Le sujet sera abordé lors d’un sommet général du Commonwealth à Perth (Australie) du 28 au 30 octobre, à la demande du Premier ministre britannique conservateur David Cameron qui souhaite changer trois règles jugées archaïques par Londres. La principale modification concernerait l’héritier du trône. M. Cameron entend mettre un terme à la tradition qui veut que le fils du monarque hérite du trône même s’il a une sœur plus âgée. La primauté masculine est une « anomalie » puisque « nous avons adopté l’égalité des sexes dans tous les autres aspects de la vie », a récemment fait remarquer le chef du gouvernement. Si ce changement était approuvé, le premier enfant du prince William et de son épouse Catherine pourrait hériter du trône, quel que soit son sexe. Londres propose aussi de supprimer une loi de 1701 interdisant à un héritier royal d’épouser une catholique, une « anomalie historique », selon M. Cameron. Enfin, le Premier ministre britannique compte amender une règle qui veut que depuis le XVIIIe siècle, tous les descendants de sa majesté lui demandent son autorisation avant de se marier. Il propose de limiter le consentement royal aux six premiers dans l’ordre de succession.
Londres, qui devrait facilement faire entériner ces changements par le Parlement britannique, se montre confiant sur un consensus à Perth. « Ce dossier sera discuté et, je le pense, approuvé » au sommet, a affirmé David Howell, le secrétaire d’État britannique chargé du Commonwealth. Le Premier ministre australien Julia Gillard a déjà indiqué qu’elle soutiendrait ces changements, de même que le Premier ministre canadien Stephen Harper. Les autorités britanniques s’étaient jusqu’à présent montrées réticentes à revoir les règles de succession de peur que la réforme ne soit pas adoptée par tous les royaumes, et de crainte que le sujet n’alimente les mouvements antimonarchistes.
Mais le dossier est redevenu d’actualité avec le mariage en avril du prince William, deuxième dans l’ordre de succession au trône, et les célébrations en 2012 des soixante ans de règne de la reine Élisabeth II, deux événements susceptibles de rallier des soutiens, selon des experts. « L’objectif est d’obtenir un accord l’an prochain, en profitant du jubilé de diamant de la reine qui devrait générer de la bienveillance », estime Robert Hazell, responsable du département droit constitutionnel au University College London. M. Cameron n’aurait pas fait de telles propositions «csans avoir eu de longues discussions dans les cercles diplomatiques pour rallier les gens » à une telle réforme, souligne un autre expert en droit constitutionnel, Bob Morris.
Si le sentiment républicain reste relativement fort au Canada et en Australie, il n’en est pas moins minoritaire : un tiers des Canadiens veulent couper tout lien avec la monarchie britannique, selon un sondage réalisé en juin, ils sont 41 % en Australie, selon une enquête faite en mai. Les experts divergent sur la façon dont les pays pourraient se prononcer sur ces réformes, mais, « au final, cela est facilement réalisable », a estimé Anne Twomey, professeur à l’Université de droit de Sydney, lors d’un récent séminaire à Londres.
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