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CD, DVD - Un Peu Plus De...

BFF

L’ami Caouette me fait la tête. Mais mon ami(e) lui/elle ne me tient pas rigueur. Ni ne me fait la gueule. «C’est mon/ma meilleur(e) ami(e)». On dit qu’on ne choisit pas sa famille, qu’on choisit ses amis. Parfois on ne les choisit pas. Parfois, ils arrivent sans crier gare. Ils poussent grand la porte entrouverte sans s’être annoncés. Ils raboulent et s’installent confortablement sans faire de bruit. On ne saura irrémédiablement jamais ce que la vie nous réserve comme «circonstances fortuites». On ne sait pas pourquoi ni comment cette femme que j’ai rencontrée hier est devenue, une nuit sans lumière de lune, ma plus belle confidente...
La vie est une succession de rendez-vous avec des gens dont on n’aurait pas pensé une seconde qu’ils feraient, un jour, partie intégrante de notre quotidien. C’est drôle une rencontre. Surprenant. Terriblement enrichissant. Et puis il y a ces gestes. Les gestes qu’on n’attendait pas d’ici. Une main tendue, une phrase, un sourire. Une confession, un secret, une confiance insoupçonnés. «Tu te rends compte, maman et toi, vous ne vous connaissez que depuis trois ans, pourtant j’ai l’impression que tu as toujours fait partie de notre vie.» Et vous êtes amies depuis combien de temps? Quand je l’ai vue te caresser les cheveux hier et te demander où tu étais parce qu’on était samedi, j’ai compris que vous vous connaissiez depuis des lustres. Effectivement. Depuis mars dernier. «Viens pleurer chez moi si tu es mal, si tu as du chagrin.» «Reste dans ta chambre si tu n’en as pas envie d’en sortir, mais viens quand même en voyage.» «Raconte-moi, dis-moi, écoute-moi.» Je te parle, je te discerne, je t’épaule, te soutiens. Tu viens chez moi me raconter tes histoires. En anglais. Je te comprends. Tu recroquevilles tes jambes sur mon grand canapé de cuir noir. Tu es ma collègue, ma voisine. Tu as fait une opération, je suis chez toi. Je longe Jounieh, Antélias, Dora tous les jours pour te changer les idées. Je te connais depuis qu’on est petites. Mais on se redécouvre chaque quelque temps. Nous sommes marraines. Je traverse la rue, je vous rejoins. Je fais partie des nouvelles recrues. Pourtant le lien est fort. Plus récent, mais tout aussi intense. Tu fais ta manucure? On arrive. On prend le thé, on ouvre le frigo, on mange des Carambars. Ça rigole, ça piaille, ça angoisse et ça se connaît depuis moins d’un an. C’est comme ça. Pas besoin d’explication. De besoin, je n’en ai pas. Je n’ai pas besoin de te demander de garder mon fils, ni de le(s) prendre au Sporting. Je sais que tu le feras. Nous ne sommes pas des amis d’enfance ni d’adolescence. Nous sommes des amis de jeunesse. Ceux qu’on saisit en cours de route, en connaissance de cause. Ceux avec qui les accrochages se font rares, ceux qui rient à des blagues débiles... On ne se connaît que depuis quelques semaines, quelques mois et pourtant. Pourtant les mots passent. Les maux s’effacent. On ne se pose aucune question. On n’en sent pas la nécessité. Je prends en photo des petites annonces, je t’appelle en pleine nuit, je te ramène chez toi, je peux compter sur toi. Je casse la gueule à celui qui t’a fait de la peine, je le boycotte. Je te donne mes clés. Les clés de mon appartement parce que tu y es chez toi. Je te retrouve lors d’un mariage, et tu changes ma vie. On s’était perdu de vue et désormais nos yeux ne se quittent plus. Je te masse. Je te transmets mes énergies, tu me maquilles. On en ri. Pourtant, Dieu seul sait combien de fois on s’était vu avant aujourd’hui. Tu m’as adoptée. Vous m’avez adopté. On partage nos repas. On joue aux cartes. On t’appuie. On t’encourage. Grâce à sa confiance, je t’accorde la mienne, je connais tes secrets, je ne te cacherai pas les miens. Dès notre première entrevue... À partir de ce jour d’aujourd’hui, de ce moment, de cet instant, nous serons amis. Amis alors qu’on ne se connaissait pas il y a quelques secondes. Alors que nos vies ont pris des parcours différents. Alors qu’on habite dans le même pays depuis 35 ans et qu’on ne s’était jamais vu auparavant. Parce que c’est comme ça. Parce que souvent, les plus belles preuves d’amour, de confiance et d’amitié sont faites par des étrangers, des inconnu(e)s, des collaborateurs, des amis d’amis, et qu’elles effacent les vieilles trahisons et écrasent les anciennes amours. Parce que tout simplement, on a compris que si «l’amour est parfois nuisible, l’amitié est toujours profitable». Aussi récente soit-elle...
L’ami Caouette me fait la tête. Mais mon ami(e) lui/elle ne me tient pas rigueur. Ni ne me fait la gueule. «C’est mon/ma meilleur(e) ami(e)». On dit qu’on ne choisit pas sa famille, qu’on choisit ses amis. Parfois on ne les choisit pas. Parfois, ils arrivent sans crier gare. Ils poussent grand la porte entrouverte sans s’être annoncés. Ils raboulent et s’installent confortablement sans faire de bruit. On ne saura irrémédiablement jamais ce que la vie nous réserve comme «circonstances fortuites». On ne sait pas pourquoi ni comment cette femme que j’ai rencontrée hier est devenue, une nuit sans lumière de lune, ma plus belle confidente... La vie est une succession de rendez-vous avec des gens dont on n’aurait pas pensé une seconde qu’ils feraient, un jour, partie intégrante de notre quotidien. C’est drôle...
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