Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, en compagnie du député de Beyrouth, Michel Pharaon. Photo Aldo Ayoub
Après la dernière séance du Conseil des ministres, qui avait connu des débats houleux mercredi dernier, « il est apparu que cette équipe ne jouit plus des fondements d’un gouvernement, et je le dis à l’écart de toute rivalité politique », a ajouté M. Geagea dans une déclaration à la presse à Meerab.
Prié de dire comment ce gouvernement pouvait dès lors être qualifié de « monochrome » par l’opposition, il a répondu par la formule suivante : « C’est un gouvernement politiquement monochrome, mais avec une répartition des parts du gâteau. »
Et puis, a-t-il dit, « son unique souci, c’est la grande stratégie au Moyen-Orient et rien pour le citoyen libanais ».
Évoquant les incursions militaires syriennes au Liban, le chef des FL s’est interrogé : « Est-il normal que le secrétaire général des Nations unies et les diplomaties française et américaine condamnent ces violations sans qu’il n’y ait la moindre position à ce sujet de la part du gouvernement libanais ? »
« Ban Ki-moon n’est pas membre du 14 Mars et encore moins des FL ou d’un quelconque autre parti pour qu’on doute ainsi de la véracité de ses rapports », a-t-il dit, en référence au document publié mercredi par le secrétaire général sur l’application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité.
« Nous approuvons totalement cette résolution sans laquelle l’État libanais ne pourrait pas se relever », a lancé M. Geagea.
Sur la situation en Syrie, le chef des FL s’est montré sceptique quant à la capacité de la Ligue arabe de peser positivement sur les événements. « On se fatigue inutilement. Voilà sept mois qu’on nous dit que les réformes vont commencer. J’ai ma petite expérience pour ce qui est de la façon de faire du régime syrien », a-t-il dit.
S’agissant des inquiétudes chrétiennes sur l’avenir, M. Geagea s’est demandé si « le député Sleimane Frangié, le général Michel Aoun et d’autres se rendent compte des crimes qui sont commis dans la rue syrienne ».
« À supposer même que les Frères musulmans arrivent au pouvoir, va-t-on voir pire que ce qu’on voit aujourd’hui? Mais où est donc le rôle des chrétiens à l’ombre du régime en place en Syrie ? » s’est-il encore interrogé.
Pharaon se déchaîne contre les ministres
À l’issue d’un entretien avec M. Geagea, Michel Pharaon, député de Beyrouth, s’est lui aussi déchaîné contre le gouvernement libanais, critiquant nommément le comportement de plusieurs ministres.
« Nous avons un ministre du Travail (Charbel Nahas) qui dirige les négociations sociales alors qu’il est en désaccord avec les décisions du gouvernement à ce sujet. Il aurait été plus honorable pour lui de présenter sa démission. Nous avons aussi un ministre de l’Énergie et de l’Eau (Gebran Bassil) qui, dans le domaine de l’électricité, confond les intérêts du pays avec les siens propres ; un ministre des Télécoms (Nicolas Sehnaoui) qui est d’accord avec la théorie selon laquelle Israël contrôle son ministère et va à contre-courant en se livrant à du spectacle ; un ministre des Finances (Mohammad Safadi) qui présente un projet de budget tout en sachant qu’il ne passera pas du fait du Tribunal spécial pour le Liban ; un ministre de l’Économie et du Commerce (Nicolas Nahas) qui annonce en privé que les orientations du gouvernement auront des répercussions négatives sur la situation économique et sociale, et un ministre des Affaires étrangères (Adnane Mansour) qui fait prendre au Liban un chemin contraire à l’orientation arabe et internationale, et abandonne son rôle, lui et son collègue de la Défense (Fayez Ghosn), face aux violations syriennes à la frontière », a martelé M. Pharaon.
« À tout cela, s’ajoute une fraction essentielle du gouvernement qui proclame ouvertement qu’elle est au-dessus de la justice et qu’elle n’entend pas coopérer avec les résolutions internationales, y compris aux dépens des intérêts des Libanais », a-t-il ajouté.
« Quant au Premier ministre, Nagib Mikati, il dit une chose et fait le contraire, alors que le ministre de l’Intérieur (Marwan Charbel) propose, pour l’une de ses premières mesures politiques, d’élargir la circonscription de Beyrouth I (Achrafieh, Rmeil, Saïfi) afin de venir en aide à une fraction au sein du gouvernement qui constate qu’elle est devenue une minorité chrétienne », a-t-il dit.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Très important le facteur temps Monsieur ! Plusieurs années perdues, plusieurs occasions ratées pour sauver ce pays et je crois qu'il est temps que les partis concernés trouvent les solutions propices car bientôt il ne restera ni Liban ni Libanais ( émigrations massives durant ces 5 dernières années ) pour acclamer un nouveau GOUVERNEMENT quelque soit ses tendances. Marie José Malha.
10 h 14, le 22 octobre 2011