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Économie - Sommet

L’Europe avance dans sa réponse à la crise de la dette

Une nouvelle rencontre mercredi prochain ; l’Italie sous pression afin qu’elle maintienne le cap de la rigueur.

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, hier à Bruxelles, lors du sommet sur la crise de la dette.  Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Les dirigeants européens ont tracé hier les grandes lignes d’un plan de sortie de crise de la dette qui passe par un renforcement du pare-feu financier de la zone euro.
Un sommet à Bruxelles semble avoir permis de rapprocher un peu le couple franco-allemand après de fortes divergences sur la manière de renforcer la force de frappe du Fonds de soutien de la zone euro (FESF). Soulignons qu’il s’agit d’un instrument financier indispensable pour enrayer la contagion de la crise de la dette.
Un « assez large accord » se dessine sur ce point, a assuré le président français Nicolas Sarkozy, alors que ce sujet empoisonnait les relations entre Paris et Berlin depuis plusieurs jours. Le président Sarkozy avait même décidé de faire un déplacement en urgence à Francfort mercredi dernier à ce propos, alors que son épouse était en train d’accoucher d’une petite fille. Prudent, le président français a toutefois prévenu qu’il faudrait « encore de longues heures de discussion » pour parvenir à une solution définitive mercredi prochain, lors d’un nouveau sommet européen qui se veut cette fois décisif.
Au terme d’un bras de fer, Paris a été contraint d’abandonner son idée d’impliquer la Banque centrale européenne (BCE) dans le renforcement du FESF. La chancelière allemande Angela Merkel s’y opposait catégoriquement, au motif que cela aurait violé l’interdiction juridique faite à la BCE d’aider pour les budgets des gouvernements.
Désormais, deux scénarios sont encore à l’étude pour renforcer le FESF et lui donner une puissance de feu d’au moins 1 000 milliards d’euros, selon les chiffres qui circulent. L’un propose que le FESF agisse comme un système d’assurance partielle de la dette publique de pays en difficulté, un autre envisage une plus forte participation du FMI au dispositif, selon une source gouvernementale allemande. Il est possible que les deux idées soient combinées au final, selon une source proche des négociations.
Il s’agit de l’un des aspects essentiels de la réponse à la crise qui se veut en trois volets. Il faut stabiliser la Grèce surendettée, imposer aux banques créancières du pays des pertes importantes, les recapitaliser pour qu’elles encaissent le choc et donc armer davantage le FESF.

La recapitalisation des banques
Dans le détail, les pays de la zone euro se sont mis d’accord pour exiger des banques des pertes d’au moins 50 %. Athènes est actuellement asphyxiée par une dette colossale de quelque 350 milliards d’euros. Des négociations sont en cours avec le secteur financier.
Concernant la recapitalisation des banques, le montant envisagé est de quelque 108 milliards d’euros, selon une source européenne. Les Européens doivent encore définir les modalités de ce plan. Des annonces devraient être faites mercredi prochain sur ce point.

L’Italie
Inquiets d’un risque de contagion de la crise, les dirigeants européens se sont par ailleurs montrés sévères envers l’Italie qui croule sous une dette de 1 900 milliards d’euros. Rome est accusé de ne pas tenir ses engagements de rigueur budgétaire et de ne pas assez réformer son économie.
« Nous avons dit clairement à Silvio Berlusconi que l’Italie doit tout faire pour être à la hauteur de ses responsabilités », a déclaré la chancelière allemande. « Il n’est pas question de faire appel à la solidarité des partenaires si on ne fait pas les efforts nécessaires », a averti pour sa part M. Sarkozy. Rome suscite en effet l’irritation de ses partenaires qui redoutent une crise de grande ampleur en zone euro si ses comptes publics ne sont pas fermement tenus.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a d’ailleurs dû donner des explications avant le sommet lors de tête-à-tête, d’une part avec le président de l’UE, Herman Van Rompuy, d’autre part avec le président français et Mme Merkel.
Dernier chantier : la réforme de la gouvernance de la zone euro. Les dirigeants européens ont nommé M. Van Rompuy à la tête des réunions des sommets de la seule zone euro, en plus de sa casquette de patron de l’UE.
(Source : AFP)
Les dirigeants européens ont tracé hier les grandes lignes d’un plan de sortie de crise de la dette qui passe par un renforcement du pare-feu financier de la zone euro.Un sommet à Bruxelles semble avoir permis de rapprocher un peu le couple franco-allemand après de fortes divergences sur la manière de renforcer la force de frappe du Fonds de soutien de la zone euro (FESF). Soulignons qu’il s’agit d’un instrument financier indispensable pour enrayer la contagion de la crise de la dette.Un « assez large accord » se dessine sur ce point, a assuré le président français Nicolas Sarkozy, alors que ce sujet empoisonnait les relations entre Paris et Berlin depuis plusieurs jours. Le président Sarkozy avait même décidé de faire un déplacement en urgence à Francfort mercredi dernier à ce propos, alors que son épouse...
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