de 1986 et 2002.
Le pape est sorti le dernier du train. Silhouette frêle toute de blanc vêtue, il a avancé à petits pas vers la basilique, saluant les chefs des délégations et les "ministres généraux" de l'ordre des Franciscains, fondé par Saint François d'Assise. Dans la basilique, le pape âgé de 84 ans, assis au milieu de dix dignitaires religieux, était entouré du patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée 1er, et de David Rosen, représentant du Grand rabbinat d'Israël.
Après avoir regardé un film rétrospectif sur les vingt-cinq ans passés, et notamment les images des dignitaires religieux réunis en tenue d'apparat autour de Jean Paul II en 1986 sous la même nef, les chefs religieux sont passés aux choses sérieuses, dénonçant les guerres perpétrées au nom de leurs fois, et affirmant qu'elles les trahissaient.
Dans un vibrant plaidoyer contre le fanatisme religieux, le pape a dénoncé "la cruauté impitoyable" du terrorisme et de la violence religieuse qui "contribue à la destruction" de la religion. Il a aussi déclaré sa "honte" pour les violences commises par les chrétiens dans le passé."En tant que chrétien, je veux dire que oui, c'est vrai, dans le cours de l'histoire, la violence a aussi été utilisée au nom de la foi chrétienne", a t-il dit dans son discours aux délégations, dans la basilique d'Assise. "Nous le reconnaissons avec beaucoup de honte. Mais il est parfaitement clair que c'était un abus de la foi chrétienne, un abus qui contredit assurément sa vraie nature", a t-il dit.
C'est l'une des rares fois que le pape formule des excuses pour des événements comme les croisades. Son prédécesseur, Jean Paul II, avait présenté des excuses en l'an 2000 pour les échecs du christianisme dans l'histoire.
Il a, parallèlement, dénoncé les politiques anti-religieuses. Selon lui, "le non à Dieu" des "ennemis de la religion" a produit tout autant "de cruauté et une violence sans mesure". "Les horreurs des camps montrent, a-t-il insisté, les conséquences de l'absence de Dieu".
L'ouléma indonésien Kyai Haji Hasyim Muzadi, secrétaire général de la conférence internationale des lettrés musulmans (ICIS), a relevé de son coté que, dans la violence au nom de la religion, il y a des intérêts "qui semblent religieux" mais qui sont "politiques, économiques et culturels".
Le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée 1er, a exprimé pour sa part, son inquiétude pour "la marginalisation accrue des communautés chrétiennes du Moyen-Orient", a affirmé que "la seule manière de nous lever contre l'instrumentalisation belliciste des religions est de nous placer comme des médiateurs de paix".
Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, a demandé quant à lui un "clair engagement" des religions du Livre pour "une juste paix à Jérusalem", d'où dérivent d'autres conflits dans le monde.
Le pape Benoît XVI a également rendu hommage aux agnostiques et athées humanistes, estimant qu'ils posent des questions justes, et que leur impossibilité de croire s'explique par "l'image réduite ou déformée de Dieu" donnée par de nombreux religieux.
Parlant avant lui, l'un des quatre athées qu'il avait invités à la rencontre, la philosophe franco-bulgare Julia Kristeva, a demandé aux dignitaires de toutes les religions de ne pas avoir peur de l'humanisme contemporain, qui est "l'héritier souvent inconscient de l'humanisme chrétien".
Auparavant, le professeur Wande Abimbola, représentant des cultes traditionnels africains, a réclamé pour ceux-ci "le même respect" qu'aux autres religions. Il a plaidé pour la Nature "mère". "Tant que le respect pour la nature, notre mère, ne reçoit pas notre considération, les humains ne peuvent trouver la vraie paix et tranquillité que nous recherchons tous", a-t-il dit, avant d'entonner un hymne yorouba.
Par ailleurs, le président américain Barack Obama a adressé un message aux participants de la rencontre, se félicitant que ce "dialogue" permette de "faire cause commune pour soulager les affligés" et promouvoir la paix mondiale.
Dans un message rendu public par l'ambassade des Etats-Unis auprès du Saint-Siège et transmis par l'ambassadrice chargée de la liberté des cultes, Suzan Johnson Cook, qui se trouvait à Assise, M. Obama adresse ses félicitations à tous les participants, chrétiens, juifs, bouddhistes, musulmans, représentants d'autres religions et athées, au jour du 25è anniversaire de la première rencontre organisée par Jean Paul II.
La lettre a été présentée au pape par Mme Johnson Cook à l'issue de la journée.
Une maigre foule était au rendez-vous, sous un ciel plombé, bien loin de celle qui avait accueilli Jean Paul II aux précédentes rencontres de 1986 et 2002.
Le pape est sorti le dernier du train. Silhouette frêle toute de blanc vêtue, il a avancé à petits pas vers la basilique, saluant les...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Chris, André Jabbour l'a résumé en deux lignes. Je l'approuve. Anastase Tsiris
11 h 52, le 27 octobre 2011