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À La Une - Libye

Des milliers de tonnes de munitions sans surveillance autour de Syrte

Obus, bombes, roquettes, bombes à fragmentation, missiles sol-air...

Dans les bunkers aux environs de Syrte, des tonnes de munitions abandonnées. Philippe Desmazes/AFP

Un arsenal de dizaines de milliers de tonnes de munitions de l'ex-armée du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi reste sans aucune surveillance en plein désert, à 120 km au sud de la de Syrte, a constaté mercredi un journaliste de l'AFP.

L'arsenal compte quelque 80 bunkers de béton peints couleur sable destinés au stockage de munitions, essentiellement de fabrication russe et française. Dans un seul de ces bunkers, l'AFP a compté environ 8.000 obus de 100 mm. Dans d'autres, des centaines de bombes de 250, 500 et 900 kg larguées par avion, sont empilées sur plusieurs mètres de haut, mais aussi des roquettes, des bombes à fragmentation, des obus d'artillerie et de mortier de tout calibre, des munitions de canon antiaérien...

 

L'ONG Human Rights Watch (HRW) s'inquiète dans un communiqué de ce que "de nombreux bunkers ont déjà été largement pillés" sur le site qu'elle a inspecté et dont l'accès est totalement libre. Autour du site, des milliers de caisses de munitions d'artillerie de toutes sortes jonchent le sable, dispersées sur des dizaines d'hectares. Selon Human Rights Watch, elles ont "sans doute été déplacées pour éviter d'être détruites par une frappe aérienne de l'Otan".

 

Un inspecteur de l'ONG a estimé la quantité de munitions stockées de l'ordre de "dizaines de milliers de tonnes".

 

Dans un autre site des faubourgs de Syrte (360 km à l'est de Tripoli), où s'était retranché Mouammar Kadhafi ces dernières semaines avant d'y périr jeudi, les inspecteurs de HRW ont découvert "au moins 14 caisses vides" ayant contenu "28 missiles SA-24 (...), l'un des missiles sol-air russes les plus sophistiqués" capable d'abattre un avion civil en vol. "Plus de 20 missiles sol-air SA-7", également russes, "sont restés dans leur emballage d'origine", ajoute l'ONG.

Cette dernière déplore que pendant son inspection, "des civils et des combattants anti-Kadhafi armés sont arrivés avec des pick-up pour déplacer encore plus d'armes".

 

HRW constate "l'échec" du Conseil national de transition (CNT), le nouveau pouvoir libyen, à "sécuriser les stocks d'armes", alors que "cela fait des mois que nous avertissons le CNT et l'OTAN" du danger.

 

Les inspecteurs de Human Rights Watch ont découvert un vingtaine

de missiles sol-air SA-7. Philippe Desmazes/AFP

 

 

Parallèlement, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil a demandé mercredi à Doha le maintien des forces de l'Otan "au moins jusqu'à la fin de l'année". "Maintenant que nous avons obtenu la victoire (...) le peuple libyen aspire à ce que l'Otan maintienne ses opérations jusqu'à la fin de l'année au moins", a déclaré M. Abdeljalil à l'ouverture d'une réunion avec les chefs d'état-major des pays engagés militairement en Libye.

 

 Mardi, le "ministre" du Pétrole et des Finances, Ali Tarhouni avait déjà annoncé que le nouveau pouvoir libyen souhaitait une prolongation d'"au moins un mois" de la mission de l'Alliance atlantique en Libye.

 

Réagissant avec prudence, l'Otan a repoussé à vendredi sa prise de décision formelle sur la fin de sa mission en Libye afin de mener de nouvelles consultations avec l'ONU et le CNT, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques.

Le Conseil des ambassadeurs des 28 pays membres s'était déjà réuni vendredi dernier pour fixer, à titre provisoire, au 31 octobre la fin de l'opération Protecteur unifié, sept mois après les premiers bombardements des avions de l'Alliance.

 

Un arsenal de dizaines de milliers de tonnes de munitions de l'ex-armée du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi reste sans aucune surveillance en plein désert, à 120 km au sud de la de Syrte, a constaté mercredi un journaliste de l'AFP.
L'arsenal compte quelque 80 bunkers de béton peints couleur sable destinés au stockage de munitions, essentiellement de fabrication russe et française. Dans un seul de ces bunkers, l'AFP a compté environ 8.000 obus de 100 mm. Dans d'autres, des centaines de bombes de 250, 500 et 900 kg larguées par avion, sont empilées sur plusieurs mètres de haut, mais aussi des roquettes, des bombes à fragmentation, des obus d'artillerie et de mortier de tout calibre, des munitions de canon antiaérien...
 
L'ONG Human Rights Watch (HRW) s'inquiète dans un communiqué de ce que "de nombreux bunkers ont...
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