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Nos lecteurs ont la parole

Tout est perdu, fors... l’horreur

Nahi LAHOUD
Quand on songe aux injustices, aux scandales, aux violences qui sont devenus notre lot quotidien, on serait tenté de dire : est-ce vraiment cela l’ordre normal des choses de la vie ? Est-ce vraiment ainsi qu’on bâtit des nations ?
Vous me direz : oui, il en a toujours été ainsi à travers les siècles. Peut-être. Cependant, je souligne que jamais dans le passé le monde n’a été autant corrompu, autant dénué de valeurs morales. Sous une forme d’hypocrisie stylisée, tous les gouvernements du monde dit libre revendiquent (pour les autres) la justice, la liberté, la vérité. Jusqu’à quel point les pays pauvres, brimés, faibles resteront-ils dupes de cette stratégie ? Les guerres de religions recommencent à exacerber les instincts primitifs des peuples. Où est passée la tolérance chrétienne de saint Louis ou encore la morale musulmane de Saladin ? Aujourd’hui, on refuse la justice au nom de la liberté (pétrolière) ou la liberté au nom de l’égalité (nucléonique). On est outrageusement choqué par ce qui se passe en Syrie, mais on trouve parfaitement normal la brimade de la femme en Arabie. On a trouvé peu de monde pour dénoncer les génocides arménien, cambodgien ou rwandais, alors que pullulent des foules de pseudo-intellectuels pour s’indigner des massacres des Juifs.
Certes, il y a eu des tentatives pour condamner l’autoritarisme et la terreur de certains gouvernements contemporains. Mais cette évolution n’était pas suffisante. Beaucoup de groupuscules politiques laissés pour compte ont un slogan commun : « Je sais que je ne suis pas une force, donc je professe la violence » !
Et ce n’est pas par hasard que certains exaltés ont suivi l’exemple des SS, de l’OAS ou de la bande à Baader, ou encore des Brigades rouges.
Et ce vieux conflit entre la liberté et l’égalité continue d’alimenter les tensions dans le monde. Pour établir l’égalité, il faut donc réduire la liberté. C’est pourquoi, aujourd’hui, c’est l’extrémisme aveugle qui prévaut : on va jusqu’au bout, mais on tombe dans un précipice, d’un côté comme de l’autre. La bêtise des politiciens (de tous bords et de tous pays) est la suivante : « Ôte-toi de là que j’m’y mette » et « Ou tout ou rien ! Ils veulent faire comprendre à leurs populaces que le contraire de “tous”, ce n’est pas “aucun”, mais les uns oui, les autres non », et que le contraire de « jamais », ce n’est pas « toujours », mais tantôt oui, tantôt non...
C’est là que le phénomène d’appartenance à des groupes sectaires joue un rôle primordial. C’est ce qu’on appelle le « nous » et le « ils ». Chez nous surtout : je suis druze, donc je me prosterne religieusement devant Walid bey. Je suis chiite, je m’immole en martyr pour le sayyed. Je suis sunnite, je sacralise mystiquement Saadillon. Je suis maronite... Oh là, c’est compliqué, je gesticule hystériquement dans tous les sens, car les dieux de l’Olympe se sont multipliés, mais se sont toujours divisés et surtout ont été soustraits à la décision finale. Un peu, comme chez les hindous avec Brahma, Civa, Vichnou, Indra, Dharma, Varuna, etc. Alors, on sombre dans les querelles intestines et en on vient aux mains (d’abord nues), puis on passe à plus de sophistication. On utilise les armes (lourdes de conséquences). La folie meurtrière prend le dessus et l’on s’autodétruit jusqu’à ce que les bons Samaritains accourent pour panser nos plaies – ou penser (s’il vous... plaît) à notre place.
Certains diront que je vois toujours la vie en noir. Oui, c’est un peu cela. Que voit-on d’ailleurs chez nous depuis bientôt quarante ans ? Que du noir : des veuves, des orphelins, des handicapés, des drogués, des détraqués, des pauvres, des terroristes, des brigands, des délinquants. C’est cela le Liban ?
C’est ce Liban que nous voulons ? On nous casse les pieds en parlant d’un Liban nouveau. C’est la plus grosse ineptie que j’aie jamais entendue. Le Liban est toujours le Liban. Un climat merveilleux, un soleil éclatant, une neige éternelle, des cèdres verdoyants, un refuge pour les âmes martyrisées. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un nouveau Libanais. C’est tout. Un Libanais qui puisse oublier son sectarisme, son égoïsme, sa soif de voler son prochain, sa volonté de défigurer la nature, de dégrader la culture. Un Libanais qui doit se lifter les méninges et se faire botoxer les neurones. Pour moi, hélas, la route est encore longue et ardue pour parvenir à ce nirvana et, pour le moment, tout semble perdu, fors... l’horreur !

Nahi LAHOUD
Quand on songe aux injustices, aux scandales, aux violences qui sont devenus notre lot quotidien, on serait tenté de dire : est-ce vraiment cela l’ordre normal des choses de la vie ? Est-ce vraiment ainsi qu’on bâtit des nations ? Vous me direz : oui, il en a toujours été ainsi à travers les siècles. Peut-être. Cependant, je souligne que jamais dans le passé le monde n’a été autant corrompu, autant dénué de valeurs morales. Sous une forme d’hypocrisie stylisée, tous les gouvernements du monde dit libre revendiquent (pour les autres) la justice, la liberté, la vérité. Jusqu’à quel point les pays pauvres, brimés, faibles resteront-ils dupes de cette stratégie ? Les guerres de religions recommencent à exacerber les instincts primitifs des peuples. Où est passée la tolérance chrétienne de saint Louis ou...
commentaires (1)

OUWWAAAA ... Je m'incline! Merci Mr. Lahoud

Marie-Jeanne Schoueri

22 h 14, le 23 octobre 2011

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Commentaires (1)

  • OUWWAAAA ... Je m'incline! Merci Mr. Lahoud

    Marie-Jeanne Schoueri

    22 h 14, le 23 octobre 2011

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