Séance photo devant un char abandonné par les hommes de l'ancien régime à Misrata. Certaines Libyennes expriment leur inquiétude, alors que le chef du CNT a annoncé que la législation libyenne serait fondée sur la charia. Philippe Desmazes/AFP
Dimanche, le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil a affirmé, au cours d'un discours à l'occasion d'une cérémonie pour la proclamation de la "libération" de la Libye, que la charia serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye. "En tant que pays islamique nous avons adopté la Charia comme loi essentielle et toute loi qui violerait la Charia est légalement nulle et non avenue", a-t-il indiqué à Benghazi, citant en exemple la loi sur le divorce et le mariage. Outre cet exemple, M. Abdeljalil a annoncé l'ouverture de banques islamiques en Libye qui conformément à la loi islamique interdisent de toucher des intérêts.
Des déclarations qui ont suscité des inquiétudes, notamment parmi les femmes redoutant des conséquences pour leurs droits.
Sous le régime de Mouammar Kadhafi, la loi n'interdisait pas la polygamie mais imposait des conditions préalables, notamment le consentement de la première épouse. L’époux devait aussi faire la preuve devant la justice qu’il a la capacité financière de soutenir une famille multiple.
"C'est choquant et insultant de constater qu'après que des milliers de Libyens ont donné leur vie pour la liberté, la priorité de nos dirigeants est de permettre à des hommes de se marier en cachette", déplore Rim qui préfère taire son nom, mais se présente comme une féministe de quarante ans, "célibataire et fière de l'être". "Nous n'avons pas vaincu Goliath pour vivre maintenant sous l'Inquisition", dénonce-t-elle.
Azza Maghour, avocate et militante des droits de l'Homme, estime de son côté que ce n'était "pas le bon moment de faire ces déclarations" ajoutant qu'elle aurait préféré en savoir plus "sur d'autres sujets plus importants, notamment en ce qui concerne la période de transition". "Nous ne voulons pas perdre les acquis que nous avions obtenus durant l'ère du socialisme dans les années 1970. C'est un sujet qui doit être soumis au dialogue. Et la femme a le droit de dire son mot", estime-t-elle. Juridiquement parlant, elle souligne que M. Abdeljalil "a exprimé son point de vue qui engage sa personne et non l'Etat et il n'a pas le pouvoir d'annuler les lois".
Abdelrahman Al-Chater, un des fondateurs du Parti de la solidarité nationale (centre-droite) estime également qu'il était "précoce de parler de la forme de l'Etat". "C'est un sujet qui doit être discuté par les différents courants politiques et le peuple libyen", dit-il. "Ces déclarations laissent une sensation de douleur et d'amertume chez les femmes libyennes qui ont sacrifié des caravanes de martyrs" pour combattre les hommes de l'ancien régime, ajoute-t-il. "L'annulation de la loi sur le mariage ferait perdre notamment à la femme le droit de garder la maison familiale en cas de divorce. C'est une catastrophe pour les femmes libyennes", dénonce le politicien.
Sur la scène internationale, la France et l'Union européenne ont appelé lundi au respect des droits de l'Homme en Libye, après les déclarations de M. Abdeljalil. "Nous serons vigilants sur le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques, notamment la diversité culturelle et religieuse et l'égalité des hommes et des femmes auxquels la France est indéfectiblement attachée", a déclaré Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay, lors d'un point-presse. "Nous attendons de la nouvelle Libye qu'elle soit fondée sur le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques", a renchéri la porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, Maja Kocijancic.
Peu après, le chef du CNT a tenté de rassurer la communauté internationale. "Je voudrais que la communauté internationale soit assurée du fait qu'en tant que Libyens nous sommes musulmans, mais musulmans modérés", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse. "Lorsque j'ai cité (dimanche) comme exemple la loi régissant le mariage et le divorce, j'ai juste voulu donner un exemple (de lois allant à l'encontre de la Charia) car la loi (actuelle) n'autorise la polygamie que dans certaines conditions. Or la Charia, à l'appui d'un verset du Coran, autorise la polygamie" sans conditions, a-t-il poursuivi. Il a répété que la charia devait être la source de la législation mais précisé que cela ne voulait pas dire que les lois en vigueur seraient sommairement abrogées.
Des déclarations qui ont suscité des inquiétudes, notamment parmi les femmes redoutant des conséquences pour leurs droits.
Sous le régime de Mouammar...



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Kamel, tu dis que les Moullahs laisseront à leur future génération des achèvements scientifiques. Ca ne pardonne pas leur fanatisme. Mais, à cause de ça tu dois avoir vu que je ne les ai pas envoyés à dos de chameaux et de dromadaires, comme les autres, se perdre dans les sables torrides des déserts d'où ils étaient sortis. Il faut que tu apprécies ça quand même. Anastase Tsiris
15 h 35, le 25 octobre 2011