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À La Une - Arabie Saoudite

Une pléiade de dirigeants à Riyad pour les funérailles du prince Sultan

Le maréchal Hussein Tantaoui, le vice-président américain Joe Biden, le roi Abdallah de Jordanie, l’opposant syrien Rifaat al-Assad…

Le roi Abdallah, portant un masque médical, a prié assis sur une chaise. Saudi TV via Reuters TV/Handout/

Les funérailles du prince héritier saoudien, Sultan ben Abdel Aziz, décédé vendredi, ont eu lieu mardi à Riyad en présence du roi Abdallah, à peine sorti de l'hôpital, des membres de la famille royale au complet et de nombreux dirigeants du monde entier.

 

La cérémonie religieuse s'est déroulée dans la mosquée Imam Turki ben Abdallah à Riyad. Une prière a été dite à la mémoire du prince héritier, décédé dans un hôpital de New York et dont la dépouille a été rapatriée lundi, selon des images en direct de la télévision saoudienne.

 

Le roi Abdallah est arrivé marchant difficilement après une opération au dos. Portant un masque médical, il a prié assis sur une chaise alors que la prière des morts se fait debout devant la dépouille du défunt.

La dépouille du prince Sultan a été ensuite sortie de la mosquée pour être enterrée dans un cimetière proche.

 

De nombreux chefs d'Etat musulmans, dont plusieurs des monarchies du Golfe, le dirigeant militaire de l'Egypte, le maréchal Hussein Tantaoui, le soudanais Omar el-Béchir, le roi Abdallah de Jordanie et le président afghan Hamid Karzaï étaient présents.

 

De nombreux autres dignitaires étrangers, dont le vice-président américain Joe Biden, sont attendus à Riyad pour présenter leurs condoléances aux dirigeants saoudiens.

 

L'Iran, de son côté, était représenté par son ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a présenté "ses condoléances" et fait part de sa "sympathie" à la famille royale et au peuple saoudien après ce décès, mais l'Iran, en froid avec l'Arabie saoudite, n'a annoncé qu'à la dernière minute à quel niveau il serait représenté aux funérailles.

Les tensions entre l'Iran et l'Arabie saoudite se sont accrues ces deux dernières semaines après les allégations américaines accusant Téhéran d'être impliqué dans un complot présumé pour assassiner l'ambassadeur saoudien à Washington. Téhéran a rejeté en bloc les affirmations américaines, accusant Washington de vouloir diviser les pays musulmans. L'Arabie saoudite a affirmé de son côté qu'elle donnerait "une réponse appropriée" à cette affaire, sans toutefois citer l'Iran.

 

Parmi les autres personnalités présentes mardi à Riyad figure également Rifaat al-Assad, oncle et opposant au président syrien Bachar al-Assad. Ce dernier avait adressé samedi ses condoléances "au nom du peuple syrien" au roi d'Arabie saoudite.

Les relations entre Riyad et Damas sont tendues depuis plusieurs mois en raison de la répression par le pouvoir syrien du mouvement de contestation populaire lancé mi-mars. Le 8 août, le roi Abdallah avait annoncé le rappel de l'ambassadeur saoudien à Damas pour "consultations" et sommé les dirigeants syriens d'"arrêter la machine de mort et l'effusion de sang (...) avant qu'il ne soit trop tard".

Rifaat al-Assad avait été contraint à l'exil en 1984 après un conflit sur le pouvoir avec son frère, le président Hafez al-Assad, le père du chef de l'Etat actuel. Il se pose en opposant du régime en place à Damas, mais ses détracteurs l'accusent d'avoir joué un rôle de premier plan, alors qu'il commandait les "brigades de la défense", dans le massacre de la ville de Hama en 1982 après un soulèvement des Frères musulmans, qui avait fait des milliers de morts.

 

L’ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, à son arrivée

à Riyad, lundi soir. Fayez Nureldine/AFP

 

Les obsèques du prince Sultan devraient être l'occasion pour le souverain wahhabite de régler sa succession à la tête du premier pays exportateur mondial de pétrole et gardien de deux des trois lieux les plus sacrés de l'islam.

Contrairement aux monarchies européennes, les règles de succession au trône des Saoud ne prévoient pas une transmission au fils aîné, mais passent de frère en frère parmi les enfants du roi Ibn Saoud, mort en 1953. On s'attend à ce que le souverain wahhabite convoque le Conseil d'allégeance des Saoud pour ratifier le choix du futur prince héritier.

Le prince Nayef, nommé en 2009 au poste de second vice-Premier ministre, fait figure de favori. Septuagénaire, il a la réputation d'être plus conservateur que le roi et feu le prince héritier. Lors de la maladie de Sultan et des absences prolongées du roi Abdallah, âgés de 87 ou 88 ans, Nayef a eu à gérer les affaires courantes du royaume.

 

"Il s'agit d'un événement important dans le système politique mais le système est conçu pour permettre d'assurer la continuité", souligne Jarmo Kotilaine, chef économiste de la Banque commerciale nationale à Djeddah. "La politique économique est à long terme et ne devrait pas être modifiée d'un iota."

 

Depuis son accession au trône en 2005, le roi Abdallah a apporté quelques changements en faveur de l'emploi en libéralisant le marché et en desserrant l'emprise de la frange conservatrice dure du régime sur la politique éducative et sociale.

"Nous avons besoin de sang neuf", confie néanmoins un habitant de Djeddah, la cinquantaine. "S'ils nomment un nouveau prince héritier de la même génération, on va se retrouver dans la même situation dans quelques années parce qu'ils sont tous âgés."

 

L'éventuelle nomination de Nayef en tant que prince héritier ne devrait pas entraîner de changement en matière de politique intérieure non plus, estiment les observateurs du royaume. "Nous ne nous attendons pas à un changement d'ampleur ou soudain en matière de politique étrangère ou pétrolière en Arabie saoudite parce que la monarchie saoudienne semble avoir conscience des défis intérieurs et de sa dépendance aux hydrocarbures pour répondre à ces défis", indique dans une note de recherche de la RBS.

 

"Je ne pense qu'il y aura un changement conséquent", estime lui aussi Hossein Shobokshi, éditorialiste saoudien. "Le pays a toujours opté pour la méthode du 'minimum de surprise'. Nous ne nous attendons donc pas à de grandes décisions politiques."

 

 

Les funérailles du prince héritier saoudien, Sultan ben Abdel Aziz, décédé vendredi, ont eu lieu mardi à Riyad en présence du roi Abdallah, à peine sorti de l'hôpital, des membres de la famille royale au complet et de nombreux dirigeants du monde entier.
 
La cérémonie religieuse s'est déroulée dans la mosquée Imam Turki ben Abdallah à Riyad. Une prière a été dite à la mémoire du prince héritier, décédé dans un hôpital de New York et dont la dépouille a été rapatriée lundi, selon des images en direct de la télévision saoudienne.
 
Le roi Abdallah est arrivé marchant difficilement après une opération au dos. Portant un masque médical, il a prié assis sur une chaise alors que la prière des morts se fait debout devant la dépouille du défunt.
La dépouille du prince Sultan a été ensuite sortie de la...
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