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Liban - Sécurité

Manifestation d’opposants syriens à Hamra... et contre-manifestation pour « protéger l’ambassade »

Un officier de l’armée aurait intimidé un défenseur des droits de l’homme qui filmait un contre-manifestant. Des loyalistes auraient traqué deux réfugiés syriens.
Des dizaines d’opposants syriens, pour la plupart d’origine kurde, se sont réunis hier devant l’ambassade de Syrie à Hamra. Les banderoles dénonçaient « cette ambassade qui ne nous représente pas, mais qui constitue le siège des unités terroristes d’Assad », et d’autres en appelaient à la Ligue arabe « dont le silence nous tue ». Martelant des slogans contre « le régime assassin », en langues arabe et kurde, les activistes ont choisi un timing coïncidant avec la mort du président libyen déchu Mouammar Kadhafi. « Sa mort a nourri notre conviction que le régime syrien connaîtra le même destin », confie le militant Saleh Dmeijer à l’AFP.
Comme il est désormais de coutume, une contre-manifestation formée de plusieurs dizaines de loyalistes au régime, venus de la banlieue sud, de Roueissat et de Nabaa, selon un observateur présent sur les lieux, s’est rassemblée autour du siège de l’ambassade. Saluant « la Russie, la Chine, l’Iran et le Hezbollah », cette contre-manifestation affichait, cette fois, un nouveau motif, celui « d’empêcher les manifestants opposants de s’attaquer à l’ambassade », a affirmé le membre du parti Baas au Liban, Haytham Dirani. « Au début (des événements en Syrie), nous manifestions régulièrement, mais maintenant que le régime syrien n’est plus en danger, nous sommes là uniquement pour protéger l’ambassade des regroupements alentour », a-t-il estimé.

Le récit du militant « intimidé » par un officier de l’armée
Les agents des Forces de sécurité intérieure étaient présents pour préserver l’ordre. Le nombre de ces agents s’avérant insuffisant, une unité de l’armée s’est déployée sur les lieux, menacés par une tension accrue entre les deux manifestations. Au milieu de cela, un avocat et militant des droits de l’homme, présent en tant qu’observateur, a eu une altercation avec un officier de l’armée.
Le militant relate pour L’Orient-Le Jour son récit, en promettant une escalade si les autorités militaires ne prennent pas les mesures adéquates à l’encontre de l’officier en question. L’avocat et militant explique avoir d’abord repéré, parmi les rangs des loyalistes, un homme qu’il a tout de suite identifié comme l’agresseur d’un opposant présent à une manifestation similaire il y a près d’une semaine. « L’homme, accusé d’avoir tabassé un opposant, se trouvait sur place », confie-t-il. Suivant son « suspect » du regard, il le voit disparaître pour revenir ensuite avec un sac à la main, « contenant des objets offensifs qu’il s’apprêtait à distribuer aux contre-manifestants », ajoute-t-il. L’avocat a eu le réflexe immédiat de filmer les mouvements de cet homme, qu’il dit « recherché par les autorités ». C’est alors qu’un officier de l’armée, « survenu de nulle part, m’a interpellé, avant de m’ôter le téléphone mobile avec lequel je filmais et d’en effacer promptement la dernière vidéo », poursuit l’avocat. Prétextant qu’il avait été filmé sans autorisation, l’officier lui a réclamé ses pièces d’identité. « Je lui ai répondu que je suis avocat libanais, et qu’il devait s’adresser soit au parquet, soit à l’ordre des avocats, afin de lever l’immunité dont je bénéficie », a affirmé le militant. Finalement, l’officier « a pris la fuite, craignant les caméras des journalistes qui se dirigeaient vers nous, attirés par l’échange verbal », a-t-il ajouté.
Précisant que les médias sur place, y compris l’AFP, ont été témoins de l’incident, l’avocat a appelé les autorités à prendre les mesures disciplinaires nécessaires contre « cet officier subversif ». Celui-
ci aurait de surcroît, toujours selon le militant, donné l’ordre aux soldats de ne pas assurer l’escorte sécuritaire aux opposants rentrant chez eux, laissant ces derniers sous la seule protection des agents des FSI, « en nombre insuffisant », précise le militant. Ceci aurait donné l’occasion aux contre-manifestants de traquer deux opposants syriens réfugiés, avant de s’attaquer à l’un d’eux, Mohammad el-Hajj, qui n’a pu leur échapper. Les agresseurs lui ont retiré ses pièces d’identité, ce qui l’a amené à porter plainte à la caserne de Verdun... une procédure qui lui a valu des frais de 100 dollars américains.
Des dizaines d’opposants syriens, pour la plupart d’origine kurde, se sont réunis hier devant l’ambassade de Syrie à Hamra. Les banderoles dénonçaient « cette ambassade qui ne nous représente pas, mais qui constitue le siège des unités terroristes d’Assad », et d’autres en appelaient à la Ligue arabe « dont le silence nous tue ». Martelant des slogans contre « le régime assassin », en langues arabe et kurde, les activistes ont choisi un timing coïncidant avec la mort du président libyen déchu Mouammar Kadhafi. « Sa mort a nourri notre conviction que le régime syrien connaîtra le même destin », confie le militant Saleh Dmeijer à l’AFP.Comme il est désormais de coutume, une contre-manifestation formée de plusieurs dizaines de loyalistes au régime, venus de la banlieue sud, de Roueissat et de...
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