Des centaines de manifestants ont dénoncé Ennahda, l'accusant de fraudes. Zohra Bensemra/
Le mouvement islamiste tunisien Ennahda a affirmé mardi soir, sur la base de ses propres chiffres, avoir obtenu plus de 40% des sièges de l'Assemblée constituante élue dimanche.
Abdelhamid Jlazzi, le directeur de campagne du parti interdit sous le régime de Ben Ali, a ajouté qu'aucun parti ou groupe ne serait tenu à l'écart des consultations à venir sur les futures institutions démocratiques du pays et a annoncé qu'Ennahda coopérerait avec les milieux d'affaires pour améliorer les conditions sociales et économiques.
Les résultats officiels du scrutin de dimanche n'ont pas encore été proclamés par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE).
L’Assemblée constituante élue sera chargée de rédiger une nouvelle constitution et de désigner un nouvel exécutif jusqu'aux prochaines élections générales, prévues dans un délai d'un an.
Pour dégager une majorité, Ennahda devra négocier avec des formations de gauche, notamment le Congrès pour la République (CPR) de Moncef Marzouki et Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar, partis dirigés par d'anciens opposants et qui se disputent la 2e place du scrutin, autour de 15%.
Des contacts ont été noués entre le CPR (gauche nationaliste) et les islamistes avant le vote. Moncef Marzouki, militant des droits de l'Homme exilé pendant des années à Paris, était tombé dans les bras de Rached Ghannouchi fin janvier, le jour du retour du leader islamiste en Tunisie après 20 ans d'exil à Londres.
Accusé par ses vieux alliés de gauche de "pactiser avec le diable", M. Marzouki a défendu la nécessité d'une large union nationale pour former une équipe solide ayant "les moyens de gouverner". Il a toutefois fermement démenti à l'AFP avoir passé une quelconque alliance avec Ennahda avant le scrutin : "Nous attendons les résultats définitifs, puis nous réunirons le bureau politique du parti et les militants pour décider de notre stratégie avant d'engager des tractations".
De son côté, le mouvement Ettakatol (forum) de Ben Jaafar, opposant de l'intérieur au président Zine el Abidine Ben Ali, avait annoncé dès le début de la campagne électorale qu'il ne ferait "jamais d'alliance" avec Ennahda "ou quiconque" avant le vote, mais ferait tout pour compter dans un gouvernement d'union nationale. "Il faut une transition douce. Nous avons besoin du consensus pour la deuxième phase de la révolution, qui est celle de la transition démocratique", a déclaré à l'AFP Mohamed Draief, militant d'Ettakatol.
M. Ben Jaafar a par ailleurs annoncé mardi sa candidature pour le poste de président du pays pour la période intérimaire qui s'est ouverte dimanche. "Je crois que ma candidature peut incarner la volonté consensuelle de fédérer et d'apaiser, tout en assurant la sérénité avec la communauté internationale", a dit M. Ben Jaafar, 70 ans, dans une interview au journal belge Le Soir.
A la crainte d'une percée des islamistes, il répond: "Mais arrêtons donc de se faire peur, il n'y a aucune raison! Ennahda fait pleinement partie du paysage politique tunisien. Il faut l'intégrer dans le jeu politique, pas l'exclure. C'est lui qui est à la croisée des chemins: on verra s'il cultive un double jeu, comme d'aucuns l'en accusent, ou s'il a accepté la règle démocratique".
Mardi, en fin de journée, quelque 400 personnes ont manifesté dans les rues de Tunis contre Ennahda, l'accusant d'avoir fraudé pour gagner des voix.
Des responsables de l'Isie affirment qu'il n'y a eu que des manquements mineurs à la loi. Quant aux observateurs électoraux étrangers, ils se sont déclarés globalement satisfaits du déroulement du scrutin, le premier libre et démocratique depuis l'indépendance de la Tunisie en 1956.
Même si Ennahda s'impose comme la nouvelle force dominante, les analystes soulignent qu'"il ne pourra pas gouverner seul" et devra composer pour ne pas s'aliéner une société sécularisée attachée à ses acquis et rassurer les investisseurs étrangers.
Dès lundi, Ennahda, qui se réclame du modèle du parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie AKP, a d’ailleurs lancé un message à l'adresse des partenaires économiques du pays et des femmes. "Nous respecterons les droits de la femme (...) et l'égalité entre les Tunisiens quels que soient leur religion, leur sexe ou leur appartenance sociale", a déclaré à l'AFP Nourreddine Bhiri, membre de la direction du parti islamiste. Un autre responsable du parti a dit vouloir "rassurer les partenaires économiques et commerciaux", espérant "revenir très rapidement à la stabilité et à des conditions favorables à l'investissement".
Le prochain gouvernement sera confronté à une situation économique très tendue, dans un pays où la croissance habituellement autour de 5-6% est nulle ou négative depuis janvier, et où le désastre de la dernière saison touristique a détruit des emplois et gonflé un taux de chômage estimé aujourd'hui à 19%.
Ennahda devra en outre compter avec l'opposition d'un bloc de démocrates laïques et libéraux -- une force pas encore structurée mais qui pourrait représenter autour de 25% des sièges -- qui se posera en contre-pouvoir au sein de la nouvelle assemblée.
Abdelhamid Jlazzi, le directeur de campagne du parti interdit sous le régime de Ben Ali, a ajouté qu'aucun parti ou groupe ne serait tenu à l'écart des consultations à venir sur les futures institutions démocratiques du pays et a annoncé qu'Ennahda coopérerait avec les milieux d'affaires pour améliorer les conditions sociales et économiques.
Les résultats officiels du scrutin de dimanche n'ont pas encore été proclamés par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE).
L’Assemblée constituante élue sera chargée de rédiger une nouvelle constitution et de désigner un nouvel exécutif jusqu'aux prochaines élections...




Modérés... il est vrai qu'ils veulent "modérément"rétablir la charia,"modérement" lapîder la femme soi-disant adultère'"modérement"couper les mains des voleurs,"modérement" rétablir la polygamie,"modérement" retirer leurs droits aux femmes,"modérement" interdire les eglises et les bibles,"modérement" interdire l'alcool et la musique,"modérement" faire la guerre aux non-musulmans...et nous démocrates,nous souhaitons,mais alors pas modérement du tout,que ces ectoplasmes retournent d'où ils sont venus...du NEANT!
11 h 02, le 25 octobre 2011